LA LOI DU RYTHME
L’idée de mettre en relation la « loi du rythme » avec la « loi des cycles » ne se présentera pas au penseur moyen, bien que ces lois soient les filles aînées jumelles du « Père-Mère » universel – le Mouvement. Chaque vibration de l’ensemble de la matière des quatre règnes de la nature s’exécute en un rythme parfait – en un dévouement inconscient à la loi divine. Aussi minuscules que puissent être l’atome, la molécule, la cellule ou l’instrument de la force ou de la substance, l’énergie fohatique qui les a contraints à une expression extérieure a mis en place un mouvement de balancier, vers l’intérieur et vers l’extérieur, dans une exacte proportion autour de leur centre ultime. Si cette proportion est changée, il se produit une modification dans la constitution de la force ou de la substance impliquée. Si cette proportion est accrue ou décrue au-delà d’un certain degré fixé, une condition non naturelle se développe – non naturelle pour l’objet concerné. Par exemple, s’il était possible à l’homme d’accroître le mouvement de masse commun aux cellules du cœur au delà d’un degré défini, ce cœur disparaîtrait entièrement du corps physique, pour autant que les sens physiques soient concernés. Si le mouvement était diminué, l’effet serait aussi prononcé. Ainsi au lieu de voir le cœur se manifester aux sens psychiques sur le plan astral supérieur, comme ce serait le cas dans le premier exemple, il se manifesterait aux mêmes sens, mais sur le plan astral inférieur. Ce qui est vrai pour le cœur l’est également pour tout atome de matière.
La différence entre la « loi des cycles » et la « loi du rythme » réside dans les directions – les différents parcours – prises par l’énergie ou l’objet dans l’accomplissement d’un but donné. La « loi des cycles » dirige certaines formes d’énergie et de matière selon une course circulaire ; la « loi du rythme » incite les degrés de matière à agir en un mouvement d’avant en arrière et fixe les limites de ce balancement. La « loi des cycles » dirige l’énergie vers les canaux circulaires requis ; la « loi du rythme » dirige la course de la force – et de la substance – à l’intérieur de ces canaux.
Nous trouvons dans la musique la meilleure illustration de la « loi du rythme » et de la « loi des cycles ». La « loi des cycles » gouverne le temps ; la « loi du rythme » gouverne la longueur de l’intervalle entre les sons. La « loi des cycles » détermine la longueur de la vie d’un homme ; la « loi du rythme » dirige les qualités actives dans les intervalles entre les différents changements de cette vie, comme par exemple la direction des changements qui se produisent dans les intervalles entre l’enfance, l’adolescence, l’âge mûr, et la vieillesse. La « loi du rythme » dirige l’acte de respirer par son action de va-et-vient sur les cellules des centres de la respiration ; la « loi des cycles » dirige la course des constituants de l’air attirés dans les poumons par la respiration ainsi que la course du courant sanguin alors qu’il entre et quitte le cœur, et elle réalise cette action de la même manière qu’elle dirige la course des planètes dans leur orbite autour du Soleil.
Ces illustrations simples de l’action de ces deux grandes lois universelles peuvent apporter quelque confusion aux jeunes étudiants, mais c’est seulement en rapportant les vérités complexes à des exemples concrets qu’il est possible de donner au mental une forme connaissable que, par conséquent, ce dernier peut utiliser pour résoudre certains des mystères de la constitution de la matière, à la fois d’un point de vue intérieur et extérieur. La respiration du néophyte avancé est à dessein intelligemment régulée au moyen de cette connaissance de l’action de la « loi du rythme » afin d’atteindre un objectif précis. Une fois que les mystères de la « loi du rythme » et de la « loi des cycles » sont relativement compris, la complexité de la constitution de la substance-matière des quatre plans les plus inférieurs des sept plans de la vie s’éclaircit.
La sève faiblement colorée de l’érable à sucre ressemble peu au sucre brun dur qui se forme suite à l’ébullition de cette dernière. La consistance de la sève change graduellement selon l’intensité et le temps pendant lequel la chaleur – la vibration – est appliquée. Les différents plans de matière sont différents degrés de condensation de l’éther – la sève universelle du monde. Au moyen des quarante-neuf feux, cet éther se condense en formes grossières ou subtiles – ou degrés de substance –, mais toutes sont soumises à la « loi du rythme » et à la «loi des cycles» ainsi que le sont les objets de l’exemple précédent.
Vous trouverez de nombreux autres exemples plus exacts de ces mêmes vérités dans d’autres types de littérature ; mais lorsqu’ils sont libérés de tout enrobage et termes techniques, ils véhiculent les mêmes vérités fondamentales que celles révélées ici.
Il n’est pas chose difficile de prouver à sa propre conscience, sans entrer dans les détails, la sensation remarquable éprouvée suite à la pratique continue d’une forme particulière de respiration rythmée. Il est ainsi possible de saisir quelque concept relatif aux effets produits par le rythme sur un monde ou un univers constamment soumis à l’action du rythme dans chacun des atomes qui constituent sa forme.
Quelle que soit la durée d’un son, il doit survenir à un moment donné un intervalle entre ce son et un autre de même origine. Si votre sens de la vue est suffisamment développé, vous verrez le flash de lumière qui succède immédiatement au son, et qui remplit l’intervalle entre ces deux sons. Ces flashes de lumière sont la clé de l’action de la « loi du rythme ». La capacité de régler le pouvoir de l’énergie – la lumière – ainsi précipitée, et par conséquent de régler les intervalles correctement – les vibrations rythmiques appropriées, lorsque le son doit être utilisé afin d’accomplir quelque but défini par un occultiste entraîné –, donne à ce dernier un avantage considérable sur les autres personnes.
HILARION - Temple 2 - Leçon 168