LA JONCTION
Il n’est pas difficile pour l’être humain normal de percevoir les contours, les utilisations et les possibilités d’un produit fini, mais il est effectivement difficile de percevoir le modèle et le but d’un objet inachevé à travers une seule de ses parties, et pourtant l’occultiste est souvent amené à le faire. Lorsque l’individu moyen essaie de formuler quelque idée concernant le plan physique, son mental se tourne naturellement vers les formes visibles et objectives de son petit monde. Il ne lui vient pas à l’esprit qu’il existe un état réel de la matière, un univers en soi, juste en-dessous et un autre juste au-dessus du plan physique, dans lesquels se produisent constamment l’ensemble des changements qui font de ce monde ce qu’il semble être à ses sens. Ces plans intermédiaires ou états de matière ne sont pas ceux auxquels le terme « astral » a été appliqué de manière confuse, mais ils sont exactement ce que le terme « intermédiaire » implique. C’est au sein de ces plans que se produisent toutes les activités vibratoires qui changent la substance d’une forme en celle d’une autre, et ces changements s’opèrent sous la direction de lois définies qui leur appartiennent uniquement et qui sont totalement soumises aux Constructeurs divins de la forme. Il existe une certaine correspondance entre les harmoniques partiels des sons musicaux (harmoniques supérieurs et inférieurs) et les plans intermédiaires, tout comme entre la vie et la mort, entre le feu et la flamme, etc. Pour la personne qui fait un rêve ou pour le voyant, les phénomènes des plans intermédiaires sont observables au moyen des sens psychiques, mais aucun d’eux n’est capable de ramener aux sens de l’état de veille la conscience des processus de changement ou des lois qui les gouvernent. Ils peuvent percevoir le changement presque immédiat au sein d’une forme ou d’une autre : par exemple, un visage bien connu pourra changer de forme et de caractéristiques, le mur d’un immeuble pourra se réduire en miettes et se reformer selon différentes lignes, des chemins très compliqués comme dans un labyrinthe pourront conduire les uns aux autres ou se croiser sans cause apparente, des villes entières pourront se transformer en d’autres villes alors qu’il ne semble exister aucun but à cela ni rien à gagner à ces changements. Mais, si les yeux physiques ou astraux pouvaient percer ces plans, sur lesquels les changements ont été engagés et réalisés, et que l’Ego humain pouvait guider les forces élémentales qui produisent ces modifications, le processus de changement d’une qualité, caractéristique ou trait indésirables en une forme plus acceptable serait plus aisé que ce n’est le cas actuellement au moyen des méthodes moins rapides de la nature non dirigée.
Une jonction est un point où deux lignes ou plus se rejoignent, et le terme semble particulièrement juste pour désigner un plan intermédiaire.
L’idée d’une quatrième dimension de l’espace est couramment acceptée, mais on ne comprend pas aussi bien qu’il puisse y avoir une cinquième, une sixième, et une septième dimension de l’espace. On ne comprend pas plus le fait que ces dimensions sont en réalité des jonctions entre des états définis ou plans de substance dans lesquels s’accomplit l’évolution de l’âme humaine.
La quatrième dimension de l’espace, le « dedans de la matière », comme on la nomme parfois, ainsi que le premier plan intermédiaire au-delà du plan physique sont identiques. L’instabilité de la matière est un fait bien reconnu, mais il ne fait pas partie de la connaissance courante qu’il existe un point défini, ou lieu, au sein duquel l’impulsion du changement de forme est donnée – le passage d’un état de vibration à un autre – et où ce changement s’accomplit. Les changements qui se produisent sur le plan physique prennent place dans les cellules de la forme objective et apparaissent finalement dans quelque modification de cette forme. Les changements qui prennent place dans la substance des corps mental et astral se produisent d’abord dans la molécule et l’atome, mais il faut se rappeler que ces changements sont engagés et produits sur les plans intermédiaires, entre les plans « complets » sur lesquels la substance se trouve stabilisée à un degré plus élevé.
Pour les yeux physiques, des changements tels que ceux qui se produisent dans les formes extérieures semblent être quelque peu dépendants du temps. Mais le temps n’est pas un facteur dans ces processus qui se déroulent sur les plans intérieurs. C’est seulement sur les plans intermédiaires que les Initiés, les grands Maîtres, accomplissent leurs apparents miracles, et c’est sur ces mêmes plans que l’ego humain doit travailler, consciemment ou non, pour modifier n’importe quelle partie de sa nature. Si l’homme physique désire réaliser ces changements plus rapidement et plus intelligemment qu’ils ne sont effectués par la nature, il doit s’efforcer d’identifier le mental inférieur au Mental Supérieur, afin de devenir capable d’observer l’action des lois contrôlant la substance sur l’ensemble des plans intérieurs, parce que ces lois diffèrent grandement de celles qui gouvernent la matière dont les taux vibratoires sont inférieurs.
Chaque qualité ou caractéristique dans la nature de l’homme a pris sa forme définie dans l’aura d’un individu, et elle est sujette au changement. Ainsi qu’il a été dit auparavant, des changements peuvent être réalisés par l’être humain mais, pour cela, il doit comprendre un peu des nuances de la forme, et la signification et les subtilités de la courbe et de l’angle, de la ligne et du carré – de profonds mystères que seul le Soi Supérieur peut élucider. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’homme doit faire tous les efforts possibles afin de parvenir à l’identification nécessaire avec le Soi Supérieur.
Chaque effort conscient effectué lui permet de faire un nouveau pas vers le but. Et le pas qui le conduit à prendre conscience des plans intermédiaires, ou jonctions mentionnées plus haut, et sur lesquels le travail réel du changement de la forme se réalise, est un pas extrêmement important.
HILARION - Temple 2 - Leçon 195