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LES ÉTINCELLES DE VIE

La différenciation de l’énergie électrique appelée par les chercheurs actuels « ion », pour la distinguer des autres différenciations de la même énergie cosmique, et les « étincelles » de la science occulte sont identiques. Alors que la science moderne a été amenée à accepter plusieurs des vérités présentées par l’occultisme, du moins en tant qu’hypothèses, seuls quelques fervents chercheurs ici et là ont été capables de mettre en pratique les connaissances théoriques fournies. Et il ne sera pas possible d’utiliser les forces subtiles pour agir sur la matière à un quelconque degré notable tant que ceux qui travaillent dans ce domaine de la science ne pourront démontrer, à leur propre satisfaction, les formes intermédiaires d’énergie qui agissent entre la matière grossière – les véhicules de ces formes d’énergie – et celle qui se situe le plus près du pôle supérieur de la vie manifestée, l’énergie manasique.

Alors que le degré d’énergie électrique que l’occultiste nomme Manas, ou formation des idées, est appliqué à son propre champ d’action – le plan mental –, aucun scientifique reconnu de la présente époque n’a été capable de diriger cette énergie de manière à en révéler des effets visibles ou audibles. Aucun scientifique non plus n’a été capable d’accepter la déclaration des occultistes qui affirment pouvoir produire ces effets ou qui déclarent les avoir vus se produire. Tant que la science n’aura pas découvert comment rendre ces effets visibles et audibles, donc démontrables aux sens, on sera dans l’impossibilité d’identifier et de prouver la réalité, l’existence et l’utilisation possible de l’ion – ainsi que des autres différentes formes de la même énergie – dans la production de phénomènes physiques. Pour accomplir cette prouesse, il est absolument nécessaire d’utiliser l’énergie manasique en dehors de son propre champ, c’est-à-dire en produisant des effets visibles ou audibles dans ou sur la matière grossière. Ceci, parce que l’homme n’a pas encore développé les sens au moyen desquels il pourrait de façon continue percevoir les phénomènes naturels qui se déroulent en permanence dans les champs, ou plans de substance, au sein desquels chaque forme – ou degré – d’énergie électrique est particulièrement active.

L’homme peut être capable de réunir les éléments constituants, les agents chimiques, les réactifs et les autres formes de substance que la Nature a déjà élaborées, et réussir, dans des conditions précises de chaleur et d’humidité, à donner naissance à une créature vivante ; mais, on doit se rappeler que pratiquement tout ce qu’il aura fait aura été de réunir les conditions par lesquelles les éléments préalablement créés, les produits chimiques, etc. peuvent continuer leur action. Les forces du principe de vie de chaque atome et de chaque molécule utilisées ont toujours été présentes dans ces dernières. L’homme n’a littéralement rien à voir avec la création de ces éléments fondamentaux. S’il pouvait juste isoler une simple molécule issue de toutes les substances qu’il a réunies, et s’il était suffisamment sage pour recréer exactement les mêmes conditions que la Nature utilise pour le développement des « étincelles de vie », de cette simple molécule il pourrait faire évoluer toutes les autres molécules constituantes requises pour former un corps semblable à celui dont il avait réuni les substances nécessaires pour donner naissance à une forme vivante. Mais, la Nature va bien plus loin que l’homme car, pendant qu’il doit faire une pause une fois la forme créée, la Nature continue de travailler et, à partir de la même molécule, développe un véhicule organique à travers lequel l’énergie électrique de Manas peut opérer. Ce que l’on peut appeler un cerveau rudimentaire se manifeste dans la forme développée à partir de cette simple molécule. La Nature ne peut cependant réaliser aucune de ces merveilles sans le principe de vie – « l’étincelle de vie » – qui réside au centre même de chaque atome constituant la molécule en question.

En dépit de nos efforts pour transmettre quelque idée de la quadruple existence de l’Ego sur les quatre plans de la vie, nous n’y sommes parvenus en aucun cas. Aussi, ne pouvons-nous qu’essayer une fois encore, jusqu’à ce que notre but soit atteint. Des mots trop nombreux rendent confuses les véritables questions et jettent souvent une ombre épaisse sur des choses qui ne sont en fait que des vérités évidentes par elles-mêmes.

La vie et l’action de l’Ego dans les quatre premiers états des sept états de conscience, les formes au travers desquelles cette conscience fonctionne, les états de matière qui contiennent ces formes, et le mouvement – le temps – qui gouverne l’apparition et la disparition de ces formes dans l’un ou l’autre de ces états de matière, sont les réalités fondamentales qui, seules, permettent de comprendre l’apparition et la disparition du corps astral et physique à la vue – la conscience que l’on a de chacun d’eux.

Considérez d’abord le mouvement du pendule d’une horloge dont le ressort a été remonté afin de permettre à ce pendule d’osciller exactement pendant vingt-quatre heures. Le fait de remonter le ressort qui permet l’animation de ce mouvement pendulaire est analogue à l’énergie fohatique qui est libérée pour l’ensemble d’un Âge (lequel correspond aux vingt-quatre heures de l’horloge). Cette énergie met en action et garde en mouvement toute la substance qui était en repos auparavant – pour le temps d’une nuit –, et fait se mouvoir cette substance en un rythme parfait correspondant aux mouvements du pendule de l’horloge (nous ne parlons pas ici des trois degrés supérieurs des sept états de conscience). Considérez encore qu’il existe quatre états de cette substance, chacun étant plus raffiné, plus subtil et plus élastique que celui qui le précède – si nous partons du plan physique (c’est l’inverse si nous partons du plan manasique).

C’est à travers ces quatre plans ou états de substance que l’Ego – le Soi Spirituel non manifesté des trois principes supérieurs parmi les sept – doit fonctionner durant chaque Âge, alors que la loi cyclique, le pendule de l’horloge de la vie, fait osciller cette substance autour d’un point central. Cette substance parcourt ainsi un Grand Âge de vie afin d’atteindre la vie individuelle permanente lorsque les aiguilles de l’horloge auront accompli leur cycle, c’est-à-dire lorsque les sept Grands Âges seront écoulés.

Afin d’obtenir une forme individuelle au moyen de laquelle fonctionner sur tous les plans, dans tous les champs de la vie, l’Ego doit développer un véhicule distinct à partir de chacun des quatre états de substance – akashique, astral, éthérique et physique – qui constituent dans leur ensemble le plan composé de la manifestation. On peut simplifier cette interprétation en utilisant les termes les plus en usage dans notre tentative de fixer à l’esprit ce point de grande importance. Les divisions électrique, atomique, moléculaire et cellulaire de la matière, telles qu’elles sont traitées en science physique, approchent de près les différenciations de la science occulte énumérées plus haut.

Si le lecteur pouvait accepter la vérité qu’il existe un univers à l’intérieur d’un autre, chacun étant constitué de la substance de l’état vibratoire précis auquel nous avons attribué les termes mentionnés plus haut, et que ces états de substance construisent ensemble l’univers extérieur que nous percevons avec nos sens physiques, cela pourrait aider à fournir une hypothèse qui lui permettrait de comprendre ce qui est quelquefois appelé « l’échelle de la vie ». C’est sur ses échelons que le pèlerin, l’Ego individuel, descend de la vie spirituelle pour y remonter.

Chaque Ego individuel doit créer pour lui-même, à partir de la substance dont chacun de ces univers est constitué, une forme ou véhicule dans et au moyen duquel il peut vivre, comprendre, et finalement contrôler la substance de cet univers. Par exemple, l’Ego doit développer une forme à partir de la substance électrique, une autre forme à partir de l’univers atomique, encore une autre à partir de l’éthérique, et encore une autre à partir de la vie moléculaire de cet univers matériel extérieur, s’il désire obtenir l’existence consciente individuelle sur l’ensemble des quatre plans.

Pourtant, dans son ascension à partir du barreau le plus inférieur de l’échelle, il doit perdre la conscience de chaque univers en tant que champ de vie objectif et distinct, ne retenant que ce qu’il a gagné des expériences traversées alors qu’il fonctionnait dans le corps construit avec la substance de chacun de ces univers.

Lorsqu’il monte sur le dernier barreau supérieur de cette échelle, il a perdu tout sens de séparation ; les quatre premiers univers avec leurs formes séparées n’ont plus de réalité dans sa conscience, mais il conserve l’ensemble de ce que son expérience lui a apporté à travers eux.

HILARION - Temple 2 - Leçon 183