L’ATTRIBUT DE LA BEAUTÉ
Les concepts de beauté qu’entretiennent les masses de l’humanité dans leur esprit peuvent varier grandement, tout comme les formes et les caractéristiques de leur corps physique. Il y a de la beauté même dans ces expressions de vie qui, pour plusieurs, paraissent horribles ou grotesques, et quand tout a été dit, la capacité de percevoir la beauté dans ces dernières est soit une question d’initiation, soit une question d’éducation.
Le mot « beauté » est largement appliqué aux formes objectives où lignes et couleurs se marient harmonieusement. Il peut également s’appliquer à des expressions subjectives faisant appel à des sens autres que la vue. Il y a une beauté du son et de la sensation, beauté aussi du caractère et de certains attributs – qui sont tout aussi attrayants pour les sens intérieurs de l’âme que la beauté des couleurs et des lignes peut l’être pour le sens extérieur de la vue –, tout ceci étant révélateur de la vérité philosophique évidente voulant que l’homme ne possède qu’un sens dont tous les autres ne sont que des variations.
La beauté est l’un des attributs de « l’Homme Céleste » et, dans la mesure où Dieu s’exprime en l’homme, la beauté doit aussi être l’un des attributs que possède toute l’humanité.
Quand l’homme est inconscient de la beauté d’un objet naturel, c’est que cet attribut particulier a été inhibé en lui par une qualité de sa nature inférieure.
Lorsque la conscience de la beauté est inhibée relativement à un objet naturel, les éléments inharmonieux de l’objet attirent le mental plus puissamment que ses éléments harmonieux, car la beauté est d’abord et avant tout harmonie, et ce n’est pas parce que l’attribut de la beauté est inexistant dans la personnalité. L’une des plus grandes erreurs des ascètes de tous les temps a été d’entreprendre de tuer le désir de posséder ou d’apprécier la beauté, quelle qu’ait été la forme ou l’objet où elle s’exprimait. Même si cela est fait de façon inconsciente, un ascète de ce genre bannit une partie de la Divinité qu’il révère.
Dans la mesure où l’homme est capable d’exprimer cet attribut dans l’art, la musique, la littérature ou dans son environnement naturel, il donne naissance à un aspect ou à une forme du non-manifesté.
Aucune personne ne peut exprimer une réplique exacte de la forme idéale qui se trouve dans l’esprit d’un autre individu. Aussi semblable à une autre que puisse paraître une expression, il doit inévitablement exister une différence, et c’est cette différence qui caractérise chaque manifestation individuelle.
Dans l’esprit de l’amant de la beauté, la vie parle sans équivoque, et elle le fait par le cœur. Ce discours peut prendre la forme d’une sensation matérielle ou d’un sentiment de paix qui surpasse toute compréhension. Lorsqu’une nouvelle vision de beauté s’ouvre devant les yeux de cet amant, elle est comparable à la nourriture et au breuvage que reçoit une personne qui souffre de la faim et de la soif.
HILARION - Temple 2 - Leçon 279