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LA PUISSANCE DE LA CELLULE CENTRALE

Je vous demande de mettre de côté toute opinion que vous pouvez avoir formée par ouï-dire en ce qui a trait à tout membre du personnel officiel du Temple, et, pour le bien de vos frères humains souffrant dans le monde ainsi que pour votre propre bien éternel et votre développement personnel, de vous poser les questions suivantes :

Avez-vous déjà lu ou entendu dire quoi que ce soit concernant la promotion d’une personne à un poste d’honneur ou de pouvoir, qui n’ait pas eu pour effet de susciter l’envie, la haine ou la jalousie d’une ou de plusieurs personnes qui désiraient ce poste particulier pour elles-mêmes ou pour un de leurs amis ? Peu importe la valeur et la compétence véritables de la personne promue, n’avez-vous pas vu que les actions et les paroles les plus simples et les plus naturelles de cette personne ont été exagérées et déformées au-delà de toute vraisemblance par ces dernières ou par d’autres qui n’étaient pas en mesure de juger équitablement ?

N’avez-vous pas trouvé dans toute la nature, dans tous les aspects de l’évolution, de l’atome jusqu’à Dieu, dans toutes les étapes ou toutes les différenciations de la vie une et éternelle, aussi loin que votre observation pouvait s’étendre, qu’un point unique, une cellule, un organe, une personne, une nation, une étoile (un soleil), est le centre d’attraction et de distribution pour l’action des forces d’évolution qui sont en train de créer ou qui ont créées non seulement la circonférence de la forme de ce grand mystère, mais tout ce qui existe entre ce centre et la circonférence ?

C’est la nature de la tâche attribuée à ce centre par les Seigneurs du Karma et le plan où cette tâche doit être réalisée, qui détermine si ce centre est visible ou invisible, mais sa fonction est toujours la même.

Avez-vous déjà vu une révolte, le rejet de l’autorité légitime, l’usurpation des prérogatives justes, le refus des directives nécessaires, bref, une atteinte au centre de l’action ou sa destruction, qui ait produit un autre résultat que la désintégration de la masse, des souffrances mentales et physiques, et la perte d’une occasion de progrès pour un grand nombre de ceux qui s’en approchaient ?

Toute l’histoire de la race humaine, aussi loin qu’on la connaisse, et toutes les étapes et toutes les formes de la nature ne nous enseignent-elles pas cette grande vérité ?

Cette rébellion, cette révolte et cette désobéissance ne sont-elles pas la cause sous-jacente de toutes les souffrances humaines, du retard de développement et de la poursuite de la guerre entre les nations et entre les hommes ?

Toutes les entreprises couronnées de succès dans les secteurs des affaires, de l’administration publique et de la vie familiale, ainsi que tous les phénomènes naturels de niveau inférieur nous montrent que si limité que soit le noyau, le centre de construction, s’il se trouve dans sa bonne position karmique, sa destruction prive l’ensemble de la structure dans laquelle il se trouve du véhicule qui lui permettrait d’attirer et de distribuer les forces nécessaires à sa construction et à son soutien. Ce sont la protection et le soutien de l’ensemble qui permettent au centre de travailler en harmonie avec toutes les molécules de la structure organique, et de leur transmettre ce que lui seul peut leur donner. Aussitôt qu’une unité d’une masse donnée atteint un point de développement où elle devient un instrument reconnu, capable de diriger des unités inférieures au profit de la masse tout entière, le noyau central, en conformité avec la loi supérieure qui gouverne la masse dans son ensemble, doit employer les services de cet instrument et mettre tout en œuvre pour assurer son progrès et le placer là où il peut être le plus utile au plus grand nombre. Ne pas agir ainsi serait mettre en danger et éventuellement détruire la structure tout entière dont ce noyau est une partie constitutive, parce que l’évolution s’effectue selon des principes strictement mathématiques. Le fait que l’homme ignore ou rejette cette loi constitue la principale cause de toutes les terribles et inhumaines formes de gouvernement et de corruption politique dans le monde actuel.

Il est facile de démontrer que toute cellule, toute personne qui refuse de remplir son devoir et essaie de remplir celui de quelqu’un d’autre, ou qui attaque, minimise, ou critique l’autorité confiée par la nature à la cellule centrale, le générateur électrique, le récepteur et le transmetteur des forces de construction, devient une source de danger pour la masse tout entière. En effet, cette cellule devient une voie à travers laquelle les forces destructives peuvent travailler, au lieu des forces constructives. Elle devient par conséquent l’ennemi commun de tous les éléments constitutifs de cette masse, quelle que soit sa nature.

La cruauté de l’homme pour l’homme est rarement le résultat d’un désir inhérent de cruauté. La cause normale est presque invariablement l’intérêt matériel personnel. Mais si coupable que puisse être cet homme, s’il n’a pas été découvert, il va toujours ressentir un léger sentiment de satisfaction lorsqu’une autre personne coupable est punie, à moins qu’il ne reçoive également cette punition. Ces caractéristiques sont parmi les premières qui doivent être éliminées du véritable disciple de la Loge.

Il est impossible de faire sur un Initié des pressions suffisantes pour le persuader d’abandonner à la merci de ses pairs toute pauvre âme qui a péché contre lui personnellement. Il sait que même si le châtiment peut prendre du temps à se manifester, le coupable le recevra par le moyen de la Loi des lois. Mais même si ce coupable devait éviter de payer cette dette, l’Initié ne tolérerait rien d’autre que du regret pour la faute.

Si la foudre et le tonnerre, le feu et les tremblements de terre pouvaient éveiller et retenir l’attention de l’homme rebelle satisfait de lui-même suffisamment longtemps pour qu’il entende la petite voix tranquille du silence qui suit toujours une tempête, et qu’il voie la lumière de la torche spirituelle qu’il transporte sans le savoir, cette torche de la sagesse divine, il comprendrait qu’il a lui-même, dans sa folie et son ignorance, attiré à lui la tempête et le feu, la tristesse, la perte et la déception, en refusant d’obéir à la loi. Un court cycle de causes et d’effets serait alors complété, et il aurait appris tout ce qu’il a fait : il a lui-même assassiné les personnes qu’il aimait ; il a posé les mèches et transporté les explosifs, les germes des maladies contagieuses, le poison, le couteau, la dague ; il s’est blessé lui-même et a détruit des milliers de ses frères humains, aussi malheureux et pitoyables que lui ; il en a blessé et mutilé d’autres, et il a attiré la famine et la pestilence. Ce qui est encore pire, il a détruit par ses caprices la voie par laquelle les forces créatrices doivent passer pour fournir les véhicules qui attireraient à la Terre et feraient s’incarner les âmes capables de le libérer de son esclavage et de lui enseigner à travailler intelligemment avec les grands, les immuables principes de la nature. Il pourrait alors complètement éliminer de la face de la Terre toute méchanceté volontaire et donner aux divines vies de feu l’élan nécessaire pour que se répande la nouvelle de la venue d’un Peuple Nouveau revivifié, pardonné et rempli d’indulgence, infiniment grand et glorifié, dans un rayon de lumière blanche qui éclairerait tous les endroits sombres de l’univers. Mais avant que même l’idéal de cette fin puisse devenir l’objectif reconnu de l’ensemble de l’humanité, un nombre infini d’entre eux doivent descendre dans la grande noirceur. L’artiste, le rêveur, le scientifique, tous ceux qui ont perçu une partie de cet idéal, doivent payer le prix d’avoir osé sous-estimer l’importance des dieux matériels qui leur ont demandé de les adorer, et qui, devant leur refus, les sacrifieront comme ils ont sacrifié tous ceux qui ont refusé de se dévouer à Mammon et à la force brute dans le Manvantara actuel.

L’homme n’a jamais accepté, et n’acceptera jamais l’idéal le plus élevé de l’humanité – la fraternité de l’homme – comme digne de sa dévotion, jusqu’à ce que l’égoïsme, la pauvreté et la souffrance ne l’y ait conduit, au moins jusqu’au point où il reconnaisse la valeur de cet idéal et se place généreusement, avec sa propre substance, au service de l’autre, pour aider sa réalisation. Peu importe le bien qui peut en résulter pour le monde dans son ensemble, à moins de voir une façon d’obtenir personnellement les mêmes avantages que pourraient fournir des entreprises associées, l’homme moyen est incapable de réprimer la jalousie éveillée en lui par la pensée que cet idéal n’est pas le sien. Cette limite qui est en lui le garde à la périphérie de la vie, le force à suivre la ronde épuisante de la grande roue d’une vie à l’autre. Il ne se sent pas attiré par les vibrations du centre, parce qu’il s’est placé lui-même si loin du centre. Comme il ne sent en lui-même aucune force de résistance, les vibrations du centre se fixent dans un matériau plus dense, une sorte de substance qui forme la circonférence. C’est là qu’il doit rester jusqu’à ce qu’il apprenne qu’il ne doit pas faire de tort à ses frères humains, ni par ses paroles, ni par ses pensées, ni par ses actions, et qu’il se libère lui-même de l’action du karma – jusqu’à ce qu’il apprenne qu’il doit lui-même ouvrir les voies qu’il a fermées entre lui et le noyau central de la cellule du monde auquel il appartient. Comme ces voies passent dans couche après couche et plan après plan des cellules inférieures, ou corps organisés, auxquels il est lié par des liens éternels, il doit devenir capable de s’harmoniser avec tous ces corps avant que les courants d’évolution de la vie puissent couler sans obstruction et à pleine force depuis le centre jusqu’à la périphérie de son individualité à travers les voies ainsi ouvertes, et à travers lesquelles il sera lui-même attiré jusqu’à la source de son être, lorsqu’il retournera à son domicile et au cœur de son Père, où le festin pour l’enfant prodigue est prêt et attend son arrivée.

HILARION - Temple 1 - Leçon 68