LES FORCES PSYCHIQUES
Le mot « psyché » – l’âme qui était représentée par les Grecs par un personnage féminin ailé – constitue la racine de nombreux mots utilisés par les occultistes pour décrire les fonctions de l’âme et de l’esprit [principe pensant]. On ne peut nier qu’il existe un rapport étroit, sinon une identité, entre l’esprit et l’âme.
La force motrice de tout pouvoir est sans contredit l’esprit. À mon avis il n’existe rien de tel qu’une force, un esprit, un pouvoir ou un mouvement abstraits ; tous possèdent une expression dans l’espace et constituent des entités qu’il est possible de s’imaginer.
Les occultistes enseignent que les fils de l’Esprit universel sont des entités d’un ordre supérieur à ce que le mental fini peut concevoir. Au cours de périodes de temps tellement reculées, qu’il est impossible de les calculer, ces entités se sont incarnées dans une humanité d’un ordre inférieur et l’ont élevée à son statut actuel.
Toute force ou énergie étant spirituelle en dernière analyse, les mots « psychique » et « physique » ne peuvent être utilisés que pour distinguer les plans distincts sur lesquels la force spirituelle s’active.
En tant que centres de cette force, nous avons le pouvoir d’attirer ou de repousser diverses modifications de cette même force et, en vertu de la loi de conservation de l’énergie, nous pouvons retenir, conserver et cristalliser sous forme de matière ces diverses modifications, créant ainsi des formes, des corps, etc. à travers lesquels des entités supérieures peuvent travailler par rayonnement ou émanation.
Formes après formes sont ainsi construites et détruites par l’Ego au cours de sa longue quête de connaissance et d’expérience et, à mesure que ces formes deviennent plus raffinées dans leur essence, le principe de rayonnement devient plus actif en elles.
Les mots « psychisme », « pouvoir psychique », etc. ont été utilisés pendant si longtemps en rapport avec les plans intérieurs ou astraux de l’être que l’on perd souvent de vue l’action vitale du pouvoir ainsi mis en cause sur le plan physique.
Comme il se produit constamment une action-réaction entre les nombreux plans, une certaine force mise en action sur le plan spirituel se manifestera éventuellement comme matière et forme sur le plan physique. Étant donné que l’opération de chaque force est cyclique dans sa manifestation, la matière, ou la substance, devient plus raffinée, plus élastique et plus subtile, à mesure qu’elle se retire du plan physique.
Comme l’homme est divin en essence, plus l’évolution le rapproche de la perfection, plus grand est son pouvoir de maîtriser et d’utiliser ces forces.
Un adepte peut créer ou désintégrer des formes de matière en raison de sa connaissance de la loi par laquelle la nature produit ces phénomènes. Le processus est beaucoup plus facile sur les plans astraux que sur le plan physique, car la matière n’est pas aussi cristallisée sur les plans intérieurs ; étant plus subtile et plus élastique, elle peut être modifiée par chaque pensée ou par un acte de volonté de l’homme ou d’un élémental, chose dont nous sommes souvent conscients dans nos rêves et nos visions.
La note dominante dans la nature humaine est un « désir de pouvoir », aussi savamment maquillé ou caché qu’il puisse paraître à notre propre conscience. À savoir si ce désir se terminera par un bien ou un mal, cela dépend largement des motifs et de l’utilisation que l’on fera du pouvoir acquis. Si le désir est désintéressé et vise le bien de l’humanité dans son ensemble, il est pur et ne pourra mener qu’au « bien » à la fin. Si au contraire, le désir est égoïste, la discorde que l’on appelle le « mal » en sera un résultat certain.
Les humeurs de notre mental produisent des forces dans le royaume de la nature aussi sûrement que le font les courants d’air ou l’électricité ; et ces forces mentales qui émanent de nous constamment vers d’autres esprits, sous forme de bénédictions ou de malédictions, sont aussi réelles – aussi invisibles soient-elles – qu’un coup de poing ou une caresse.
La force physique que nous mettons en action dans l’exercice de nos muscles ne s’arrête pas à nous. Cela aussi va beaucoup plus loin. Nous savons qu’il y a de l’intelligence derrière chaque force et pouvoir, et que les forces qui ont fait de nous ce que nous sommes ne s’arrêtent pas ici et maintenant, mais qu’elles vont nous porter plus loin, vers des hauteurs incommensurables.
Il y avait tout autant de magnétisme, d’électricité et d’autres formes de forces dans l’univers avant que l’homme ne les découvre telles qu’elles lui apparaissent aujourd’hui, mais elles étaient inutilisables pour les fins humaines en raison de notre manque de connaissance sur la façon de les percevoir et de les maîtriser.
La force supérieure de l’esprit humain est nôtre et nous pouvons l’utiliser, mais nous sommes limités à cet égard par notre ignorance. Elle est gaspillée parce que, par notre ignorance et nos habitudes, nous utilisons nos batteries mentales dans le mauvais sens en envoyant vers l’aura des autres, à partir de nous-mêmes, flèche après flèche de mauvaises intentions, de manque d’esprit charitable ou de manque de fraternité, toutes choses qui non seulement causent du tort aux autres, mais rebondissent comme une balle de caoutchouc et nous blessent encore plus profondément.
Lorsque nous disons « Je ne peux pas faire ceci » ou « Je ne peux pas faire cela », nous mettons en action une force qui va certainement nous empêcher de le faire.
Nos « Je ne peux pas » sont comme des verrous d’acier qui barrent la porte des occasions pour nous empêcher d’y accéder. Le « Je peux et je veux » est le pouvoir qui retire les verrous. Chaque protestation contre un défaut personnel, chaque aspiration au bien, au vrai et au beau est une poussée de l’âme vers le haut ; chaque demande de force à l’Éternel est honorée et, une fois attirée à nous, cette force reste avec nous pour toujours et est nôtre pour que nous l’utilisions sur tous les plans de notre être. Ces chèques tirés sur le compte de l’Éternel constituent tout le vrai pouvoir que nous puissions posséder, et ce pouvoir est mis en service par l’effort constant, persistant et concentré de la volonté.
Demander, prier pour obtenir ou exiger une force revient à se connecter à la force désirée. La réponse peut venir par l’entremise d’une entité individualisée. L’offre et la demande sont conformes à la loi de la nature, car nous sommes vraiment frères, nous nous aidons les uns les autres et nous partageons tout. Avec chaque demande de force doit s’élever une demande égale de sagesse, car le pouvoir sans la sagesse est bien plus dangereux que de la dynamite non gardée. Dans le passé, nous avons tous été plus ou moins intéressés par ce qu’on appelle les phénomènes psychiques. Il existe une fascination étrange et bizarre au sujet de ces phénomènes qui attire très fortement la majorité des gens, mais je crois que la plupart d’entre nous, sinon tous, en sommes venus à voir qu’ils n’ont que peu d’importance en cette ère. Nous avons un travail bien plus fatiguant à faire avant qu’il soit justifié de céder à cette fascination.
Dans notre corps physique, nous avons du fer, du cuivre, du magnésium, du phosphore et bien d’autres minéraux, des combinaisons et recombinaisons de diverses substances dont nos scientifiques modernes n’ont jamais même rêvé. Nous possédons dans notre sphère de pensée les correspondances spirituelles plus subtiles de ces minéraux, mais les proportions et les combinaisons de ces forces spirituelles sont différentes pour chaque personne. Par conséquent, nous ne pouvons pas tous avoir exactement la même compréhension des choses spirituelles, mentales ou physiques.
Vous pouvez essayer mes expériences et moi les vôtres, mais les résultats seront différents dans chaque cas, quoique collectivement une plus grande harmonie pourrait se manifester entre nous et qu’un degré similaire de pouvoir pourrait être acquis, mais nous ne pourrons pas nous élever au niveau de nos idéaux les plus grands avant d’avoir, dans un ordre de vie, appris à travailler en harmonie avec tous les autres.
On a dit et écrit beaucoup de choses au sujet de la coopération, mais peu de gens ont été capables de saisir un aperçu de la lumière intérieure qui peut nous montrer exactement pourquoi la coopération est si nécessaire. La lumière des arcs électriques ordinaires est une très bonne illustration de la fraternité et de l’univers. Naturellement, le soleil en est une illustration encore plus éloquente, mais on peut faire la synthèse de tout cela avec la lumière de l’arc électrique, parce que ses rayons sont perceptibles à l’œil nu. Chacun des rayons symbolise une hiérarchie d’êtres composée d’innombrables lumières plus petites, chacune à son tour projetant ses rayons dans toutes les directions, se combinant et se recombinant avec les rayons des autres sœurs lumières. Nous ne pouvons pas voir les forces que ces lumières libèrent, pas plus que nous ne pouvons voir les forces que chacun de nous libère, mais dans les deux cas nous sommes souvent capables de voir les résultats de leur action.
Imaginez un Soleil Central tournant avec une rapidité inconcevable autour de son axe et projetant ses rayons de lumière éternelle aux confins les plus reculés de l’espace, touchant et éclairant au passage toutes les autres étoiles, soleils et planètes, mêlant et entremêlant la puissance libérée par les forces spirituelles de l’Amour, de la Compassion, de la Sagesse et de la Justice, alors qu’ils se dispersent à travers l’univers, touchant et couvrant d’un éclat doré les nuages des cieux aussi bien que les nuages de l’incroyance, de la souffrance et de la misère, pour finalement transformer même ceux-là en voies d’accès pour la force de compassion.
Nous ne pouvons pas encore entendre la belle symphonie que la main du Maître joue sur tous les instruments de la lumière. Aucun son ne peut encore atteindre nos oreilles finies en raison de l’imperfection de ces instruments d’audition, mais même ces instruments sont en train d’être perfectionnés par les sons qui vibrent actuellement.
Seule une petite fraction de l’harmonie nous atteint, de temps en temps, mais un jour, lorsque notre cœur sera devenu plus compatissant et nos oreilles intérieures plus perfectionnées, nous allons entendre toute la grande symphonie.
HILARION - Temple 3 - Leçon 467