LA QUALITÉ ESSENTIELLE
Question : Qu’est-ce qui rend un disciple apte au travail exotérique pour la Loge ?
Réponse : L’indifférence, je le répète, l’indifférence. Aussi longtemps que le disciple peut être blessé spirituellement ou empêché de travailler par les attaques, les opinions et les critiques des autres, alors qu’il a fait son meilleur travail, il peut être détourné de sa mission.
Question : La qualité que le monde appelle « la moralité » est-elle essentielle chez un disciple pour accomplir le service le plus élevé ?
Réponse : Toutes les qualités que peuvent résumer les mots vertu, discrétion, tact, honnêteté, etc. peuvent être et sont souvent nécessaires pour servir dans un grand nombre des domaines de la vie. Mais en ce qui concerne le service qui conduit à l’atteinte des dons les plus élevés que la Loge est capable de conférer, la possession d’une seule de ces qualités, ou de toutes ces qualités ensemble, comme le monde les interprète, ne suffit pas pour être admis parmi les disciples acceptés. Ces qualités doivent toutes être incorporées et combinées, et dominées par une autre qualité suprêmement importante, qui persistera lorsque toutes les distinctions basées sur les qualités seront disparues. Ce que le monde appelle « la moralité » d’une personne est en général le résultat combiné d’un certain nombre d’années d’ambition, de compétition et d’adaptation à des idéaux fixés dans la culture de sa race. La qualité essentielle pour le chéla accepté est le résultat d’un grand nombre d’ères d’efforts au sein de races innombrables. La « moralité » peut être perdue par un seul acte non prémédité ou pour avoir cédé à une tentation irrésistible.
Mais la première qualité qu’un Maître recherche, à l’heure où il examine le disciple, est la charité – l’amour de la vie infinie qui englobe toute chose. Lorsque la charité existe, toutes les qualités vraiment désirables apparaîtront inévitablement avec le temps.
C’est seulement par une longue lutte, des souffrances, des sacrifices et un désir indicible que les centres longtemps atrophiés du cerveau humain s’éveilleront et répondront aux vibrations de l’Amour divin. Cette réponse est nécessaire pour que le disciple puisse répondre correctement aux demandes du Maître. Lorsque ce centre sera éveillé et actif, on découvrira que le disciple possède toutes les autres qualités nécessaires pour le service. Céder à la tentation peut plonger un disciple temporairement dans un gouffre dont il s’est échappé, mais la puissance de la qualité qu’il a acquise par sa lutte personnelle le ramènera en lieu sûr. S’il ne possédait que la « moralité » mentionnée plus haut, celui qui tombe dans un gouffre semblable pourrait ne pas s’en sortir dans une seule vie. L’ancien disciple peut souffrir davantage qu’il n’a jamais souffert auparavant pour vaincre dans cette circonstance, mais il vaincra, et c’est la chose importante.
Question : Ayant été averti que le disciple qui va dans le monde pour enseigner les vérités de notre philosophie ou présenter d’autres bonnes nouvelles, doit faire face à des attaques sur la base de ses croyances, le caractère de son Maître ou gourou, la nature ou les moyens de son existence matérielle, que doit faire le disciple pour combattre ces attaques ?
Réponse : Le disciple ne devrait jamais combattre ce genre de critique. Il devrait refuser absolument et de façon persistante de discuter une seule caractéristique extérieure d’une attaque. Il n’est pas envoyé dans le monde pour prouver aux autres la nature, les circonstances, le caractère ou les travaux de toute personne ou tout groupe de personnes avec qui il est lié. S’il est un disciple accepté de la Grande Loge Blanche, il vient avec un message adressé aux humains, malades, fatigués, au cœur atrophié, et qui, pourrait-on dire, se tiennent sur le bord de leurs tombes ouvertes et ne savent même pas que ce sont des tombes, ni qu’eux-mêmes sont morts. Sa mission est d’aider à les ressusciter, ou à les empêcher de descendre dans ces tombes.
Quoi qu’il arrive, et quelle que soit la force avec laquelle les frères de l’Ombre travaillent pour conserver leur emprise sur les « morts-vivants », le disciple devrait s’en tenir à son seul message, et devrait lever son message comme un bouclier face à toutes les armes utilisées pour le blesser ou pour nuire à son travail. Il devrait essayer de montrer à ses auditeurs la nature des méthodes utilisées par les frères noirs pour embrouiller les questions et handicaper son travail en faisant dévier l’esprit du sujet fondamental qu’est le message. Il doit s’identifier au message. Le message doit dominer sa nature et ses auditeurs. Le message doit s’enfoncer si profondément dans son âme que son poids et son importance transportent l’âme jusqu’au cœur de l’Infinité et le ramènent chaque fois qu’il est exprimé.
Lorsque les gens du monde en viennent à reconnaître l’impersonnalité, la compassion et le désir de service désintéressé du disciple, ils feront comme ils ont toujours fait, c’est-à-dire « suivre comme des moutons » le disciple qui a été fait leur maître par la force de son dévouement à leur égard, individuellement et collectivement.
Le disciple ne devrait jamais oublier ceci. Il ne devrait jamais se laisser dévier un seul moment. Parce que, à ce moment-là, toutes les forces mauvaises du côté négatif de la vie, déjouées jusque-là par ses actions, peuvent l’abattre et le forcer à reprendre encore une fois la terrible ascension. L’imminence du danger et l’importance des questions devraient constituer pour chaque Templier un appel à se hâter.
1 – N.D.É. Une variante de cette leçon a été publiée : voir leçon 98.
HILARION - Temple 3 - Leçon 466