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LES CENTRES NON DÉVELOPPÉS OU INUTILISÉS DU CERVEAU

Il n’est pas rare d’entendre un étudiant de la vie insuffisamment développé se plaindre d’avoir atteint les limites de l’effort mental. La cause ne se présente pas toujours à l’esprit de celui qui en souffre ou à celui à qui il confie sa souffrance, même si ce dernier est un médecin ou un chirurgien, parce que la cause se situe juste au-delà du dernier point que le scalpel peut atteindre, bien que cela soit toujours du domaine de la matière physique. Le remède se trouve en ses propres mains, aussi longtemps qu’il possède le pouvoir de direction. Pour être guéri, le patient doit reconnaître la cause et diriger l’énergie mentale qui n’a jamais cessé de s’écouler à travers certains centres cérébraux, lesquels n’ont été décrits dans aucun travail de physiologie reconnu.

Il y a sept centres mineurs dans le cerveau, au service des centres plus importants des sens, les chakras supérieurs ou centres dirigeant le fonctionnement des différents organes du corps, un peu comme les interrupteurs d’un tableau électrique permettent de faire passer ou de couper le courant qui est transporté par le biais d’un fil ou d’une onde.

Comme l’homme ou la femme ordinaires ignorent l’existence et les fonctions des centres mineurs, ils ne font aucun effort spécifique pour les maintenir en état de fonctionnement, et éventuellement ils se détériorent. C’est ce qui arrive à tout centre ou organe non utilisé du corps physique, excepté lorsque la nature peut diriger indistinctement son fonctionnement. L’affaiblissement du tissu entourant ces centres, du fait de la désuétude ou du mauvais usage, est ce qui cause le fléchissement des pouvoirs mentaux lors de la vieillesse. Occasionnellement, vous pouvez voir un homme ou une femme âgés dont l’intérêt pour les affaires de la vie est aussi vif à quatre-vingt ans qu’à trente. Si vous pouviez obtenir quelques détails concernant les évènements de cette existence, vous apprendriez probablement qu’une curiosité supranormale vis-à-vis des phénomènes de tous genres était la caractéristique la plus notable de cette personne, une curiosité qui poussait au plus vif intérêt pour tout ce qui était en relation avec l’objet de sa curiosité. Lorsqu’un sujet d’intérêt est introduit auprès d’une personne semblable, le point vital du sujet est immédiatement saisi et aucune peine n’est épargnée pour étudier ce point jusqu’à ses dernières extrémités. Si par exemple, le sujet est le pouvoir moteur de l’aéronautique, chaque piste possible conduisant à la découverte, à la nature et à l’utilisation de ce pouvoir sera suivie jusqu’au bout. Chez la personne possédant ce caractère, les centres particuliers de la classe mentionnée utilisent le pouvoir motivant de l’invention et de l’exécution, et cet intérêt est accru par chaque point considéré jusqu’à ce qu’un fort courant de force apparaisse entre les centres tattviques et les chakras. Cet accroissement des vibrations produit une augmentation du flux sanguin dans les plexus correspondants, lesquels sont conséquemment mieux nourris.

Pour illustrer ceci, prenez une personne engagée dans n’importe quelle ligne d’activité mentale ou physique, une personne dont l’ensemble du mental est engagé et concentré pendant de nombreuses heures de la journée sur cette ligne d’effort, une personne qui n’a que peu d’intérêt pour la vie en dehors de ce sujet particulier. Les centres du cerveau les plus actifs qui favoriseront cette ligne seront surdéveloppés. Les lignes qui relient cet unique centre et d’autres, associées à différentes lignes d’intérêt de vie, se trouveront de manière progressive complètement ou partiellement atrophiées. La vie n’aura plus d’intérêt réel pour cette personne en dehors de sa propre ligne d’attention alors qu’elle avancera en âge et que son pouvoir de concentration sur cette ligne unique décroîtra. Si l’intérêt semble mourir pour les affaires de la vie ordinaire et que l’on cherche à éviter un sort tel que celui décrit plus haut, il n’y a pas d’autre alternative que de s’intéresser délibérément dans la pratique à n’importe quel aspect de tout sujet qui attirerait naturellement l’attention dans des conditions ordinaires et de forcer cet intérêt jusqu’au point voulu par la nature. En suivant continuellement cette règle, une vie nouvelle s’éveillera graduellement le long de ces lignes communicantes au moyen d’un processus purement naturel.

Ces centres supersensitifs, les « centres tattviques » comme les appellent les orientalistes – les centres non développés ou mal utilisés auxquels je me suis référé –, sont les premiers à se développer dans la tête du fœtus. Dans et à travers ces centres vont et viennent les impulsions des tattvas universels – les sept principes de vie.

Les sept chakras supérieurs du cerveau contrôlent les sens de l’homme et dépendent du flux des sept courants de vie qui traversent les centres tattviques. Lorsqu’une impulsion en provenance d’une force cosmique tattvique affecte un centre tattvique correspondant dans le cerveau humain, ce centre est mis en vibration rapide et l’énergie émise est communiquée au chakra du sens correspondant, puis au plexus qui lui est lié, et finalement à l’organe du sens au moyen des nerfs sensoriels et moteurs qui contrôlent l’action des nerfs et des muscles. Lorsque l’homme ne parvient pas à reconnaître les forces tattviques cosmiques et n’en fait aucun usage lorsqu’elles affectent les centres tattviques du cerveau, ces derniers perdent alors leur élasticité et leur pouvoir de réponse. Ils s’atrophient finalement ou se paralysent complètement dans certains cas. Alors, l’organe ou la partie du corps qui est sous le contrôle du chakra du sens correspondant sera graduellement affecté. Si c’est le chakra qui contrôle l’ouïe de l’individu, ce dernier commencera à perdre son pouvoir d’entendre. Le principe de Bouddhi-Manas aura été partiellement inhibé relativement à l’action dans ce cas.

Vous trouverez toutes ces correspondances en étudiant les principes et leur relation avec les différents centres du cerveau.

C’est l’intérêt fondamental – la curiosité en relation avec chaque chose ou sujet que l’impulsion de vie a éveillé dans tout centre tattvique – qui accroît l’activité du chakra dans lequel a été stimulée une augmentation de la vibration par la force tattvique. Cet intérêt ou curiosité apportera un flux constant de force tattvique au chakra correspondant jusqu’à ce que cet intérêt soit satisfait. Si un effort constant est fait pour satisfaire l’intérêt pour le phénomène et qu’un accroissement de sang, et par conséquent de force de vie, s’écoule régulièrement dans la partie du cerveau occupée par le centre tattvique et le chakra en question, le développement mental et physique se fera rapidement.

L’homme normalement intelligent est curieux et s’intéresse à chaque condition de pensée objective qui ne lui est pas familière, lorsqu’elle se présente d’elle-même. Il essaie de comprendre ce que sont ses causes et ses conséquences. L’homme indolent et purement complaisant perd graduellement intérêt dans tout ce qui n’ajoute rien à la gratification des organes des sens. Il a peu de curiosité, voire aucune, vis-à-vis des grands secrets de la Nature, et par conséquent néglige le développement de ces centres tattviques qui contrôlent les chakras supérieurs, lesquels à leur tour rendent possible le développement supérieur du cerveau et du corps ; il vieillit par conséquent plus rapidement que la première personne mentionnée.

HILARION - Temple 2 - Leçon 212