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GUERRE ET PAIX

Étape par étape, au travers de souffrances et d’angoisses incroyables, la race humaine évolue jusqu’au moment où le fait de prendre une vie humaine ne peut plus être toléré. Le résultat final de cette évolution est que tous les degrés de matière qui constituent le plan physique sont en train de changer. Mais, l’aboutissement de ces changements ne peut se produire pendant la manifestation de la Cinquième race-racine de l’humanité. Toutes les éventualités cosmiques doivent d’abord apparaître en tant qu’idéaux dans le mental de la race. Les idéaux de paix universelle, de liberté universelle, d’amour et d’harmonie, qui prennent forme dans le mental des unités les plus évoluées de la présente race, trouveront leur accomplissement dans un Âge plus tardif. Dans le présent Âge, comme dans tous ceux qui l’ont précédé, les idéaux les plus élevés que l’humanité puisse atteindre sont l’aboutissement de la vie et des enseignements des Fils de la Sagesse. Et ces enseignements sont toujours donnés en premier lieu à un groupe de néophytes choisis – ou disciples – dans l’Âge qui précède celui dans lequel il sera possible d’amener en manifestation sur le plan physique les idéaux formés grâce aux efforts généralisés de ce groupe. Dans un cycle messianique, la croissance des idéaux élevés de même que leur objectivation sont bien plus rapides que dans tout autre cycle, ainsi qu’on peut l’observer à l’époque actuelle. Bien que d’un côté il semble y avoir une forte croissance de ce qu’on appelle généralement le mal, on note, de l’autre, une très forte croissance correspondante d’efforts vers la droiture dans tous les domaines. L’idéal de l’établissement d’une paix permanente entre les nations de la Terre prend rapidement forme dans les esprits les plus hautement développés de toutes les nations, et ceci est le résultat des enseignements d’un seul groupe de disciples durant le dernier cycle messianique. Mais, cette paix ne peut être consommée tant que les décrets de la loi karmique sont encore en cours d’exécution – soit le karma créé par le rejet de ces enseignements par les masses alors en incarnation ainsi que par l’abus qui en a été fait dans les âges qui se sont succédés.

On doit se rappeler que, puisque les différentes races et sous-races se chevauchent l’une l’autre, les décrets de la loi karmique font de même. Comparativement peu de karma créé par une race ou une nation dans un certain cycle est payé durant ce même cycle. Les décrets du karma national et racial aujourd’hui créé par la présente guerre – à la fois bon et mauvais – empiéteront sur certaines des premières sous-races de la Sixième race-racine afin d’être consommés ou expiés dans les Troisième et Quatrième sous-races de la même race-racine, alors qu’arrivera un nouveau cycle messianique et que le karma non expié de toutes les races précédentes tombera sur l’humanité. Cette dernière sera alors forcée d’affronter les épreuves permettant d’atteindre le plus haut point de développement possible pour la race – l’épreuve finale de l’homme lui permettant d’entrer en possession de son héritage divin – la maîtrise. Mais, la possibilité d’échapper à l’action karmique du cycle qui prévaut ne devrait pas être une motivation pour l’homme à la vision supérieure pour se plonger dans le présent holocauste. Il devrait, en entrant dans le service actif, avoir si possible un motif plus élevé que celui de parvenir à échapper au karma. Une nation ou un homme ne peut justifier d’être en guerre contre une autre nation ou contre un autre homme que lorsque sa propre vie et sa propre sécurité, ou celles d’une autre nation, sont en jeu, et ce mobile est la DÉFENSE.

Il fut un temps pas si lointain où beaucoup de mauvais karma que la présente race est en train de payer aurait pu être réglé par d’autres moyens que ceux précipités par la crise mondiale actuelle. Mais, les gens n’auraient pas voulu écouter ni obéir aux injonctions – que dis-je, aux supplications des Initiés et des Prophètes de la Grande Loge Blanche, qui se firent entendre tout au long des siècles précédents, de même que dans le siècle qui s’est clos lors de l’année 1898, ne laissant à la loi karmique d’autre alternative que celle qui culmine par la présente bataille mondiale. Mais, ceci ne signifie pas que la guerre est toujours juste du point de vue spirituel le plus élevé (où la Matière et l’Esprit sont « un »), et un néophyte de la Grande Loge Blanche devrait prendre soin de faire cette distinction lorsqu’il expose sa propre position ou celle du Temple de l’Humanité. En tant qu’individu, son action devrait être gouvernée par le motif et le devoir, sans égard pour les fruits de son action, qu’il prenne une part active ou passive à la guerre. S’il est convaincu que la vie et la sécurité du peuple de sa propre nation ou que celles d’une autre nation avec ses multiples races humaines sont en jeu, et qu’il croit que son devoir l’appelle à prendre part à la défense de cette nation, il ne devrait pas être considéré comme un traître envers ses principes, pas plus que l’homme ne doit être considéré comme un renégat envers sa race lorsqu’il croît que son devoir se situe dans une direction opposée. N’importe quel homme peut être bien plus grand qu’un autre, spirituellement parlant, en raison de la pureté et du désintéressement de son motif ainsi que des sacrifices qu’il pourra être appelé à faire. En ce qui concerne son Soi Supérieur, il doit se tenir debout ou échouer. Mais, quelle que puisse être son action personnelle ou son motif d’action – ou d’inaction –, il n’a pas le droit de compliquer le débat en proclamant que l’organisation dont il fait partie (un groupement édifié sur le principe de la fraternité humaine, indépendamment de toute nation ou croyance), ne peut être parfaitement juste s’il n’appuie pas son motif d’action ou d’inaction, selon le cas. Lui-même a parfaitement raison de son point de vue, à cause de ses motivations dominantes. De son côté, le regroupement dont il fait partie a aussi raison du point de vue du principe de la fraternité universelle. Il existe un grand fossé entre l’universel et le particulier, et sage en vérité est celui qui peut combler ce vide par des données correctes et justes du point de vue spirituel.

En raison de l’immense responsabilité assumée par le mental de l’homme – lorsqu’il lui faut considérer l’abandon du véhicule au moyen duquel l’Ego qui s’incarne doit contacter le monde de la matière et ce, afin de légitimer ce qui est pour ce mental un principe spirituel –, l’entité pensante, l’homme, devrait tenir compte des vagues de pensées des autres de peur qu’elles n’affectent très fortement sa mentalité. S’il n’agissait pas ainsi, la présentation de la question qu’il pourrait faire à son Soi Supérieur exprimerait plus la question d’un autre ou d’autres individus que la sienne propre ; et la réponse reçue, soit par des mots ou une impression, pourrait s’appliquer plus parfaitement à ceux qui ont influencé sa pensée plutôt qu’à lui directement.

L’unité fondamentale de la race humaine est responsable de cette possibilité, du fait que plus les plans spirituels d’action sont rapprochés, plus cette unité est manifeste pour l’âme. Par conséquent, la responsabilité de l’homme qui se soumet volontairement à l’influence d’autres hommes, lorsqu’une décision importante doit être prise, est aussi grande que la responsabilité de celui ou de ceux qui libèrent ces vagues de pensée afin d’influencer cette décision. Les formes-pensées d’un auditoire, dans le cas d’un procès pour meurtre, peuvent faire beaucoup plus pour influencer le verdict et la sentence d’un juge ou d’un jury que toutes les preuves qu’on pourra leur soumettre. La condition négative dans laquelle le juge ou le jury tombent nécessairement, comme résultat d’une longue tension, prépare la voie à cette influence. C’est lorsqu’il existe un courant de sympathie entre deux personnes que le danger d’influence excessive est le plus grand. Par conséquent, on devrait accorder à ce fait une attention toute particulière lorsqu’arrive le moment de prendre quelque décision importante.

HILARION - Temple 2 - Leçon 188