LES ENFANTS DE LUMIÈRE
« Afin que vous soyez des enfants de lumière.1 »
Ces paroles de Jésus ont une importance infinie, car ils contiennent la promesse d’infinies possibilités pour l’homme.
Le mystère de la Lumière et le mystère de la Vie sont « un ».
La science moderne accepte la théorie ondulatoire de la lumière, qui dépend de l’existence d’un éther hypothétique qu’on assume être constitué d’une matière impondérable, infiniment élastique et extrêmement subtile, de sorte que non seulement elle occupe l’espace entre les corps – célestes et autres –, mais qu’elle entre aussi en eux et y accomplit ses fonctions ondulatoires, à l’intérieur et entre leurs particules.
On assume en général que la luminosité d’un corps est due à un mouvement vibratoire rapide des molécules de cet éther cosmique, ou luminifère, qui se propage sous la forme d’ondes.
Quand elle traverse le grand Prisme de l’Être, la Lumière du Soleil Central se brise en d’innombrables rayons.
Quand elle émerge de « l’Un » et descend l’escalier des sept mondes, la vie cosmique se brise en d’innombrables entités apparemment séparées.
La vie a été définie comme une collection de phénomènes qui se succèdent pendant un temps limité dans un corps organisé.
Cette définition est cependant également applicable aux changements qui surviennent après la mort.
La science analyse, dissèque et utilise la vivisection. Malgré cela, elle est incapable de dire ce qu’est la vie. La vis vita, s’il s’agit d’une force, élude à la fois la cornue, le scalpel et tous les ingénieux appareils inventés pour arracher son grand secret à la nature.
Tel était le secret bien connu des anciens alchimistes.
Le problème consiste à créer un peu de protoplasme doté de vie et de volonté personnelle, ainsi que du pouvoir de se reproduire.
Le blanc de l’œuf est presque du pur protoplasme et il est chimiquement constitué de certaines proportions d’oxygène, d’hydrogène, d’azote et de carbone. Un protoplasme artificiel a été fabriqué à partir de substances albumineuses et d’huiles, et le produit a eu un mouvement qui lui était propre et qui simulait la vie. Mais le mouvement avait des causes chimiques. Vu au microscope, le matériel paraissait avoir aussi les mêmes structures que le protoplasme, mais il n’avait pas de vie propre et aucun principe reproducteur.
L’amibe représente l’une des formes de vie les plus simples que nous connaissions et que l’on trouve dans toute étendue d’eau stagnante. C’est une entité microscopique faite d’une seule cellule qui contient, au milieu de sa masse gélatineuse, un minuscule noyau dont on croit qu’il comprend ses facteurs héréditaires et les éléments nécessaires à sa reproduction. Cette cellule unique remplit toutes les fonctions dont l’accomplissement dans les organismes plus évolués exige la coopération de nombreuses cellules spécialisées. L’amibe mange ; elle entoure une particule de nourriture, la recouvre et l’englobe, puis en digère et en assimile ce qu’elle peut avant de rejeter ce qui reste hors de sa masse ; la cellule elle-même constitue l’ensemble du tube digestif. L’amibe est sensible aux influences irritantes, ce qui indique que cette cellule unique agit également comme – et en fait elle est – un système nerveux complet. L’amibe se reproduit ; cette cellule unique assume donc également le rôle de centre de reproduction.
Dans les formes de vie plus évoluées et plus complexes, les cellules sont spécialisées quant à leur fonction et ont conséquemment perdu le pouvoir de remplir plusieurs des rôles qu’un organisme unicellulaire comme l’amibe parvient à assumer. Dans un être multicellulaire, on peut dire que les cellules ont abandonné leur fonction synthétique en vue, en quelque sorte, de se faire une spécialité d’une fonction particulière – et de l’effectuer avec un pouvoir plus grand, ce qui est nécessaire aux formes de vie supérieures. Il s’ensuit que dans ces formes plus évoluées, nous trouvons des groupes de cellules spécialisées, comme les cellules nerveuses, musculaires ou osseuses, etc., et chaque groupe ne fait qu’une partie du travail exigé par l’ensemble, tandis que dans la créature unicellulaire, la cellule unique doit tout faire. Parfois, dans ces groupes de cellules spécialisées de notre corps, des maladies graves peuvent être induites en raison de l’effort de certaines cellules d’effectuer des fonctions étrangères à celles du groupe auquel elles sont associées. Ceci est évidemment dû à l’activation d’une mémoire ou d’une tendance latente.
Une plante est capable de prendre de l’acide carbonique, de l’eau et des sels azotés, et de les convertir en protoplasme. L’homme ne peut pas faire cela, mais il peut manger la plante et convertir son protoplasme végétal en protoplasme animal. Après un certain temps, lorsque l’homme ou l’animal meurt, son corps se décompose en acide carbonique, en eau et en sels azotés – éléments qui sont repris par les plantes et transmutés en protoplasme frais. C’est ainsi que le monde organique se perpétue.
La science physique pourrait un jour être capable de créer en laboratoire un protoplasme chimiquement pur, mais elle ne sera jamais capable de construire une cellule vivante tant qu’elle ne tiendra pas compte des forces créatives de la nature et de leurs correspondances dans la nature de l’homme, et tant qu’elle n’aura pas acquis la volonté et la connaissance nécessaires pour diriger intelligemment les êtres élémentaux qui constituent ces forces.
Alors, l’homme pourra être capable de doter son protoplasme de laboratoire d’une étincelle de sa propre vie et de sa propre volonté. Lorsque la chimie sera capable d’imiter les lois de la croissance naturelle et des transmutations des éléments qui se produisent sans cesse dans tous les corps biologiques, et lorsqu’elle commencera à s’occuper de l’âme ou des forces intérieures de la matière, cette science sera connue comme étant de l’alchimie – discipline qui dans le passé a démontré que toutes les forces de la nature sont en réalité ou en potentiel représentées en l’homme.
Il existe une « Substance universelle unique » qui, placée dans d’innombrables états et conditions et soumise à divers taux vibratoires, amène en manifestation tous les divers éléments que nous connaissons. Cette « Substance Une » est parfois appelée les « Eaux de l’abîme » auxquelles Dieu – l’Esprit des sources de la vie – imprime une fréquence vibratoire jusqu’à ce que des parties du « Un » se différencient de la masse en raison de leurs vibrations élevées ; ce qui était présent en potentiel devient alors réel.
L’eau des remous ou tourbillons que l’on voit dans les piscines ou les rivières se différencie de l’eau environnante par l’énergie qui la met en mouvement. Le remous a un mouvement qui lui est propre et, en un sens, il est une entité distincte dont la nature est essentiellement la même – bien qu’elle soit distincte – que celle de l’eau qui l’entoure. Nous pouvons considérer le remous comme une cellule faite d’un matériau homogène. Nous pouvons aussi le voir comme doté d’une âme par l’énergie qui l’a fait naître et l’a différencié de la masse de même nature qui l’entourait. Pour les résidents de l’eau environnante, le remous est un phénomène – quelque chose ayant des propriétés et des effets particuliers qui lui sont propres. Intensifiez le mouvement qui lui a été imprimé à l’origine et portez-le à un taux très élevé, et les résidents de l’eau vont bientôt croire que la nature du remous est totalement différente de celle du reste de l’eau qui l’entoure – tout comme l’humain, par exemple, considère un nuage, un arbre, un rocher ou tout autre objet comme différents les uns des autres.
Le corollaire naturel de ce qui précède, c’est que tout ce qui existe – matières organiques ou inorganiques, constellations, systèmes solaires, soleils, planètes, hommes, animaux, amibes ou molécules – n’est que vortex différencié dans la substance homogène de l’Océan de la Vie – ou de la Lumière –, le « Réservoir » de toute la substance et de toute la matière qui se trouve dans un état de séparation atomique, le son étant l’énergie ou le pouvoir de cohésion qui maintient une forme individualisée donnée de cette substance en manifestation pour une période de temps particulière. Dans le monde phénoménal, ces formes possèdent diverses propriétés, mais dans leur nature intérieure véritable, elles sont « une ».
Dans l’unicité de cette nature se trouve l’aspect que les éléments possèdent en commun, c’est-à-dire la qualité ou la lumière du Tout.
Cette Lumière est le Christos : la cause de toute lumière – mentale, physique ou spirituelle – que nous discernons et dont nous prenons conscience lorsque nous cessons d’identifier notre conscience aux propriétés et aux effets extérieurs des choses. Nous pouvons alors comprendre notre vie – la fraternité – dans le tout et devenir véritablement des « enfants de lumière ».
« Celui qui dit qu’il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres.2»
1 – N.D.É. Évangile de Jean 12 36.
2 – N.D.É. Première Épître de Jean 2 9.
HILARION - Temple 3 - Leçon 533