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DIEU ET LE CHRIST

L’utilisation par des instructeurs de termes étrangers ou rares, parce qu’ils trouvent difficile d’exprimer de profondes vérités spirituelles dans leur langue maternelle, a malheureusement conduit à un rejet ou à une incompréhension des corollaires d’un ou de plusieurs aspects de ces vérités, aspects avec lesquels sont familiers ceux qui ont bien connu une des religions modernes. Les résultats les plus désastreux et les plus importants se sont vus lorsque des ignorants ont poussé leurs étudiants à rejeter complètement les idéaux qui avaient auparavant été construits dans leur conscience par une longue utilisation des mots Dieu et Christ, en faisant une mauvaise interprétation de termes étrangers ou non familiers, qui devaient symboliser exactement les mêmes idéaux.

Les mots ne peuvent pas donner une idée de la perte incommensurable causée par le rejet de ces concepts, à la fois familiers et précieux, de l’amour et du pouvoir infinis. On a fait un grand nombre d’efforts futiles pour obtenir une force qui soit aussi puissante, inspirante et substantielle que celle qui était autrefois idéalisée et exprimée dans ces mots, tout en se dévouant à un idéal impersonnel, insensible, tout-puissant, inatteignable et toujours plus éloigné. Au même moment, le cœur humain demande constamment, désespérément, une consolation dans son chagrin, et un refuge dans les tempêtes de l’évolution, dont la conscience pourrait bien sûr « faire pleurer les anges ».

Un nombre infini de gens sont poussés au suicide et à toutes sortes de crimes par le désespoir qui a succédé à la perte apparente de ces idéaux. Dans la majorité des cas, c’était tout simplement au-delà de leurs forces de perdre tout ce qui leur avait jusque-là donné du courage dans le présent et de l’espoir pour l’avenir comme le faisaient les mots : « l’amour d’un Père », « la rédemption par un Sauveur ». Ils étaient incapables de voir que les expressions froides – pour eux – qui « n’attirent que l’intellect » n’étaient en réalité que d’autres façons d’exprimer la divinité et ses attributs supérieurs. Ils étaient également incapables de comprendre la vérité des détails (qui manquaient jusque-là) obtenus concernant les plans intérieurs de conscience ainsi que les habitants de ces plans, qui se trouvent entre l’humanité, comme elle existe maintenant, et la Divinité. Ils ne peuvent pas comprendre que la connaissance de Dieu le Père – l’Esprit saint, la Mère – se rapproche consciemment d’eux, est en fait une partie d’eux-mêmes – la plus haute et la meilleure partie, la sagesse divine, le pouvoir d’aimer. Ils ne comprennent pas que le Christ, le Fils, la première expression ou réflexion, dans un véhicule légèrement moins concentré, est aussi une partie de ce qui est le plus élevé et le meilleur d’eux-mêmes, représenté par les mots « service », « sacrifice », « rédemption ». Ce Christ peut prendre une forme visible et tangible sous l’image d’un homme perfectionné, un Sauveur.

Cela ne devrait pas nuire au culte que l’homme a pour Dieu, ou à sa révérence pour lui, de savoir que loin d’être un grand personnage éternellement assis sur un trône doré au-dessus d’eux, ce Dieu leur parle, les réconforte, les bénit, dans toute parole sincère et aimante qui leur est adressée, dans toute action sincère et aimante qui est dirigée vers eux par tout autre être humain. Leurs yeux voient sa gloire dans chaque fleur, dans chaque lever ou coucher de soleil, dans chaque éclair de la foudre, dans toutes les belles choses, créatures ou scènes du monde. Cela ne devrait pas rabaisser ou détruire l’amour de l’homme pour Krishna, pour Jésus, pour le Bouddha ou pour tout autre sauveur incarné de savoir que leur foi dans ce sauveur est justifiée parce que les enseignements de ces grands personnages se vérifient maintenant. Ils avaient dit que comme ils sont en essence « un avec le Père », lorsqu’ils quitteraient le plan physique, ils auraient le pouvoir d’envoyer à l’homme l’Esprit saint, le Consolateur, l’Essence Divine qui leur avait donné la sagesse, pour aider à la régénération de la race humaine. En d’autres mots, qu’une merveilleuse impulsion, un pouvoir insurpassable, c’est-à-dire le pouvoir de la sagesse et de la connaissance intuitives, serait mis au service des autres comme il avait été mis au leur, et que cette sagesse permettrait à ces autres d’avoir une communication éternelle, une compréhension parfaite de tous ces Frères Aînés et une union parfaite avec eux. Et aussi qu’ils comprendraient parfaitement la vérité que tout service désintéressé, tout sacrifice volontairement fait par une personne humaine au profit d’une autre consiste à tendre vers l’autre la main du Christ, que chacun des efforts faits pour expier les mauvaises actions est un pas vers la rédemption personnelle.

Ah ! mes enfants ! ne laissez aucune mauvaise interprétation, aucune mauvaise construction de phrases et de mots se placer entre votre Dieu et votre âme, ou fermer le passage à l’amour, au service et au sacrifice du Christ. Souvenez-vous que le contact d’une main aimante, le mot de sympathie murmuré avec douceur, les condoléances et la compassion manifestées par votre frère ou votre sœur dans votre moment de besoin, sont des contacts de la main de Dieu, la voix d’un gardien, d’un consolateur, d’un assistant tout-puissant, et que l’amour qui gonfle vos cœurs désintéressés est pour ainsi dire le souffle de Dieu que vous respirez vous-même.

Lorsqu’il abandonne une idée inexacte de Dieu, tout ce que l’homme sincère et plein de bonne volonté perd vraiment, ce sont les fausses conceptions qui ont été introduites dans les systèmes religieux – les qualités que l’homme a développées et qu’il a ensuite attribuées à la Divinité. Il a retenu, qu’il en soit ou non conscient, le meilleur, le plus élevé, le plus puissant de tout ce qu’il a intuitivement reconnu comme divin – et infiniment plus.

Ne laissez pas votre propre incapacité à concevoir un idéal qui puisse exprimer adéquatement tout ce que vous croyez que Dieu et le Christ devraient contenir vous empêcher de profiter des idéaux que vous êtes maintenant capable de créer ou de percevoir. Souvenez-vous que vous n’êtes encore actuellement que « les petits enfants de Dieu » – des enfants immatures – et que Dieu et le Christ, l’amour et le service, la loi toute-puissante et la puissance divine font évoluer ces « petits enfants » vers la perfection. Ne laissez aucun homme vous enlever votre couronne, la couronne de votre foi, de votre connaissance et de votre croissance.

Le résultat karmique sur la race humaine de cette inquiétude et de cette terreur toujours croissante de l’inconnu (le résultat de la malédiction de la peur), tout d’abord inculqué par des ennemis de l’homme égoïstes, féroces et sans âme, a été certainement très lourd. Ils n’ont pas d’âme, mais ils possèdent assez d’intelligence pour sentir le désir de profaner, et si possible de détruire, le pont entre l’Être Supérieur et l’être inférieur des nouveaux-nés christiques – la race en évolution qui a déjà construit des véhicules permettant l’incarnation des Egos en attente sur le plan spirituel. Ils désirent, par ces destructions, empêcher pour toujours l’élément médiateur d’entrer dans l’homme embryonnaire, ce qui ne laisserait que des répliques de leur propre vie immatérielle et restreinte. En effet, c’est à ces habitants du plan astral inférieur que l’homme doit l’obscurcissement de l’intellect qui l’empêche de comprendre que le premier éveil du concept de Dieu, quelle que soit la chose ou la créature à laquelle ce concept peut s’appliquer, c’est Dieu. Ce sont eux aussi qui ont détruit la vénération et l’appréciation intelligente de la vérité qui enseigne intuitivement à l’homme qu’il y a quelque chose, une puissance, un être qui est de loin supérieur à tout ce qu’il a connu jusque-là. Ce sont eux encore qui ont gardé l’homme dans l’ignorance de cette vérité incommensurable que le bien est Dieu, Dieu en expression, Dieu en forme (dans la mesure où Dieu, qui est toutes formes, pourrait être limité à une seule forme), toujours et partout où Dieu se manifeste.

Avec l’acceptation et l’appréciation de ce fait infini, merveilleux – la compréhension personnelle que Dieu les entoure, les pénètre, les informe et les enveloppe, dirait-on, dans un vêtement d’amour, dans une puissance d’expansion, d’unification, – quelle place y a-t-il dans le cœur d’une personne normale, saine d’esprit, pour tout ce qui pourrait entrer en conflit avec son désir respectueux de remplir son but divin évident, avec son respect mêlé de crainte, face à la grandeur irrésistible de ce qu’aucun homme n’a jamais été et ne sera jamais capable d’exprimer en termes appropriés, tant qu’il se trouve sur le plan physique ? On pense aux profondeurs jusqu’auxquelles un être humain normalement intelligent peut s’abaisser, lorsque, par peur de perdre un avantage matériel insignifiant, il refuse d’affirmer sa foi en un Dieu tout-puissant, ou de s’identifier ouvertement avec ceux qui cherchent la source de leur être. Dans cette dérisoire crainte des moqueries d’un autre simulacre également ignorant ou souillé d’un véritable humain, il se joint à celui-ci pour discréditer ceux qui lui sont supérieurs. Devant tout cela, on en vient à se demander à quelles bassesses il pourrait encore se prêter. On ne peut qu’avoir pitié de la lâcheté et de la faiblesse qui font qu’un adepte mondain se défile, rabaisse sa propre âme et jette une ombre de critique injustifiée sur tous les êtres humains qui reconnaissent joyeusement et avec reconnaissance leur dette pour les Frères Aînés qui leur ont indiqué le long sentier caché du retour vers la Divinité. Dans un grand nombre de cas (Ô patience, reste avec moi !), il fait ceci parce qu’un autre pauvre malheureux a fait un effort futile pour obtenir de lui une obéissance ou du secours pour des raisons qu’il croit fausses. Il n’est pas assez sage pour percevoir que ce sont ses propres limites qui l’ont empêché de faire les bonnes distinctions. Ah ! il est fou en vérité, celui qui peut abandonner sa foi, son respect, sa dévotion envers le bien, même si elles sont manifestées faiblement, à la demande ou devant l’exemple d’une autre personne, alors que cette autre personne n’a jamais même «touché le bord du vêtement divin». De tous les hommes, il est certainement celui qui mérite le plus notre pitié et aussi notre rejet.

Aucun homme n’a jamais trouvé Dieu au moyen de son intellect, mais la voie de son cœur est droite et toujours largement ouverte.

HILARION - Temple 1 - Leçon 70