ISIS DÉVOILÉE – DEVANT LE VOILE – partie 9
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FAKIRS –– Dévots religieux de l’Inde. Ils sont généralement attachés aux pagodes Brahmaniques et suivent les lois de Manou. Un fakir strictement religieux est absolument nu à l’exception d’un petit morceau d’étoffe appelée dhoti, autour des reins. Il porte les cheveux longs et s’en sert comme des poches, y piquant divers objets, tels qu’une pipe, une petite flûte nommée vagudah dont les sons jettent les serpents dans une torpeur cataleptique et parfois sa baguette de bambou, d’un pied de long environ, avec les sept nœuds mystiques. Le fakir reçoit cette baguette magique, de son gourou le jour de son initiation, en même temps que les trois mantrams qui lui sont communiqués « de la bouche à l’oreille ». On ne verra jamais un fakir sans ce puissant auxiliaire ; c’est, à ce qu’ils prétendent tous, la baguette divinatoire et la cause de tous les phénomènes occultes produits par eux (39). Le Fakir brahmanique se distingue complètement du mendiant musulman de l’Inde et que l’on appelle aussi fakir dans certaines parties du territoire britannique.
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HERMÉTISTES – D’Hermès, le dieu de la Sagesse connu en Égypte, en Syrie et en Phénicie sous les noms de Thoth, Tat, Adad, Seth et Sat-an (qu’il ne faut pas prendre dans le sens où l’entendent les Musulmans et les Chrétiens), et en Grèce sous celui de Kadmos. Les cabalistes l’identifient avec Adam Kadmon, la première manifestation de la Puissance Divine, et avec Enoch. Il y a eu deux Hermès ; le plus ancien fut le Trismégiste et, le second, une émanation, une « permutation » du premier, le frère et le précepteur d’Isis et d’Osiris. Hermès est le dieu de la sagesse sacerdotale, comme Mazeus.
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HIÉROPHANTE – Révélateur de la Science Sacrée. L’Ancien, le chef des Adeptes aux initiations, qui expliquait aux néophytes la science secrète, portait ce titre. En Hébreu et en Chaldéen le terme était Peter qui veut dire ouvreur, dévoileur. Par conséquent, le Pape, comme successeur des hiérophantes des anciens Mystères, siège sur la chaire païenne de Saint-Pierre. La haine de l’Église Catholique contre les alchimistes et la science astronomique et secrète, s’explique par le fait que ces connaissances étaient une antique prérogative de l’hiérophante ou représentant de Pierre, qui gardait les mystères de la vie et de la mort. C’est pourquoi des hommes tels que Bruno, Galilee et Kepler, et même Cagliostro, qui empiétèrent sur le domaine réservé à l’Église, ont été condamnés et mis à mort.
Chaque nation a eu ses mystères et ses hiérophantes. Les Juifs eux-mêmes eurent leur Pierre – Tanaïm ou Rabbin, tels que Hillel, Akiba (40) et autres fameux cabalistes, qui, seuls, pouvaient enseigner le terrible savoir contenu dans la Merkaba. Il y eut, autrefois, dans l’Inde, un hiérophante ; il y en a aujourd’hui plusieurs, répandus dans le pays, attachés aux principales Pagodes, et connus comme Brahma-âtmâs. Dans le Tibet, le chef hiérophante est le Dalaï ou Talé-Lama de Lha-ssa (41). Parmi les nations chrétiennes, les Catholiques seuls ont conservé cette coutume païenne, dans la personne de leur Pape, quoiqu’ils aient pitoyablement rabaissé la majesté et la dignité de cette fonction sacrée.
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INITIÉS – On appelait ainsi, dans l’antiquité, ceux qui avaient été initiés aux arcanes enseignés par les hiérophantes des Mystères. Dans les temps modernes, s’appellent ainsi ceux qui ont été initiés par les adeptes de la science mystique à la connaissance de ses mystères, mystères qui, malgré le cours des siècles, ont encore un petit nombre de véritables fidèles sur la terre.
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CABALISTES – De Kabala, tradition orale, non écrite. Le cabaliste est l’homme qui étudie la « science secrète », qui interprète le sens caché des Écritures à l’aide de la Cabale symbolique, et qui, par ce moyen, explique le sens réel du texte. Les Tanaïm furent les premiers cabalistes, parmi les Juifs. Ils parurent à Jérusalem vers le commencement du IIIème siècle avant l’ère chrétienne. Les livres d’Ezechiel, de Daniel, d’Hénoch et l’Apocalypse de saint Jean(p) sont purement cabalistiques. Cette doctrine secrète est identique à celle des Chaldéens, et renferme en même temps beaucoup de la science des Perses ou « magie ».
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LAMAS – Moines Bouddhistes qui sont à la religion lamaïque du Tibet, ce que sont par exemple, les moines à la religion catholique romaine. Chaque lama est sujet du grand Talé-Lama, le Pape Bouddhique du Tibet à Lha-ssa, réincarnation du Bouddha ; mais tout lama initié ne relève que du Teschu-Lama, le grand Initié et adepte qui demeure à Shi-ga-tsé.
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MAGE – De Mag ou Maha. Ce mot est la racine du mot Magicien. Dans les temps pré-védiques. Maha-âtma (la grande Âme ou Esprit), dans l’Inde, eut ses prêtres. Les Mages étaient les prêtres du dieu du feu. Nous les trouvons parmi les Assyriens et les Babyloniens aussi bien que chez les Perses, adorateurs du feu. Les trois mages, nommés aussi rois, que l’on dit avoir fait des présents d’or, d’encens et de myrrhe à l’enfant Jésus, étaient comme les autres des adorateurs du feu et astrologues, car ils virent son étoile. Le grand-prêtre des Parsis, à Sourat, est appelé Mobed. Certains auteurs font dériver le mot mage de Megh ; Meh-ab veut dire quelque chose de grand, de noble. Suivant Kleuker, les disciples de Zoroastre étaient appelés Meghestom.
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MAGICIEN – Ce terme était autrefois un titre de renommée et de distinction qui, depuis, a été entièrement détourné de sa véritable signification. Jadis synonyme de tout ce qui était honorable et digne d’être vénéré, de possesseur de la sagesse et de la science, il a été dégradé au point d’être devenu une épithète pour un fourbe, un jongleur, un charlatan, en un mot, un homme qui a vendu son âme au diable, qui fait un mauvais usage de son savoir et l’emploie à des choses viles et dangereuses, s’il faut en croire le clergé et une masse de niais superstitieux qui croient qu’un magicien est un sorcier et un enchanteur. Mais les chrétiens oublient apparemment que Moise était aussi un magicien, et que Daniel fut « un Maître des magiciens, des astrologues, des chaldéens et des devins » (Daniel V. II).
Donc, le mot Magicien, scientifiquement parlant, est dérivé de Magh, Mah (Hindi), ou du sanscrit MANA, « grand ». C’est un homme versé dans les sciences secrètes ou ésotériques ; à proprement parler un sacerdote.
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