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LA RENCONTRE DES EXTRÊMES

La mission de H.P.B. dans ce pays – les États-Unis – était d’enseigner l’ancienne Religion-Sagesse – la religion donnée à la race fondatrice de la présente humanité – et non la religion d’aucune secte particulière qui a vu le jour depuis en raison de dissensions internes ou d’intérêts divisés ou encore à cause d’interprétations personnelles des enseignements trouvés sur des parchemins anciens.

Aucune religion ne peut être valable sans prendre en compte et favoriser la vie et l’évolution de toutes les créatures manifestées dans ce cycle donné.

Sachant qu’au commencement de toute grande ère des êtres spirituels ont pris contact avec la race fondatrice de cet âge et lui ont communiqué un système de religion qui comprend l’éthique d’une vie correcte, d’une pensée correcte et d’une action correcte, et que toute division ou toute secte issue de ce système religieux primitif est nécessairement limitée et d’une certaine façon fausse, les Maîtres de sagesse ne peuvent se désigner comme brahmanes, chrétiens, bouddhistes ou comme membres de toute religion particulière. Pour paraphraser Paul, ils doivent être « tout pour tous ».

Les hommes recherchent la compagnie des autres hommes et désirent s’associer pour rendre leur travail plus profitable et pour s’aider et se protéger mutuellement. Toutefois, plus ils peuvent conserver les lignes hiérarchiques naturelles, plus leurs principes religieux seront purs.

Comme bien des demi-vérités, l’idée plutôt courante de la croissance personnelle conduit un bon nombre d’esprits brillants sur une fausse voie. Si Dieu, l’Être céleste, est tout en tout, chaque atome de force, de substance et de matière possède sa fonction et sa place propres dans cette grande entité. La force et la substance qui fonctionnent naturellement dans le cœur ne peuvent pas fonctionner dans l’estomac. Ces deux organes sont également nécessaires, mais ils ne peuvent pas exister l’un sans l’autre, et aucun homme – une cellule individuelle dans le grand corps de l’humanité – ne peut exister ou atteindre son plein développement isolé des siens.

J’appelle l’idée exprimée ci-dessus, le développement personnel de la perfection, une demi-vérité, parce qu’elle n’est vraie que sur le plan spirituel élevé, où règne l’unité parfaite dans la diversité, et où la conscience fonctionne sans contrainte de temps et d’espace.

Tant que l’homme n’aura pas appris à vivre dans la paix et l’harmonie avec ses frères sur Terre, il lui sera impossible de vivre avec Dieu dans cette unité consciente qui constitue la perfection.

Tous les Maîtres de la Voie de la Main Droite ont acquis leur maîtrise au milieu de leurs frères. Il est vrai que chacun doit vivre seul pendant un certain temps, mais seulement pour se renforcer de façon à pouvoir endurer le stress d’un environnement physique.

L’illumination – l’assimilation de nourriture spirituelle – s’obtient dans la solitude et la quiétude parce qu’elle touche la vie spirituelle. Lorsqu’elle est atteinte, une période suit pendant laquelle cette illumination, cette force générée dans le silence, doit être mise au service du reste de l’humanité, si on veut éviter que sa compression ou son usage égoïste ne provoquent une catastrophe chez la personne. Tout comme la vapeur comprimée au-delà d’un certain point fera éclater le récipient qui l’avait jusque-là contenue sans accident, ainsi la forme astrale de l’homme peut éclater sous l’effet de la force, de la puissance irrépressible générée chez la personne humaine par l’atteinte de l’illumination consciente, si celle-ci n’est pas consacrée à un usage universel.

L’homme atteint parfois un état d’optimisme qui est infiniment plus dangereux qu’un niveau égal de pessimisme, du fait que toute puissance appartenant au côté positif de la nature et de la vie, lorsqu’elle est employée à des fins mauvaises, risque d’avoir des effets plus importants et plus durables que la puissance négative correspondante, car son énergie potentielle vibre à une fréquence plus élevée. L’optimiste extrême est absolument incapable de reconnaître et d’agir en fonction de l’intuition ou de l’expérience des autres, si dignes de foi qu’ils soient. Il reste serein pendant que sa famille, sa nation ou sa religion est en plein bouleversement – ne voyant rien, ne tenant pour vrai que le lustre que jette sur tout la tendance spéciale de sa pensée. Il est plus difficile de vivre avec le pessimiste extrême : il peut faire beaucoup de mal de façon négative ; il dégage un poison débilitant qui mène à la décomposition et à la désintégration. Par contre, il ne possède pas l’énergie active qui pourrait lier, aveugler et asservir ses adhérents, ce qui est trop souvent le cas de l’optimiste.

Le pessimisme actuel est largement responsable de l’incapacité des adorateurs du veau d’or à reconnaître et à traiter les conditions qui se développent rapidement sous l’impulsion de l’extrême optimisme d’une autre classe de gens en croissance rapide, et qui démolissent et détruisent au lieu d’attendre la dissolution naturelle des choses et des gens. La dislocation des institutions, qu’elles soient religieuses ou sociales, est toujours précédée par des mouvements extrêmes.

Plus que toute chose, il faut développer une attitude calme, stable et modérée en ce qui a trait aux questions religieuses et sociales.

S’il est possible de former, sur la base de ces principes, un groupe de gens assez puissants pour maîtriser la situation qui se matérialise rapidement sur Terre, ils seront en mesure de mettre en place les fondements de la religion juste et du gouvernement juste d’une nouvelle ère, et de résister en grande partie au pouvoir désintégrateur des extrémistes des deux côtés.

HILARION - Temple 1 - Leçon 17