LES « JE NE VEUX PAS » ET LES « JE NE PEUX PAS »
La vaste majorité des néophytes qui se retrouvent face à une décision concernant l’acceptation et l’utilisation des directives et conseils qui leur sont donnés par la Grande Loge Blanche peuvent être répartis en deux groupes : les « Je ne veux pas » et les « Je ne peux pas ». Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les conseils et directives qui touchent l’édification d’un centre pour l’assimilation et la diffusion de la vérité, ou encore qui touchent la préparation initiatique à une bénédiction d’une valeur incalculable ou celle d’un lieu de refuge contre les orages qui approchent rapidement.
Parmi les « Je ne veux pas », on a observé une forte tendance à minimiser l’importance des occasions et possibilités données, ou à imiter la majorité des disciples d’un degré inférieur du Maître Jésus en se récusant ou en refusant d’obéir aux directives et injonctions, ou encore de profiter des occasions de protection offertes au disciple se trouvant aux premières lignes de bataille. Même s’il s’agit d’une action inconsciente, ces derniers négligent d’ouvrir grandes les portes de leur cœur, portes à travers lesquelles les forces divines pourraient s’écouler vers le monde entier et prévenir ainsi des pertes de vies et d’incomparables souffrances. Cette négligence pourrait même être éventuellement en partie responsable de la disparition de la grande Religion-Sagesse et ce, pour plusieurs siècles.
Personne n’ose vraiment dire jusqu’à quel point les « Je ne veux pas » de la dernière période messianique ont été responsables de la crucifixion de Jésus, mais un peu de réflexion pourrait, dans une certaine mesure, nous éclairer sur cette question. Par exemple, supposez seulement que les multitudes qui ont écouté Jésus et qui étaient convaincues de la réalité de sa divinité, du pouvoir et des possibilités que son enseignement indiquait si clairement, aient eu le courage de leurs convictions. Supposez qu’ils n’aient pas lamentablement cédé à leur désir égoïste, en fuyant lâchement au premier signe de danger et en disant : « Je ne risquerai pas de subir la vengeance du clergé, je n’abandonnerai pas les choses que j’aime pour le bien des autres, et je ne courrai pas le risque d’être blessé par la foule pour protéger un autre être humain. » Au lieu de tout cela, imaginez que les « Je ne veux pas » aient redressé l’échine, extérieurement et intérieurement, et que de la gorge de chaque homme et de chaque femme de ces multitudes ait retenti le cri rugissant « JE VEUX ! » Ensuite, supposez que chacun, parmi tout ce monde, soit retourné à son occupation, quelle qu’elle ait pu être – civil, soldat, marchand, laboureur, enseignant ou porte-étendard –, restant soumis à la gouverne et à l’autorité de ce grand leader qu’était Jésus, obéissant implicitement à ses ordres et se soutenant les uns les autres, quoi qu’il arrive. Est-ce que quelques prêtres et soldats auraient alors crucifié ce corps d’un Christ ? Est-ce qu’un petit groupe aurait torturé et tué l’homme brave qui se tenait aux côtés de Jésus ? Est-ce que par la suite ils auraient détruit toutes les preuves qu’ils ont pu trouver de sa mission sur cette Terre ? Est-ce que, des siècles plus tard, une classe des descendants naturels des instigateurs de ces crimes aurait brûlé sur le bûcher les corps des plus grandes âmes à être entrées dans la sphère terrestre depuis cette précédente époque criminelle ?
Quant aux « Je ne peux pas », imaginez d’autres multitudes, d’autres groupes ou individus, les innombrables auditeurs des paroles bienveillantes et des plaidoyers sur l’amour fraternel de l’homme envers son semblable, les bénéficiaires des promesses de béatitude céleste, de guérison, d’aide, d’une vigilance éternelle, de compassion divine et de pardon des péchés. Supposez qu’ils aient prononcé un « JE PEUX ! » profondément dévoué, exalté et volontaire, au lieu du pauvre chuchotement égoïste et effrayé qu’est le « Je ne peux pas ». Cette affirmation aurait suscité une force invincible dans le cœur et sur les lèvres de chacun, force qui aurait lié ensemble ceux qui se tenaient à ses côtés sur le banc du charpentier ou les foules qui se pressaient autour de lui lorsqu’il s’asseyait sur le côté du chemin ou qu’il parlait dans le Temple.
Si ces « Je peux » et ces « Je veux » combinés ne s’étaient jamais éloignés du but alors proposé, et si chacun avait accompli sa part des plans de l’époque, croyez-vous que le monde aurait pu se retrouver dans son état actuel ? Ne voyez-vous pas que la force divine de la fraternité – la reconnaissance de la relation naturelle de l’homme avec l’homme – aurait rassemblé âge après âge une énergie qui aurait traversé les siècles avec une puissance et un pouvoir toujours croissants. Est-ce que cela n’aurait pas écarté du chemin tout ce qui lui était contraire, faisant du monde une demeure digne des Dieux plutôt que le lieu de rassemblement des démons de l’Hadès qu’il est devenu ?
Ce que j’ai dit en rapport avec l’action de ces quatre grandes formes d’énergie – les « Je peux » et les « Je veux », puis les « Je ne peux pas » et les « Je ne veux pas » – est aussi vrai pour le bien que pour le mal, et l’énergie est aussi puissante aujourd’hui qu’elle l’était dans le passé. Est-ce que ce sont eux, les « Je veux », qui feront du Temple le pouvoir dans le monde qu’il peut devenir, ou bien est-ce les « Je ne veux pas » qui en feront un échec abject qui fera baisser la tête des Initiés de la Grande Loge Blanche en signe du plus grand désespoir pour de nombreuses ères à venir ?
HILARION - Temple 2 - Leçon 270