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LES FENÊTRES DE L’ÂME ET LES ÉLÉMENTAUX DU FEU

L’Âme universelle regarde vers l’extérieur à travers les nombreuses fenêtres et portes du palais qu’on appelle communément « la Vie » ; des fenêtres qui permettent de regarder vers le haut et vers le bas, vers l’extérieur et vers l’intérieur, qui s’ouvrent sur le panorama sans fin de lumière et d’amour que nous nommons « Dieu » et les « Cieux » ; des portes qui s’ouvrent sur des amas de matière dense, rigide et massive que par association nous appelons « le plan matériel ». Et ces fenêtres et portes sont les merveilleux objets d’un savoir surhumain. La plus minuscule des graines à carapace dure d’une plante ou d’un arbre et la graine à enveloppe souple de la vie animale ou humaine sont les fenêtres fermées derrière lesquelles chaque vie individuelle est cachée pendant certaines périodes de temps, dans l’attente du toucher de l’âme qui se prépare à entrer en activité, à ouvrir largement les volets et les fenêtres, puis à bondir à travers l’ouverture en tant que fils de Dieu – à l’image de Dieu.

Si vous voulez avoir un aperçu de cet être merveilleux, l’Âme de l’univers, regardez bien dans les yeux des hommes ou des animaux avec qui vous entrez en contact, parce qu’il n’existe aucune autre lentille au travers de laquelle vous pourriez avoir des visions aussi parfaites des opérations de cette Âme, de ses possibilités et de ses aspirations. Les réponses à l’ensemble des paradoxes et mystères de la vie y sont dissimulées et peuvent être révélées à celui qui sait chercher avec des motifs non égoïstes et une sage compréhension.

Les instincts animaux de l’homme et les caprices de son mental peuvent se cacher derrière les volets des autres organes des sens, mais pas derrière ceux des yeux. Ces derniers sont de larges fenêtres ouvertes qui permettent toujours l’entrée du rayon projeté par les yeux d’une autre âme ayant appris à obtenir sagement, patiemment et avec amour, un aperçu de l’âme sœur ou de l’âme frère qui se tient derrière ces fenêtres. D’autres caractéristiques de l’homme décevront certainement mais, pour l’Initié ou le disciple avancé, les yeux de l’autre sont comme les pages d’un livre ouvert révélant, par le jeu de leurs lumières et par les profondeurs de ces puits de vérité communément appelés « pupilles », les possibilités de l’âme qui se trouve derrière.

Aucun effort ni entraînement aussi intenses qu’ils soient ne peuvent éteindre ni changer ces lumières, ni dissimuler les réflexions qui changent constamment de forme dans ces profondeurs. Les lumières croissent en intensité et en pouvoir de réflexion depuis l’adolescence jusqu’à l’âge mûr, à partir duquel elles commencent à s’estomper. Mais elles ne s’éteignent totalement qu’au début du dernier long sommeil – et même alors leur pouvoir est seulement transmis aux yeux d’un autre plan ou état d’existence.

Il fut un temps où l’homme ne possédait qu’une seule fenêtre de l’âme. Toute la lumière et le pouvoir maintenant visibles dans les deux yeux, de même que la lumière et le pouvoir les plus intenses (que l’on ne trouve plus maintenant qu’à l’intérieur des organes de vision de l’homme) étaient concentrés dans cet œil unique. Les gardiens de cette lumière et de ce pouvoir – un ordre élevé d’élémentaux du feu – étaient reconnus et contrôlés par l’âme dont ils étaient des éléments secondaires, et ils étaient utilisés en tant qu’instruments dans la production de flashes de feu qui, sous les ordres de la volonté, pouvaient détruire des formes de vie inférieures.

Vous avez beaucoup à apprendre du pouvoir et des fonctions des élémentaux du feu. Par exemple, la combustion vous semble être un processus simple. Vous voyez quelque substance inflammable être réduite en cendres, puis le feu s’éteindre, et vous pensez naturellement que c’est là la fin de la substance et du feu. De même que les élémentaux du feu venaient pour obéir aux ordres de ceux qui avaient le pouvoir de les commander au moyen de l’ignition, ces élémentaux retournaient de façon identique à leur habitat lorsque leur travail était terminé, parce qu’ils sont indestructibles.

Chaque molécule de matériau inflammable est l’habitat personnel de chaque élémental du feu qui y séjourne. Qu’il soit ou non appelé à un service actif dans cet environnement au moyen de la friction ou de l’ignition, cela importe peu, le résultat est le même. Avec la destruction de la matière inflammable, l’élémental perd son véhicule et n’a plus d’existence sur le plan matériel, jusqu’à ce qu’il soit à nouveau incorporé dans quelque autre forme de matière.

Les anciens – tout comme les Initiés actuels – connaissaient le pouvoir et le dessein de ces vies conscientes infinitésimales, et pour eux ces vies étaient sacrées. Aucun feu n’a jamais été allumé par les voyants des temps anciens sans cérémonie appropriée. Cette cérémonie servait à unir la conscience des élémentaux à la conscience du voyant par un lien de service mutuel. Et celui-ci compensait le sacrifice de leurs véhicules dans ce service en les aidant à retrouver un véhicule dans un ordre supérieur de vie.

Les prêtres de l’Église chrétienne moderne n’ont que peu de connaissance du réel but des bougies allumées sur leurs autels et près de leurs morts, et les laïcs en savent encore moins. Cette pratique est aussi vieille que le monde matériel. Elle est encore perpétuée par les Initiés pour qui les cérémonies reliées au feu sont toujours aussi sacrées et les objectifs du service à rendre tout aussi importants qu’auparavant.

Les élémentaux du feu sont plus intelligents que ceux de l’eau, de la terre ou de l’air. Alors que les trois derniers se soumettent à tout être humain qui a su s’en rendre maître, les élémentaux du feu sont absolument incontrôlables tant que le service individuel à rendre ne concerne pas des Initiés. L’une des fonctions principales, qui est aujourd’hui – et a toujours été – recherchée plus que toute autre avec le plus d’opiniâtreté par les Initiés à la fois modernes et anciens, est celle de gardien du Feu Sacré du Temple de l’Initiation. On dit qu’un cercle de feu, ou quelque autre forme tracée par les élémentaux du feu, protège tout objet ou personne qui en a la garde.

Lorsque cette surveillance est perturbée ou arrêtée par une force extérieure, les élémentaux du feu exercent leur pouvoir afin de détruire la personne ou la chose qui a été utilisée comme arme dans ce but. Il faut tout le pouvoir et l’influence des Initiés pour protéger le disciple qui, par ignorance ou par vice, est devenu cet instrument afin d’empêcher les dits élémentaux d’accomplir leur mission.

Un autel est la chose la plus sacrée de l’univers matériel pour un véritable prêtre ou fidèle, et sa profanation est le pire péché qui puisse être commis à leurs yeux. Par conséquent, dans le passé, les élémentaux du feu étaient appelés dans le but de garder à la fois la maison et le temple. Certaines substances inflammables (étant leur habitat naturel) servaient à réaliser des formes qui, une fois enflammées, appelaient ces élémentaux pour accomplir le devoir qui leur était assigné – bien que cachés par les flammes à la vue du mortel. Les mêmes espèces d’élémentaux étaient appelées pour protéger les morts de la profanation.

Dans les temps anciens, la croyance au caractère sacré de la pierre du foyer familial a conduit à croire en la présence visible des élémentaux appelés lors de la combustion de matériaux inflammables.

C’est en raison de l’utilisation persistante et ignorante des élémentaux du feu sans leur consentement ni leur coopération qu’ils sont si difficiles à contrôler par l’homme. La destruction de leurs corps les met en furie si on ne fait aucun effort pour les aider à en retrouver d’autres au moyen d’un travail conjoint, ainsi que le font les Initiés. L’utilisation égoïste ainsi que le gaspillage des forces naturelles stockées dans les combustibles finira par attirer karmiquement sur l’humanité une terrible activité ardente.

Et pourtant, la première leçon dans l’occultisme du feu est très simple. Si un disciple de la Loge Blanche pouvait toujours se rappeler ce qu’il est sur le point de faire lorsqu’il allume n’importe quelle substance inflammable, et se concentrer sur une pensée précise qui inclurait de la gratitude pour le service sur le point d’être rendu ainsi que le désir de rendre un service égal, il créerait un lien entre les élémentaux confinés et lui-même. La pensée prendrait forme sur le plan astral et fournirait un nouvel environnement astral pour les élémentaux libérés. De même que l’homme, au moyen des matériaux de la nature, peut réaliser des habitations à partir d’un plan élaboré dans sa pensée, de même il peut aider ces vies infinitésimales à se pourvoir de nouveaux véhicules ; c’est-à-dire les aider à réunir, à partir des forces subtiles de la nature, tout ce dont elles ont besoin en premier lieu pour obtenir de nouveaux corps – de nouvelles formes dans la matière. Comme l’homme, ces vies infinitésimales n’aiment pas être expulsées de force.

HILARION - Temple 2 - Leçon 157