LA GRANDE ÉPREUVE
Chaque âme humaine finit par subir une sévère épreuve, une épreuve qui appartient exclusivement aux plans d’opération où l’âme fonctionne présentement. Elle apparaît de la même façon au soi physique, mental, astral et spirituel, et elle arrive au moment du plus grand besoin de chacun. Elle se présente sous diverses formes, selon la nature du plan d’opération. Cependant, dans chacun des cas, l’âme est éprouvée par un désir de nature à peu près semblable, quelle que soit la façon dont le désir s’exprime ou est compris par le mental inférieur.
Il est dit que le diable transporta Jésus sur une haute montagne et qu’il lui montra tous les royaumes de la Terre en lui disant : « Tout cela, je te le donnerai si tu te prosternes devant moi pour m’adorer.1 » Pour atteindre cet endroit élevé, l’émissaire de la Loge Noire a du libérer l’âme humaine de Jésus et ouvrir sa vision à la lumière astrale, avec toutes ses réflexions des soleils, des étoiles, des planètes et des races de l’humanité. Alors il a dit : « Tout cela a été remis entre mes mains et je le donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, tout cela sera à toi.2 »
Mais le Soi Divin de Jésus a reconnu, non seulement l’inanité du cadeau, mais le fait que celui qui prétendait le donner était impuissant à l’accorder. La substance réelle de ces réflexions, en d’autres mots la vie des âmes (les créations) dont il ne vit que les réflexions, procède du Père. Et le Père et Jésus (le Fils) étant « un », toutes choses étaient déjà siennes. Le pouvoir par lequel Satan allait tenter Jésus, Jésus le possédait déjà. Cela faisait partie de son droit de naissance, tout comme il fait partie du droit de naissance de toutes les autres âmes humaines.
La différence entre l’âme pleinement évoluée et celle qui est moins développée à cet égard réside entièrement dans la capacité de l’une de reconnaître la possession de ce pouvoir et de l’exercer, et dans le manque de ce pouvoir de reconnaissance chez l’autre. Une capacité semblable ne peut jamais être détenue par l’âme jusqu’à ce qu’elle subisse la dernière épreuve, car le pouvoir est latent jusqu’à ce qu’il soit appelé à se manifester activement, lorsque l’émissaire satanique dit effectivement, d’abord à l’âme physique : « Adore-moi, je suis la démonstration, le moyen par lequel et à travers lequel toute cette convoitise pour les choses impures, cette soif d’auto gratification, ce désir de richesse matérielle qui s’insinue actuellement dans la nature inférieure peuvent être satisfaits. Moi seul peux te les donner. »
À nouveau, le même émissaire sous d’autres atours vient à l’âme astrale et offre une version plus raffinée de la même gratification : beauté exquise, satisfaction des yeux et des oreilles, satisfaction des formes plus raffinées de la même convoitise charnelle, des joies plus en accord avec la nature subtile sensuelle du corps astral.
Puis il revient auprès de l’âme spirituelle : « Toutes ces choses, la satisfaction de tous tes désirs supérieurs, le pouvoir sur tout ce qui est au-dessus et au-dessous de toi, la majesté de Dieu, la gouverne des pouvoirs du mal – tout –, tout ce que l’univers tient en réserve sera tien si tu te prosternes et m’adores. »
Ah ! lorsque vient cette heure, l’épreuve suprême est amorcée. Pensez à la possession du pouvoir de satisfaire pleinement le désir de remédier à tous les maux existants, de changer tout le mal en bien, le pouvoir de vie ou de mort sur tous les êtres sensibles, le pouvoir de régner en maître sur les anges et les démons – et tout cela en échange d’une chose si petite en apparence, juste la reconnaissance de l’existence de Dieu et de son pouvoir sur le mal.
Mais avec le « Hors de ma vue Satan ! » que prononce l’âme éprouvée, tout le pouvoir jusqu’ici latent que ce dernier a promis, sans avoir la possibilité de le donner, surgit et s’active. Ensuite, vient la pleine reconnaissance de l’unité de l’âme avec la grande âme Père-Mère, la réalisation de son état « d’enfant de Dieu », l’évaluation juste et vraie du caractère démoniaque illusoire des choses auxquelles elle a renoncé, puis aussi l’amour qui transcende tout autre amour, amour pour toutes les choses et toutes les créatures animées par la Divinité. Elle a tout reçu de la Divinité. Elle a tout reçu en donnant tout. Et jamais, jusqu’à cette heure, l’âme humaine « fille-de-Dieu » n’a pu connaître la paix, la plénitude des promesses faites à ses ancêtres divins.
1 N.D.É. Évangile de Matthieu 4 9.
2 N.D.É. Évangile de Luc 4 6-7.
HILARION - Temple 2 - Leçon 258