LA FAMILLE SOLAIRE
Les astronomes ont calculé que notre famille solaire – le système dont la Terre fait partie – a une circonférence de plus de quatre-mille-huit-cent-vingt-huit millions de kilomètres. Cette entité de groupe ou âme de groupe n’est cependant qu’une molécule dans un univers d’autres systèmes solaires semblables qui tous, il est raisonnable de le croire, sont gouvernés par les mêmes lois que celles qui gouvernent inexorablement les forces et la matière de notre propre système. Le Soleil de chacun de ces systèmes peut être considéré comme le Maître-Père des mondes qui tournent autour de lui. Il est en fait le Soi Supérieur du système – ce centre commun dont tout ce qui est tire sa vie et son inspiration à être. Les planètes ont une tendance naturelle à tomber dans le Soleil – à devenir une partie de lui –, mais la loi des polarités entre en jeu et une force de répulsion les éloigne du Soleil jusqu’à ce qu’elles atteignent leur aphélie (le point de leur orbite qui est le plus éloigné du Soleil). Ensuite, elles recommencent à se rapprocher – c’est le désir ou l’aspiration, comme on pourrait l’appeler, de la vie planétaire de se rapprocher aussi près que possible du Maître que son développement le lui permet.
Il en est des hommes comme des planètes. La Grande Loge des Maîtres est le Soleil Central autour duquel toutes les âmes évoluent jusqu’à ce qu’elles soient si perfectionnées qu’elles seront attirées à l’intérieur et en deviendront une partie constituante. Dans son orbite elliptique, il y a des périodes récurrentes au cours desquelles l’âme est plus près des Maîtres qu’à d’autres moments ; alors, la réaction se produit et l’âme est tirée en arrière jusqu’à ce que la tension soit suffisamment forte pour la ramener vers la Sphère Centrale de la Lumière. Il est naturel que des qualités et caractéristiques différentes distinguent les âmes qui s’approchent de la Loge de celles qui, remplies de la force qu’elles ont tirée de leur proximité avec elle, s’en éloignent. Les unes sont remplies d’une force qui les attirent vers l’intérieur tandis que les autres ont une force qui les attire vers l’extérieur. Les unes sont amenées par une force centripète, les autres éloignées par une force centrifuge, ce qui, en d’autres mots, désigne simplement une force attractive et une force répulsive. D’où la nécessité de la plus grande charité et de la plus grande tolérance pour les opinions, croyances et modes de vie des personnes qui nous entourent et dont l’orbite croise la nôtre dans la vie de tous les jours. Pour comprendre un homme ou une femme, nous devons comprendre dans quelle direction l’âme voyage dans son orbite par rapport au Centre de l’Être. Là encore, certaines âmes sont simplement des satellites d’autres âmes ; elles tournent autour d’un centre mineur et sont emportées par l’orbite que décrit ce centre.
Trop de vie va tuer aussi sûrement que trop peu. Une planète doit recevoir la plus grande quantité de force et d’énergie du Soleil lorsqu’elle se situe à la périhélie ou point le plus rapproché de son circuit orbital autour du Soleil. Si la force de répulsion n’entrait pas en action au point de périhélie pour amorcer le retrait et éloigner la planète du Soleil, cette dernière serait blessée par l’excès de vie déversée en elle à un endroit aussi rapproché. En s’éloignant du Soleil, cependant, elle a l’occasion de s’ajuster et d’assimiler les forces qu’elle a reçues. La même loi prévaut chez les êtres humains dans leurs relations et contacts avec les Maîtres-Forces – qui sont aussi des Soleils de Lumière et de Vie. Toute personne qui s’approche trop d’eux – ou plus près que ce que leur force, leur statut dans l’évolution ou leur karma le permet – subit des dommages irréparables. Dans ces cas, la réaction peut être si puissante que l’âme impliquée peut devoir toucher les enfers les plus bas avant que la force de la réaction soit épuisée et qu’elle puisse ressentir la première impulsion de s’envoler pour retourner vers les sphères et les courants élevés de la vie.
« Tous les chemins mènent à Rome. » D’innombrables sentiers mènent à Dieu. Ce n’est pas nécessairement celui qui se dit étudiant de l’occultisme qui fait les progrès les plus sûrs et les plus rapides sur le sentier. La connaissance des termes occultes et des opinions publiées d’autrui sur des sujets ésotériques ne vous fera pas avancer d’un seul centimètre sur le sentier. La véritable connaissance intérieure ne vient que de l’expérience. L’artiste, le musicien, l’inventeur, le scientifique et l’artisan acquièrent cette connaissance intérieure en se consacrant à leur travail ou à leurs études. Aussi grande ou humble que soit la tâche en apparence, si elle est accomplie dans un esprit adéquat, les liens nécessaires se forgent qui un jour connecteront le mental cérébral et l’âme, et ouvriront au mental des aperçus de l’infinitude. Le travail correct, la pensée correcte, le long des lignes des tâches à accomplir, tout cela prépare dans l’aura des degrés précis de substance qui agissent comme conducteurs ou canaux pour que les forces intérieures et latentes se manifestent. L’occultisme juste n’exige pas d’une personne qu’elle connaisse le nom de l’âme en sanscrit ou en toute autre langue, et il n’exige pas non plus de garder en mémoire la nomenclature des sept sphères ou Lokas, Talas1, principes, etc. L’occultisme juste exige cependant que le cœur soit à la bonne place – harmonisé au grand hymne de la fraternité – et que le néophyte prenne conscience de plus en plus que personne, pas une créature ni une molécule de matière dans l’univers – aussi vile puisse-t-elle être en apparence – n’est indigne de son attention et de son amour, et que tout sera un jour racheté – ramené à la source d’où tout était avant la chute.
1 – N.D.É. Lokas et Talas : On demanda à H.P.B. si chaque personne devait passer par les quatorze états ; elle répondit que les Lokas et les Talas représentaient, sur cette Terre, des plans, par quelques uns desquels tout le monde devait passer ; mais que, dans sa marche vers l’adeptat, le disciple devait les traverser tous. Tout le monde passe par les Lokas inférieurs, mais pas nécessairement par les Talas correspondants. Il y a deux pôles en toutes choses : sept états dans chaque état.
HILARION - Temple 3 - Leçon 547