ISIS DÉVOILÉE – DEVANT LE VOILE – partie 12
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SAMOTHRACES – Désignation des Dieux honorés en Samothrace dans les Mystères. Ils étaient considérés comme identiques avec les Kabires, les Dioscures, et les Corybantes. Leurs noms étaient mystiques et masquaient ceux de Pluton, Cérès ou Proserpine, Bacchus et Esculape ou Hermès.
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SAMANEENS OU CHAMANS – Nom d’un ordre de Bouddhistes chez les Tartares, spécialement ceux de Sibérie. Il est possible qu’ils soient apparentés aux philosophes connus anciennement sous le nom de Brachmanes que l’on confond parfois avec les Brahmanes (45). Ils sont tous des magiciens, ou plutôt des sensitifs ou des médiums développés artificiellement. Actuellement, ceux qui remplissent les fonctions sacerdotales parmi les Tartares sont fort ignorants et bien inférieurs aux fakirs en fait de connaissances et d’éducation. Les hommes et les femmes peuvent être Chamans.
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SOMA – Ce breuvage sacré des Hindous correspond à l’ambroisie des Grecs ou au nectar que buvaient les dieux de l’Olympe. Une coupe de Kykeon était bue aussi par le myste dans l’initiation Eleusinienne. Celui qui boit de cette liqueur atteint aisément Bradhna, le lieu de splendeur (le ciel). Le Soma connu des Européens n’est pas le breuvage authentique mais un substitut ; seuls les prêtres initiés peuvent goûter au Soma véritable, et les rois et les rajahs eux-mêmes, lorsqu’ils font les sacrifices reçoivent le substitut. Haug avoue dans son Aytareya Brahmanan, que ce n’est point le Soma qu’il a goûté et qu’il a trouvé mauvais, mais bien le jus de la racine du Nyagradha, plante qui croît sur les collines de Pouna. Nous savons positivement que la majorité des prêtres sacrificateurs du Dekkan ont perdu le secret de la composition du véritable Soma. Il ne se trouve ni dans les livres de rituel ni dans la tradition orale. Les vrais sectateurs de la religion Védique primitive sont fort peu nombreux ; ils sont considérés comme les descendants des Rishis, les vrais Agnihôtris, les initiés aux grands Mystères. Le Soma est aussi vénéré dans le Panthéon Hindou, car il est appelé le Soma-Roi. Celui qui en boit est admis à participer au roi céleste, car il en est imprégné, comme les Apôtres Chrétiens et leurs disciples étaient imprégnés du Saint-Esprit et purifiés de leurs péchés. Le Soma fait de l’initié un homme nouveau ; il renaît à une vie nouvelle, il est transformé, et sa nature spirituelle l’emporte sur la nature physique ; il reçoit le pouvoir divin de l’inspiration, et, chez lui, la faculté de clairvoyance est développée désormais au plus haut degré. D’après l’explication exotérique, le soma est une plante, mais c’est aussi un ange. Il met forcément l’esprit intérieur, supérieur, de l’homme, qui est angélique, comme le soma mystique, en relation intime avec son « âme irrationnelle » ou corps astral et, ainsi unis tous les deux par la puissance du breuvage magique, ils s’élèvent au-dessus de la nature physique et participent durant leur vie à la béatitude et aux gloires ineffables du Ciel.
Le Soma des Hindous est ainsi tant au point de vue mystique qu’à d’autres, la même chose que la cène eucharistique pour les Chrétiens. L’idée est la même. Au moyen des prières du sacrifice – les mantras – cette liqueur est censée se transformer, sur-le-champ, en Soma réel, ou en ange, ou même en Brahma lui-même. Quelques missionnaires se sont fort indignés de cette cérémonie, d’autant plus que, généralement parlant, les Brahmanes emploient en remplacement une sorte de liqueur spiritueuse. Mais les Chrétiens croient-ils moins fermement à la transsubstantiation du vin banal de la Communion, en sang de Jésus-Christ, parce que ce vin est plus ou moins chargé d’alcool ? L’idée symbolique qui s’y rattache n’est-elle pas la même ? Cela n’empêche point les Missionnaires de dire que l’heure de l’absorption du Soma est le moment propice pour Satan qui se cache alors au fond de la coupe du sacrifice Hindou (46).
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THÉOSOPHES – Au moyen âge, c’était le nom sous lequel étaient connus les disciples de Paracelse du XVIème siècle, les prétendus philosophes du feu, Philosophi per ignem. De même que les Platoniciens, ils considéraient l’âme (ψuχή) et l’esprit divin (voŭς) comme une parcelle du grand Archos – une flamme tirée de l’Océan éternel de lumière.
La Société Théosophique à laquelle ces volumes sont dédiés par l’auteur comme une marque d’affectueuse sympathie, a été organisée à New-York en 1875. Le but de ses fondateurs était de faire des expériences pratiques sur les pouvoirs occultes de la Nature, de recueillir et de répandre parmi les Chrétiens, des enseignements sur les philosophies religieuses de l’Orient. Plus tard, il a été décidé de propager chez les « pauvres païens enténébrés », des preuves des résultats pratiques du Christianisme, qui leur permettent de bien connaître et d’apprécier les deux faces de la médaille, dans les pays où les Missionnaires sont à l’œuvre. Dans ce but, elle a établi des relations avec des associations et des personnalités, dans tout l’Orient, et elle leur fournit des rapports authentiques sur les crimes et les méfaits ecclésiastiques, sur les schismes et les hérésies, sur les controverses et litiges, sur les divergences de doctrine, les critiques et les révisions de la Bible, dont la Presse de l’Europe Chrétienne et de l’Amérique s’occupe constamment. La chrétienté a été longuement et minutieusement tenue au courant du degré de dégradation et d’abrutissement dans lequel le Bouddhisme, le Brahmanisme et le Confucianisme ont plongé leurs sectateurs abusés, et bien des millions ont été prodigués dans les missions étrangères sur ces faux rapports. La Société Théosophique, voyant tous les jours des exemples de cet état de choses, conséquence d’enseignements, et surtout des exemples chrétiens, a jugé simplement juste et équitable de faire connaître ces faits en Palestine, dans l’Inde, à Ceylan, au Cachemire, en Tartarie, au Tibet, en Chine et au Japon, où elle a partout des correspondants influents. II y aura sans doute aussi beaucoup à dire, sur la conduite des missionnaires, à ceux qui les aident de leur bourse.
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