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ISIS DÉVOILÉE – DEVANT LE VOILE – partie 6

ALCHIMISTES – Ce mot vient de Al et de Chemi, le feu ou le dieu et patriarche : Kham qui est aussi le nom de l’Egypte. Les Rosicruciens du moyen âge tels que Robertus de Fluctibus (Robert Fludd), Paracelse, Thomas Vaughan (Eugenius Philalethes), Van Helmont et autres, étaient tous des alchimistes qui cherchaient l’esprit caché dans toute matière inorganique. Quelques-uns, que dis-je ! La grande majorité des hommes ont accusé les alchimistes de charlatanisme et de mensonge. Assurément, des hommes comme Roger Bacon, Agrippa, Henry Kunrath et l’Arabe Geber (celui qui, le premier, apporta en Europe quelques-uns des secrets de la chimie) peuvent difficilement être tenus pour des imposteurs et encore moins pour des insensés. Les savants qui réforment la physique sur les bases de la théorie atomique de Democrite, telle qu’elle a été reformulée par John Dalton, oublient pour leur commodité que Democrite d’Abdère était un alchimiste, et qu’un esprit capable de pénétrer si avant dans une certaine direction, dans les secrètes opérations de la nature, a dû avoir de bonnes raisons d’étudier pour devenir un philosophe hermétique. Olaus Borrichius dit qu’il faut chercher le berceau de l’alchimie dans des temps les plus reculés.

LUMIÈRE ASTRALE – C’est la lumière sidérale de Paracelse et des autres philosophes hermétiques. Physiquement, c’est l’éther de la science moderne. Métaphysiquement, et dans son acception spirituelle ou occulte, l’éther est quelque chose de plus que ce qu’on s’imagine souvent. Il est bien démontré dans la physique occulte et dans l’alchimie, qu’il renferme dans ses ondes sans limites, non seulement la promesse et les potentialités de toute sorte de vie telle que l’entend M. Tyndall, mais encore la réalisation de la puissance de toute espèce d’esprit. Alchimistes et Hermétistes croient que leur éther astral ou sidéral, outre les propriétés ci-dessus du soufre et celles de la magnésie blanche et rouge, ou magnes, est l’anima mundi, l’atelier de la Nature et du cosmos, aussi bien spirituellement que physiquement. Le « grand magisterium » s’affirme dans le phénomène du mesmérisme, dans la « lévitation » d’êtres humains et d’objets inertes, et on peut l’appeler l’éther envisagé sous son aspect spirituel.

La dénomination astral est ancienne et elle était employée par quelques Néo-Platoniciens. Porphyre décrit le corps céleste, toujours joint à l’âme, comme « immortel, lumineux, et ressemblant à une étoile ». La racine de ce mot vient peut-être du mot Scythe : Aist-aer qui signifie étoile, ou du mot assyrien Istar qui, suivant Burnouf, à le même sens. Comme les Rose-Croix envisageaient le réel comme directement opposé à l’apparent ; ils enseignaient que ce qui paraît lumière pour la matière n’est qu’obscurité pour l’esprit et ils cherchaient celui-ci dans l’océan astral de feu invisible qui enveloppe le monde ; ils prétendent avoir suivi la trace de l’esprit divin, également invisible, qui adombre chaque homme et est, à tort, appelé âme, jusque devant le trône du Dieu Invisible et Inconnu. Comme la grande cause doit toujours rester invisible et impondérable, ils ne pouvaient prouver leurs assertions que par la démonstration de ses effets sur le monde matériel, en les faisant descendre de l’inconnu des causes dans l’univers connu des effets. Ils démontraient que cette lumière astrale pénètre tout le cosmos et, dans son état latent, jusqu’à la molécule la plus ténue du rocher, s’appuyant, pour cela, sur le phénomène de l’étincelle que l’on fait jaillir du silex et de toute autre pierre, dont l’esprit, lorsqu’il est violemment troublé, se révèle aux regards sous forme d’étincelle, et disparaît aussitôt dans le domaine de l’inconnu.

Paracelse l’appelle la lumière sidérale, empruntant le terme au latin. Il considère la foule des étoiles (y compris notre terre) comme des parties condensées de la lumière astrale, « tombées dans la génération et la matière », mais dont les émanations magnétiques ou spirituelles conservent constamment une incessante inter-communication entre elles et la source-mère de tout – la lumière astrale. « Les étoiles exercent sur nous un mouvement d’attraction et nous en exerçons un semblable sur elles », dit-il. Le corps est le bois, et la vie est le feu, qui vient, comme la lumière, des étoiles et du ciel. « La magie, dit-il encore, est la philosophie de l’alchimie (32) ». Tout ce qui appartient au monde spirituel doit nous venir par l’intermédiaire des étoiles et si nous sommes en bonne amitié avec elles, nous arriverons à produire les effets magiques les plus grands.

« Comme le feu traverse les parois d’un poêle en fonte, les étoiles passent à travers l’homme avec toutes leurs propriétés et pénètrent en lui, comme la pluie dans la terre qui, grâce à elle, produit des fruits. Or, remarquez-le, les étoiles entourent la terre comme la coquille l’œuf ; l’air passe et pénètre à travers la coquille jusqu’au centre du monde. » Le corps humain est soumis à une double loi, comme la terre, les planètes et les étoiles ; il attire et repousse, car il est saturé d’un double magnétisme, l’influx de la lumière astrale. Toute chose est double dans la nature. Le magnétisme est positif et négatif, actif et passif, mâle et femelle. Pour l’humanité, la nuit constitue un repos après l’activité du jour ; elle rétablit ainsi l’équilibre dans la nature humaine aussi bien que cosmique. Lorsque le mesmériseur aura appris le grand secret qui consiste à polariser l’action et à douer son fluide d’une force bisexuelle, il sera devenu le plus grand magicien vivant. La lumière astrale est donc androgyne, car l’équilibre est la résultante de deux forces opposées, réagissant éternellement l’une sur l’autre. Le résultat de cette réaction c’est la VIE. Lorsque les deux forces sont étendues et restent inactives assez longtemps pour s’égaler et aboutir à un repos complet c’est la MORT. Un être humain peut souffler le chaud ou le froid et il peut absorber de l’air chaud ou froid. Un enfant sait comment régler la température de son souffle ; mais aucun physiologiste n’a encore appris d’une manière certaine à se préserver de l’air chaud ou froid. La lumière astrale seule, principal facteur en magie, peut nous dévoiler tous les secrets de la nature. La lumière astrale est identique à l’Akasa des Hindous, terme que nous allons maintenant expliquer.

AKASA – Littéralement, ce mot, en sanscrit, signifie firmament ; mais, dans son sens mystique, il a la signification de ciel invisible ; ou, comme les Brahmanes l’appellent dans le sacrifice du Soma (le Gyotishtoma Agnishtoma) c’est le dieu Akasa ou le dieu Firmament. La langue des Vedas montre que les Indous d’il y a cinquante siècles lui attribuaient les mêmes propriétés que les lamas Tibétains d’aujourd’hui, et qu’ils le regardaient comme la source de vie, le réservoir de toute énergie et le moteur de toutes les transformations de la matière. Dans son état latent, il répond exactement à l’idée que nous avons de l’éther universel ; à l’état actif, il devient l’Akasa, le dieu tout-puissant, dirigeant tout. Dans les mystères et sacrifices Brahmaniques, il joue le rôle de Sadasya, présidant aux effets magiques des cérémonies religieuses ; de plus, il a son prêtre spécial, ou Hotar, qui prit son nom. Dans l’Inde, comme en d’autres contrées de l’antiquité, les prêtres sont sur la terre les représentants de différents dieux ; chacun d’eux prend le nom de la divinité au nom de laquelle il agit.

L’Akasa est l’agent indispensable de toute Kritya (opération magique) soit religieuse, soit profane. L’expression brahmanique : Brahma jinvati : « Susciter le Brahma » signifie : éveiller le pouvoir qui se trouve latent au fond de toute opération magique de cette nature, car les sacrifices védiques ne sont que de la magie cérémonielle. Ce pouvoir est l’Akasa ou électricité occulte ; c’est aussi dans un certain sens l’Alkahest des alchimistes ou le dissolvant universel, la même anima mundi que la lumière astrale. Au moment du sacrifice, cette dernière s’imprègne de l’esprit de Brahma, et devient ainsi, momentanément, Brahma lui-même. C’est évidemment là l’origine du dogme chrétien de la transsubstantiation. Quant aux effets les plus généraux de l’Akasa, l’auteur d’un des ouvrages les plus modernes sur la philosophie occulte (l’Art magique), donne pour la première fois une explication très intelligente et intéressante de l’Akasa dans ses rapports avec les phénomènes attribués à son influence par les fakirs et les lamas.

ANTHROPOLOGIE – C’est la science de l’homme qui embrasse entre autres choses :

La Physiologie, branche de la science naturelle qui étudie les mystères des organes et leurs fonctions dans l’homme, dans les animaux et les plantes. Elle comprend aussi, et spécialement :

La Psychologie, cette grande science de l’âme, de nos jours si négligée, âme considérée tant comme entité distincte de l’esprit, que dans ses relations avec l’esprit et le corps. Dans la science moderne, la psychologie s’occupe seulement, ou principalement, des conditions du système nerveux et ignore, presque totalement, l’essence et la nature psychique. Les médecins appellent psychologie la science qui traite de l’aliénation mentale, et la chaire qui, dans les facultés, est consacrée à l’étude de la folie, porte cette étiquette.

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