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L’ÉVEIL DE L’AMOUR

La preuve de l’éveil de l’Amour dans l’âme humaine est l’apparition chez elle d’un désir irrésistible de se donner, avec tout ce qu’elle possède, pour le plus grand bien de tous. Ce n’est que lorsque nous sommes capables de nous abandonner à l’Amour que nous pouvons trouver la vie en abondance.

Mais hélas ! ceux qui se voilent les yeux ne cherchent pas au bon endroit.

Ils se lancent à la recherche de la fontaine de sagesse, dont l’eau est composée de gouttelettes d’Amour, avec des idées humaines, concernant non seulement la nature de l’Amour, mais aussi l’endroit où on peut le trouver. Ils ne trouvent rien que les vapeurs du désir sexuel, dont leurs sens se lassent rapidement et qui les laisse finalement dix fois plus affamés qu’ils l’étaient au début de leur recherche. Souvent, oh si souvent ! vous avez entendu les mots : « À moins que vous ne deveniez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.2 » Je vous supplie ici de travailler de toutes vos forces à former une image juste de tout ce qu’implique cette phrase, de tout ce qu’elle signifie pour vous personnellement. Avant tout, une foi parfaite, un amour désintéressé et la confiance.

Ce n’est que lorsqu’un enfant a été influencé par des adultes qu’il change de trottoir pour éviter de rencontrer le soi-disant pécheur.

L’Amour traite tous les hommes de la même façon. Il ne prend rien, il donne tout. Lorsque l’aube de cette puissante force se lève dans notre cœur, elle commence à nous parler par nos yeux d’une façon parfaitement claire. L’Amour nous apporte, par la force de l’intuition, la sagesse et le pouvoir que nous ne pourrions atteindre d’aucune autre manière. Il jette les haillons répugnants du pharisaïsme, dont nous nous étions revêtus, dans les flammes qui montent du cœur du grand Temple de la vie, et nous revêt d’une tunique sans tache, tissée avec les fils qui sont enroulés dans les gouttes de sueur de nos tortures, quand nous nous tenons au milieu de la flamme centrale, où, tôt ou tard, tout disciple de la Grande Loge Blanche doit rester jusqu’à ce qu’il soit purifié.

Ah, mes enfants ! dans la somme de notre existence, la seule chose qui compte, c’est l’Amour. « Si vous n’aimez pas le frère que vous voyez3 » – le frère qui vous a fraudé en affaires autant que le frère qui vous a secouru, la sœur qui vous a trahi autant que la sœur qui a été votre inspiratrice, vos frères et sœurs qui marchent actuellement sur le côté sombre du chemin de la vie, pas toujours par choix, mais souvent parce qu’ils ont été expulsés du côté lumineux par vous et par d’autres comme vous ; si vous ne pouvez pas aimer ceux qui ont le plus besoin de votre amour, « comment pouvez-vous aimer Dieu que vous ne voyez pas3 », le Dieu en qui ces frères et sœurs méprisés « ont la vie, le mouvement et l’être4 » ?

Aussi longtemps que vous détournerez votre visage, par colère ou par dégoût, de la plus petite chose vivante, aussi longtemps que vous pourrez persuader ou tenter une autre personne humaine de faire de même, les barreaux de la grille qui vous sépare de votre héritage demeureront en place, et vous continuerez à marcher à tâtons dans les ténèbres extérieures. Ceci vous exclut de votre héritage.

Les mots « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés5 » vous ont été dits à vous tout aussi directement qu’ils ont été dits à ces autres fragments de la Divinité qui, debout dans la lumière du Soleil Spirituel, s’efforçaient de disperser les nuages denses qui les entouraient. Mais cette lumière avait été dirigée si fortement sur l’écran de leur vie, que leur capacité de former un jugement correct avait été suspendue par les feux allumés par cette lumière. Il n’en est pas de même pour vous. Vous vous êtes tenus longtemps dans les rayons de ce Soleil, sa lumière a pénétré votre conscience et vous a donné le pouvoir de vous contrôler, de retenir votre jugement et d’offrir de l’Amour lorsqu’un frère faible ou coupable en a besoin.

Revenez à moi, mes enfants, vous qui errez au loin dans les sentiers détournés créés par la traîtrise, par les faux jugements, par l’absence d’Amour, d’où vous ne pouvez plus entendre ma voix, ni voir la main que je vous tends. Ouvrez vos cœurs à cet Amour divin qui, comme un miroir, reflète notre unité.

Souvenez-vous que le péché de votre frère est votre péché, que les faiblesses de votre sœur sont vos faiblesses, et que, tout comme le Grand Maître ne peut pas connaître le repos jusqu’à ce qu’il ait ramené à la bergerie tous les moutons qui lui appartiennent, vous ne pouvez pas jouir de votre héritage tant que vous n’avez pas ramené dans votre Amour les cœurs qui font partie de votre cœur.

Prenez ma main, et cherchez avec moi vos frères errants, et entourez-les de l’Amour qui est l’apothéose de toutes choses, l’Amour qui conquiert toutes choses, même la mort.

Comme le son des mots que vous avez prononcés passe dans les royaumes invisibles, que la lumière des feux que vous avez allumés retourne au monde intérieur, hors de votre vision terrestre, le son et la lumière réintègrent tous deux la forme d’énergie dont ils sont parties intégrantes, soumis à un rappel par ceux qui ont mérité le pouvoir de manipuler ces formes d’énergie, pas nécessairement comme des répétitions des mots prononcés, ou comme des éclairs de lumière du même genre, mais comme des incarnations élémentaires qu’il est possible de contrôler.

De la même façon, les pensées d’Amour, de compassion et de dévotion qui s’élèvent du cœur humain dépassent le niveau de leurs créateurs et vont se mêler aux forces du royaume des esprits. Ces pensées aussi sont soumises à un rappel, et reviennent sous la forme d’anges visiter ceux qui ont préparé une demeure pour eux.

À tous ceux qui considèrent tous les efforts parlés ou écrits pour éveiller l’être humain à la conscience du pouvoir de l’Amour comme une série de lieux communs – un inutile gaspillage d’un temps que l’on pourrait consacrer à un but concret –, je dirais : même du point de vue matériel, le travail de développement du pouvoir de l’Amour entraînera la manifestation de tout ce à quoi ils attachent le plus de prix. En effet, il est hors de tout doute que l’Amour est la plus puissante forme d’énergie de l’univers. Celui qui a acquis le pouvoir de le contrôler, contrôle aussi toutes les formes inférieures de pouvoir. Mais c’est la forme d’Amour qui donne tout plutôt que celle qui prend tout. En effet, si paradoxal et difficile à comprendre que cela puisse paraître, la renonciation est équivalente à la possession.

1 – N.D.É. Une variante de cette leçon a été publiée : leçon 46.

2 – N.D.É. Évangile de Matthieu 18 3.

3 – N.D.É. Épître de Jean 4 20.

4 – N.D.É. Actes des Apôtres 17 28.

5 – N.D.É. Évangile de Matthieu 7 1.

HILARION - Temple 3 - Leçon 423