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LES DANGERS DU PLAN ASTRAL

Vous ne vous attendriez pas à augmenter la croissance physique d’un enfant normal dans un environnement normal en l’obligeant ou en lui permettant de fréquenter des spectacles excitants soit pour l’amuser ou au cours d’un voyage. Que ces spectacles soient en eux-mêmes bons ou mauvais, le fait demeure que les atomes physiques qui constituent le corps d’un enfant ne recevraient aucune impulsion de croissance de ces expériences. Assister à une représentation de « La Passion » ou à un combat de taureaux ne changerait en rien la composition matérielle des atomes physiques, peu importe l’effet que l’un ou l’autre ait sur la substance du corps interne ou astral. Cependant, un bon nombre de ceux qui ne comprennent pas encore l’abîme qui sépare chaque plan de matière ou de substance de tous les autres plans, croient qu’il est possible d’augmenter la puissance de leur âme en séparant temporairement leur corps astral du corps physique et en permettant aux courants du plan astral (l’upâdhi1 ou base d’air) de le porter n’importe où – et cela, bien qu’il soit sans guide et sans direction.

Si la personne en cause ne possède pas un pouvoir spirituel et une connaissance qui ne peuvent être acquis que par une longue et incessante bataille avec les géants spirituels qui régissent ce plan particulier – des géants que, faute d’un meilleur terme, nous appelons ambition, orgueil, avarice et mollesse, mais qui sont en réalité des états de matière et donc des entités, – son corps astral se trouve alors à la merci de ses ennemis naturels et peut même se trouver séparé en permanence de son corps physique. Ce corps peut alors être possédé par une âme attachée à la Terre, c’est-à-dire un démon.

En combattant ces entités et, soit en les vainquant, soit en acquérant un pouvoir égal au leur, l’âme de la personne, grâce à la tension et aux efforts produits pendant la lutte, crée un état d’harmonie qui lui permet d’entrer à volonté dans des territoires qui lui étaient interdits jusque-là. Sans ce pouvoir, l’âme est aussi vulnérable qu’un petit enfant au sein d’une grande ville où la vertu et le vice se disputent la place, et où des dangers et des pièges attendent l’innocent à chaque tournant. Souvenez-vous en effet que le plan astral contient la contrepartie de toutes les créatures et de toutes les choses qui ont déjà existé ou qui ont été créées par les dieux, les démons ou les hommes.

Je ne voudrais pas vous donner l’impression que les pouvoirs ou entités que je viens de mentionner s’opposent aux progrès de l’homme. En effet, ils ne représentent que le pôle positif de la vie, et se trouvent en opposition naturelle au pôle négatif que la race humaine manifeste actuellement.

Il est simple de détacher le corps astral du corps physique. Vous le faites chaque fois que vous vous endormez ou que vous perdez connaissance. Vous pouvez atteindre cet état en utilisant des stimulants ou des narcotiques. Dans le cas du sommeil, l’âme et le corps astral se trouvent sous la protection de la loi naturelle et sortent généralement indemnes de toutes les épreuves. Dans les autres cas, l’âme, dans sa mince enveloppe, se trouve sans aucune protection, parce que la condition est anormale et artificielle, et n’est pas supportée par la loi naturelle. On se trouve donc entouré de dangers innombrables, et partout où on pose les yeux, on ne voit que des horreurs sans nom. L’âme qui projette sa forme-corps dans le plan astral violemment ou consciemment, soit par le suicide ou par un effort de volonté concentrée, alors qu’elle est incapable de contrôler les habitants de ce plan, doit faire face aux mêmes situations, aux mêmes dangers.

Je suis amené à faire ce simple énoncé à cause de l’incroyable manque de réflexion avec lequel beaucoup de gens, même parmi les membres du Temple, se lancent dans le psychisme. Dans bien des cas, ils se placent sous la direction d’instructeurs sans conscience dont le comportement trompeur et la langue fourchue ont éveillé chez eux des désirs anormaux qui ne peuvent être satisfaits qu’aux dépens de la véritable croissance de l’âme.

Mes enfants ! Servez-vous de votre bon sens, si vous possédez cette qualité si précieuse et si rare. Ne vous laissez pas égarer. Ce sont généralement le désir de dépasser quelqu’un d’autre ou d’avoir le pouvoir de changer les conditions présentes qui sont à la base de cette ruée presque folle dans le psychisme. Est-ce que le fakir tordu, anormal et sale de l’Orient, assis sur un poteau ou dans une autre position bizarre, les yeux dans le vide, vous attire ? Votre karma vous a amené au beau milieu de la lutte des XIXe et XXe siècles et vous a donné des occasions d’avancement spirituel, mental et physique dépassant de loin celles qui ont été données à toute race depuis l’apothéose de la race qui a vécu un jour sur le continent maintenant submergé de l’Atlantide. Chaque jour qui passe vous apporte des épreuves et des occasions qui, si vous en tirez avantage, peuvent vous faire aller loin sur le sentier de l’adeptat – ce sentier que vous brûlez de fouler sans vous rendre compte que vous y êtes déjà, sans comprendre que des yeux intéressés vous surveillent, bien plus soucieux de vos réussites et vos échecs que vous ne l’avez été vous-mêmes jusqu’à présent. Votre ignorance sur la nature des épreuves particulières que vous avez subies est, à bien des égards, votre principale protection. Elle est également essentielle à l’accomplissement parfait des devoirs qui constituent généralement ces épreuves.

Vous êtes nombreux à vous plaindre et à vous impatienter parce qu’il vous semble que nous n’avons pas tenu nos promesses, alors que vous-mêmes, vous n’avez pas rempli, et souvent n’avez même pas tenté de remplir, les engagements que vous avez pris.

Plutôt que de profiter de chaque occasion qui vous est offerte d’enseigner la philosophie qui a tant d’importance pour le monde, vous en êtes souvent embarrassé, ou vous craignez que cela vous fasse classer parmi les théosophes détestés et mette en péril votre position sociale.

Malgré leurs connaissances, acquises dans leurs études ésotériques, sur l’effet de l’esprit sur la matière, certains d’entre vous versent constamment dans l’aura des responsables du groupe un flot de soupçons, de critiques et d’incrédulité qui doit inévitablement et fatalement abattre un ou plusieurs de ces camarades et les mener aux portes de la mort, ou leur causer un trouble mental grave, puis ils disent calmement à un ami : « N’est-il pas étrange que les Maîtres ne puissent pas empêcher la maladie ou la chute de ce frère ou de cette sœur ? Quelque chose doit clocher chez eux. »

Lorsque vous serez capables de voir consciemment les effets de ces attaques, vous pleurerez des larmes de sang, dans l’agonie de votre remords, comme nous l’avons fait, nous qui maintenant surveillons et attendons.

Si vous ne pouvez pas – ou ne voulez pas – nous aider à repousser la marée de l’ignorance, si vous ne voulez pas attirer dans le courant de sécurité relative ceux de vos frères qui ont longtemps attendu votre venue, vous pourriez à tout le moins vous retenir de frapper ceux qui tentent de faire leur devoir.

Par ailleurs, il y a parmi vous des gens qui réjouissent nos cœurs et les remplissent d’un espoir indicible, ceux qui accompagnent leurs services aux autres de mots d’encouragement aimables. Leurs sacrifices et les efforts pour obéir sont comme une rosée sur un sol desséché pour nous qui n’attendons que le bon moment et la bonne occasion pour exprimer notre satisfaction et tendre une main secourable à « nos petits » qui se trouvent sur un échelon inférieur dans l’échelle de la vie.

Vous pouvez croire que tout ce discours n’a rien à voir avec notre propos, mais ce n’est pas le cas. Car les mots sont des choses vivantes, des créations humaines, qui reçoivent forme sur le plan astral, pour torturer ou pour bénir leurs créateurs, selon leur nature et la force qui les a projetés dans l’existence. Lorsque vous serez capable de comprendre la valeur du silence et le pouvoir de la parole, tout comme les effets de l’un et de l’autre, vous aurez conquis le plus grand ennemi de l’homme.

1 – N.D.É. Upâdhi : Le véhicule porteur de quelque chose de moins matériel que lui-même ; comme le corps humain est l’upâdhi de son esprit, l’éther est l’upâdhi de la lumière, etc. ; une substance qui définit ou qui limite.

HILARION - Temple 1 - Leçon 14