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LA DISSONANCE

Lors de l’étude le la musique au siège du Temple, le sujet de la « dissonance » a été introduit dans une discussion, et il s’est avéré qu’il était d’une importance telle qu’il fallait obtenir autant de lumière que possible sur ce sujet. Par conséquent, les questions suivantes furent posées au Maître lorsqu’une occasion s’est présentée, questions auxquelles il a répondu dans une leçon que nous donnons dans son intégralité, accompagnée de quelques commentaires du Gardien en Chef.

  1. Qu’est-ce que la dissonance ?
  2. A-t-elle des polarités ?
  3. Quelle est son action sur les qualités ?
  4. Est-elle bonne ou mauvaise dans ses résultats ?

La dissonance actionne la clé de la dissociation des atomes de la substance matérielle. La loi divine utilise la force de la dissonance pour réduire un état de substance en un autre. Vous ne pourrez pleinement atteindre la compréhension de son utilisation qu’en étudiant ses effets naturels sur les formes matérielles, les gens et les choses. C’est l’utilisation qui en est faite qui détermine son caractère bon ou mauvais, ses effets sur les qualités.

La dissonance résout l’harmonie en discordance, l’amour en haine, la paix en conflit. L’harmonie en musique peut apaiser l’esprit et le corps, et créer ainsi une fausse sensation de sécurité. La dissonance peut aussi conduire l’esprit et le corps à l’action. Le résultat final de son action peut ne pas être souhaitable, ou s’avérer exactement le contraire. Ainsi vous ne pouvez dire véritablement que la dissonance, l’harmonie ou la discordance sont bons ou mauvais en soi.

La dissonance est une force, c’est-à-dire qu’elle permet le passage d’un état d’énergie vers un autre. L’harmonie est un état de conscience. La dissonance peut transformer la discordance en harmonie. Cependant, comme la discordance est également un état de conscience, elle peut aussi être fortement influencée par la dissonance.

Ayant complété sa gamme – le terme de son action triple –, la dissonance peut alors inverser le cours de son action ; l’aspect positif de son action peut ainsi favoriser l’atteinte de son but, puis retourner à son point de départ. De ce point, l’aspect positif peut alors résoudre la discordance en harmonie, l’harmonie en amour, et l’amour en unité – le terme de sa ligne d’utilité au travers d’un cycle objectif.

Par elle-même, la dissonance est sans tonalité, bien qu’elle puisse être utilisée pour donner le ton. Pendant certaines périodes définies d’un Manvantara, lorsque l’aspect positif de la force est actif de manière prééminente, le pouvoir d’action perturbateur et désintégrateur est pour ainsi dire libéré et orienté sur ces phases ou lieux d’un univers ou d’un monde, selon le cas, qui ont atteint leur apogée – le sommet de leur course spiralée. La loi divine utilise alors la dissonance pour mettre en pièces les anciennes formes jusqu’à ce qu’une autre période du cycle soit atteinte, où la course d’action sera à nouveau inversée, tournée vers la reconstruction et l’intégration de la matière primordiale sur laquelle elle agit, matière qui se trouve alors dans un état de changement, vers l’apparition d’une forme définie.

La dissonance n’est rien par elle-même ; c’est seulement par son utilisation qu’elle peut être rendue manifeste. La présente période de ce Manvantara offre l’opportunité de libérer les pouvoirs de désintégration, et la dissonance dans tous les domaines de la vie et de l’action joue un rôle extrêmement vital.

Considérons ce qui suit pour illustrer la nature et l’objectif de la dissonance.

La loi divine – Dieu en action – promulgue un décret et prononce le « Verbe Créateur » : c’est-à-dire qu’elle fait retentir la note fondamentale1 – un certain taux de vibration. Si ce décret doit influencer défavorablement les conditions qui prévalent et que le changement doit prendre place à l’intérieur des limites d’une condition ou d’un état harmonieux et équilibré, la force ou l’énergie devant jouer le rôle clé dans l’élaboration de ce changement devra s’opposer négativement à la condition ou à l’état harmonieux neutre, et aura pour résultat de changer cet état en un état discordant et inharmonieux.

Le décret divin promulgué fera entendre la note fondamentale nécessaire au changement du rythme vibratoire de cet état, c’est-à-dire qu’il diminuera le taux vibratoire actif jusque-là. Ce qui produira le changement nécessaire sera la force de dissonance. Cette force sera suscitée lors de la promulgation du décret et du dessein divins ; la méthode et les moyens d’exécution opéreront simultanément.

Lors d’une période de tout grand cycle pendant laquelle la force de dissonance est la plus active, on peut voir qu’il existe dans l’ensemble des domaines de l’art, de la musique, de la littérature, de l’invention, ainsi que dans celui de la vie familiale et nationale, une forte tendance allant dans le sens de la désagrégation des vieilles formes, d’une discordance importante et de beaucoup de frictions. Dans la religion, cela se manifeste par une perte de la foi et par un accroissement du doute ; dans les gouvernements, par un affaiblissement du respect des lois chez les masses ; et dans la croûte terrestre, par de nombreuses perturbations sismiques et volcaniques.

Lors d’une autre période plus tardive du même cycle, tout ceci pourra être inversé. On peut espérer que la différence entre la discordance et la dissonance pourra être reconnue, et que l’humanité pourra apprendre à utiliser la force de dissonance d’une manière bénéfique plutôt que de l’utiliser contre son avantage personnel – comme c’est largement le cas actuellement.

Commentaires

Si j’ai lu correctement cette leçon, les termes « dissonance », « harmonie » et « discordance » sont utilisés dans un sens plus large et plus général que celui pour lesquels ils sont employés généralement. Les mots « dissonance » et « Satan » peuvent être, jusqu’à un certain point, interchangeables.

Lucifer – Satan –, l’ange éclatant banni des cieux en raison de son orgueil et de sa désobéissance, a apporté la peine et la souffrance à la race humaine. Mais, le résultat de cet acte est que l’être humain est finalement en train d’évoluer vers un état bien supérieur à ce qui aurait été autrement possible.

Si l’interprétation du Maître concernant le but et l’effet final de la force qu’il nomme « dissonance » était acceptée, ce but et cet effet final sembleraient pratiquement identiques à ceux attribués à l’action de Lucifer, c’est-à-dire la désintégration de la matière et la désagrégation de toutes les veilles formes de vie.

Le terme « harmonie » dans l’usage courant indique un état ou une condition divine ou harmonieuse, mais c’est un état susceptible d’être détruit par la dissonance – Satan – et pouvant aussi être recréé par le pôle opposé de la même force, la consonance, lors de certaines périodes de temps définis, et ceci doit être accompli par les lois mêmes de son être parce que, en dernière analyse, Satan est à la fois bon et mauvais.

Les conditions harmonieuses sont changées en conditions discordantes dans la vie des hommes en les incitant à désobéir aux commandements de Dieu ; pourtant, dans la nature du Christos, ces conditions doivent être inversées.

Alors que sont nombreux ceux qui ne vont pas dans le sens de l’idée d’une synthèse du Christ et de Satan, ainsi qu’on peut le voir dans certaines des plus anciennes philosophies, l’idée d’une opposition couronnée de succès de la part de Satan contre Dieu, ou de la part de n’importe quel être ou pouvoir inférieur, semble encore plus difficile à accepter à d’autres.

Le mot « harmonie » utilisé en musique est fait pour inclure la concordance, la consonance, la dissonance et la discordance. Mais, lorsque ces mots sont appliqués à un état cosmique de conscience, à des énergies ou à des forces, ils n’ont pas le même rapport entre eux.

Dans le monde de l’occultisme, l’harmonie possède sa correspondance dans la « Clé Triple », Atma-Bouddhi-Manas. Elle inclut tout jusqu’à ce que la différenciation prenne place. Bouddhi- Manas en différenciation manifeste des polarités. La consonance et la dissonance correspondraient à ces polarités de Bouddhi-Manas : Bouddhi synthétise et Manas analyse.

En différenciation ou en manifestation, la concordance et la discordance sont des états d’énergie ou de conscience. Dans la différenciation, la consonance et la dissonance sont des polarités de la force utilisée par la loi karmique et cyclique afin de modifier la substance de vibration inférieure en conditions soit d’harmonie ou soit de discordance, selon les périodes du Manvantara pendant lesquelles cette force est utilisée par la loi divine.

Sur l’arc ascendant de n’importe quel cycle, le pôle positif – la consonance – serait particulièrement actif, alors que sur l’arc descendant du même cycle, ce serait la dissonance.

Alors que le Maître n’a pas utilisé le mot « consonance » dans cette leçon, il est clairement indiqué en tant « qu’aspect positif » de la force de dissonance. On doit comprendre que le Maître n’utilisait pas les termes mentionnés plus haut seulement en relation avec la musique, mais dans un sens bien plus large et plus élevé.

  1. en C.

Questions additionnelles posées au Maître

  1. Pouvez-vous vérifier mes commentaires sur la dissonance, de manière à ce qu’ils puissent être insérés dans cette leçon ?
  2. Est-ce que le mot « intersonance » pourrait inclure les polarités de la dissonance et de la consonance ?
  3. en C.

Réponses

À savoir si l’interprétation exotérique des étudiants concernant les mots qui désignent les forces cosmiques est préférable à l’interprétation ésotérique des mots qui vous ont été donnés, il y a naturellement place pour la discussion. Du point de vue ésotérique qui est le vôtre, vous avez absolument raison.

La leçon intitulée « La dissonance », telle que je l’ai donnée, ne le fut pas dans le but de vérifier l’adaptation de termes similaires à la composition musicale, mais plutôt pour présenter des forces cosmiques. Cependant, l’utilisation commune des préfixes « dis » et « con » devrait indiquer l’opposition.

L’utilisation heureuse du mot « intersonance » par votre frère permet de s’approcher de très près de la zone neutre entre les polarités que sont la dissonance et la consonance. On peut l’appliquer à la zone de lumière – sur un plan intérieur –, à partir de laquelle la dissonance et la consonance sont différenciées, c’est-à-dire amenées en manifestation ; il en est de même pour l’harmonie et la discordance, selon mon interprétation.

Les énergies qui se manifestent en tant que lumière et son sur le plan physique sont « une » sur un plan intérieur.

1 N.D.É. Note fondamentale : Premier degré de l’échelle des sons dans le système tonal, dont la hauteur caractérise le ton qu’elle établit.

HILARION - Temple 2 - Leçon 187