LA RÉDEMPTION DE L’ÂME
Aussi loin dans les annales du temps que l’histoire sacrée et profane peut vous conduire, et des éons avant qu’aucune des archives maintenant reconnues comme valables sur le plan historique ait jamais été conçue et compilée, à une époque où seules les archives de la lumière astrale étaient disponibles pour la recherche, l’animal pensant, l’homme, a détruit l’occasion qu’il avait de progresser rapidement dans l’échelle de la vie en désobéissant de façon persistante à une loi divine, la loi de l’unité. Et cette même triste histoire, avec tous ses terribles détails, sera parfois notée dans l’histoire de la génération présente. Si important que soit le problème, si graves que soient les résultats pour eux-mêmes et pour les races qui les suivront, l’ambition personnelle, le désir du pouvoir ou de l’autorité, et la haine, avec ses enfants issus du démon, dirigeront les masses de l’humanité, comme des moutons, dans des directions antagonistes. Rien ne peut garder ceux qui ont été orientés de cette façon dans la ligne du seul grand principe de progrès.
Vous n’avez qu’à considérer ce que le monde serait maintenant si toutes les races partageaient un seul principe fondamental, par exemple le principe de justice. Considérez l’injustice qui règne maintenant, et vous tirerez une certaine compréhension de l’immense changement qui se produirait dans tous les domaines de la vie.
La seule énigme permanente de l’univers est la cause cachée de l’aveuglement de l’humanité. Pourquoi l’homme accepte-t-il de souffrir et de faire souffrir les autres, ère après ère, quand cela pourrait être évité si seulement il était fidèle au principe de l’unité ? Une fois par siècle peut-être, il apparaît un homme ou une femme qui a vu la lumière et qui ne permet pas à sa personnalité inférieure ou aux tentations des autres de le repousser dans les ténèbres en lui faisant rejeter cette simple grande loi.
Un homme ou une femme qui persiste à être loyal à son Être Supérieur, qui ne se laisse pas tromper par les mensonges des autres, prend sa place avec les Initiés de la Grande Loge Blanche lorsque ses épreuves sont terminées aussi sûrement que le Soleil se lèvera demain à l’est. Cela ne signifie pas que cette personne ne voit pas le mal que les autres commettent, ou ne possède pas de faiblesses personnelles. Cela signifie seulement que, ayant vu la lumière, elle devient une partie de cette lumière. Peu importe que l’obscurité règne dans le cœur des autres, elle a conquis le pouvoir d’être présent et de voir la justice divine agir année après année. Elle peut voir ses frères humains tomber et se relever, elle peut voir les choses qui lui sont les plus chères au monde lui être enlevées, peut-être injustement, mais elle peut toujours dire dans son cœur : « Je sais que mon Rédempteur est vivant1. J’ai vu la lumière de sa vérité et je sais qu’il n’y a pas chez lui l’ombre d’un changement2. Je serai fidèle à Dieu et à mon propre Être Supérieur en étant fidèle à mes frères, aux engagements que j’ai pris et aux principes sur lesquels j’ai fondé ma foi. »
L’homme qui ment de façon persistante à son Être Supérieur et à ses frères humains en rompant volontairement des promesses solennelles n’a aucune occasion d’avancer dans son développement. Tant qu’il n’a pas retracé son chemin, vêtu de sac et couvert de cendres, et réalisé ses promesses, il n’a pas plus de chance de se développer que de sauter par-dessus le Soleil. Il peut s’aveugler très facilement s’il n’est pas fermement accroché au principe de l’unité, mais chaque fois qu’il sépare deux âmes ou plus qui ont bien engagé leur effort pour atteindre la sagesse, il place une barrière sur son propre chemin. Il ne pourra jamais monter une autre marche sur l’échelle de son développement personnel tant qu’il n’aura pas ramené ces âmes au point où elles ont abandonné leur ascension. Cela ne l’aiderait aucunement de jeter son corps au feu, de distribuer toutes ses possessions aux pauvres et de ramper dans la poussière, dans l’espoir d’échapper aux résultats de son action. Rien d’autre que la réparation ne peut suffire. Il a commis le crime impardonnable contre la loi fondamentale de la vie, la loi de l’unité. La gravité de cette offense exige une expiation correspondante.
1 N.D.É. Job 19 25.
2 N.D.É. Épître de Jacques 1 17.
HILARION - Temple 1 - Leçon 94