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DE VIEILLES CHOSES SOUS DES NOMS NOUVEAUX – partie 6

Si nous mettons de côté les enseignements purement métaphysiques de la Cabale, si on veut s’occuper seulement de l’occultisme physique et se consacrer à la branche, dite thérapeutique, les résultats d’une telle étude pourraient être profitables à quelques-unes de nos sciences modernes, entre autres, à la chimie et à la médecine. Le professeur Draper dit : « Parfois, non sans surprise, nous nous trouvons en présence d’idées que nous nous flattons d’avoir vu naître à notre époque ». Cette remarque, faite à propos d’écrits scientifiques des Sarrasins, s’appliquerait encore mieux aux Traités plus secrets des Anciens. La médecine moderne, tout en gagnant beaucoup du côté de l’anatomie, de la physiologie, de la pathologie – et même de la thérapeutique – a immensément perdu par son étroitesse d’esprit, son rigide matérialisme et son dogmatisme sectaire. Une école, dans sa myopie obstinée, ignore absolument ce qui est enseigné dans d’autres et toutes sont d’accord pour ne pas connaître les grandes conceptions sur l’homme ou sur la nature issues du Mesmérisme et les expériences faites sur le cerveau en Amérique, tout principe qui ne cadre pas avec le matérialisme le plus grossier. Il faudrait convoquer les médecins rivaux des diverses écoles pour réunir les notions actuellement acquises par la Science médicale. Encore, arrive-t-il trop souvent que, lorsque les meilleurs praticiens ont épuisé leur science et leurs talents sur un malade, survienne un magnétiseur ou un « médium guérisseur » qui opère la cure ! Ceux qui étudient les anciens livres de médecine, depuis, Hippocrate jusqu’à Paracelse et Van Helmont, trouveront une grande quantité de faits physiologiques et psychologiques parfaitement établis, des moyens curatifs et des remèdes que les médecins modernes méprisent et refusent (80).

Même pour ce qui regarde la chirurgie, les praticiens contemporains ont dû confesser humblement en public qu’ils ne pouvaient, même de loin, rivaliser avec l’adresse merveilleuse des anciens Égyptiens dans l’art de placer des bandages. Des centaines de mètres de bandelettes enveloppant une momie des oreilles aux orteils séparés ont été examinés par les principaux chirurgiens de Paris. Avec le modèle sous les yeux, ils n’ont pu rien faire d’approchant.

On peut voir dans la Collection Égyptologique d’Abbott, à New-York, des exemples nombreux de l’adresse dont les anciens faisaient preuve dans divers artisanats. Nous citerons, entre autres, l’art de la dentelle ; comme on ne peut guère s’attendre à trouver voisinant avec ces indices de la vanité féminine, ceux de la force de l’homme, nous avons là des cheveux postiches et des ornements en or de diverses espèces. La New-York Tribune rend compte du papyrus d’Ebers et dit : « Il n’y a, certes, rien de nouveau sous le soleil… Les chapitres 65, 66, 79 et 89 montrent que les lotions pour faire pousser les cheveux, les teintures, les cosmétiques et les poudres insecticides étaient en vogue il y a 3.400 ans ».

Combien peu de prétendues découvertes récentes sont réellement neuves, et combien, parmi elles, appartiennent à l’antiquité, c’est ce qu’établit avec une franche éloquence, quoique partiellement, le célèbre auteur philosophe, le professeur John W. Draper. Son livre intitulé : Conflit entre la Religion et la Science – ouvrage excellent avec un bien mauvais titre – fourmille de faits analogues. Page 13, il mentionne quelques exploits des philosophes antiques qui suscitèrent l’admiration de la Grèce. À Babylone, une série d’observations astronomiques dues aux Chaldéens remontait à dix-neuf cent trois ans ; Callisthenes les envoya à Aristote. Ptolémée, le roi-astronome d’Égypte, avait en sa possession un ouvrage babylonien sur les éclipses, ouvrage datant de 747 ans avant notre ère (canon de Ptolemee). Comme le fait raisonnablement observer M. Draper, « il a fallu des observations longues et minutieuses avant qu’on ait pu vérifier quelques-uns de ces calculs astronomiques qui sont parvenus jusqu’à nous. Ainsi, les Babyloniens avaient déterminé, à vingt-cinq secondes prés, l’année tropicale et leur estimation de l’année sidérale accuse à peine deux minutes de trop. Ils avaient trouvé la précession des équinoxes ; ils connaissaient les causes des éclipses et, à l’aide de leur cycle appelé Saros, ils pouvaient les prédire. Leur estimation de la valeur de ce cycle comprenant plus de 6.585 jours ne s’éloignait de la vérité que dix-neuf minutes et demie ».

« De tels faits fournissent la preuve indiscutable de la patience et de l’habileté avec lesquelles l’astronomie avait été cultivée en Mésopotamie ; malgré l’insuffisance d’instruments imparfaits, l’astronomie avait atteint une perfection non méprisable. Ces antiques observateurs avaient dressé un catalogue des étoiles, divisé le Zodiaque en douze signes, équilibré par douze heures le jour et la nuit. Suivant Aristote, depuis longtemps ils observaient attentivement l’occultation des astres par la lune. Leurs idées sur la structure du système solaire étaient correctes, ils connaissaient l’ordre et l’emplacement des planètes. Enfin ils fabriquaient des horloges solaires, des clepsydres, des astrolabes et des gnomons. »

Au sujet du monde d’éternelles vérités qui réside dans le monde des illusions transitoires et des non-réalités, le professeur Draper dit : « Ce monde ne sera pas découvert grâce aux vaines traditions qui nous ont transmis l’opinion des hommes vivants à l’aurore de la civilisation, ni dans les rêves des mystiques qui se croyaient inspirés. Il ne sera découvert qu’à l’aide des recherches de la géométrie et en interrogeant la nature d’une manière pratique. »

Précisément. Le but ne pouvait être mieux fixé. Cet éloquent écrivain énonce une vérité profonde. Cependant, il ne nous dit pas toute la vérité parce qu’il l’ignore lui-même. Il n’a point décrit la nature et l’étendue des connaissances enseignées dans les Mystères. Aucun peuple postérieur n’était aussi versé en géométrie que les constructeurs des Pyramides et d’autres monuments titanesques, anté- ou post-diluviens. D’autre part, nul ne les a égalés dans l’art d’interroger la nature d’une manière pratique.

Une preuve indéniable de ce fait, c’est la signification de leurs innombrables symboles. Chacun est une idée ayant pris corps, chacun combine la conception du Divin Invisible avec le terrestre et visible. L’un dérive de l’autre strictement, par analogie, selon la formule hermétique : « En haut comme en bas ». Leurs symboles prouvent une connaissance profonde des sciences naturelles, une étude pratique de la puissance cosmique.

Quant aux résultats pratiques à tirer « des recherches de géométrie », fort heureusement pour les étudiants qui veulent passer à l’action, nous ne somme plus tenus à nous contenter de simples conjectures. De nos jours, un Américain, M. Georges Felt, de New-York, s’il continue comme il a commencé, pourrait être, plus tard, considéré comme le plus grand géomètre de notre siècle. À l’aide des seules prémisses posées par les anciens Egyptiens, il a réussi et obtenu des résultats que nous le laisserons lui-même exposer : « Il faut d’abord, dit M. Felt, le diagramme fondamental auquel on peut rapporter toute géométrie élémentaire, plane ou solide ; puis produire des systèmes arithmétiques de proportions d’une manière géométrique. II faut ensuite identifier cette figure avec tous les restes d’architecture et de sculpture dans lesquels cette figure a été suivie d’une manière merveilleusement exacte ; établir que les Égyptiens l’avaient adoptée pour base dans tous leurs calculs astronomiques sur lesquels leur symbolisme était presque entièrement fondé ; retrouver ses traces au milieu des vestiges de l’art et de l’architecture des Grecs ; découvrir sa marque dans les annales sacrées des Juifs, jusqu’à prouver péremptoirement que tout leur système en dépendait ; Reconnaître que la découverte revient aux Égyptiens, après des recherches vieilles de dizaines de milliers d’années sur l’étude de la nature, et que ce système peut être vraiment appelé la Science de l’Univers. » En outre, il a pu « déterminer et préciser des problèmes de physiologie seulement soupçonnés jusqu’ici, développer pour la première fois une philosophie Maçonnique s’imposant, comme la première science et la première religion, tout comme elle en sera la dernière ». Nous pouvons enfin ajouter que M. Felt a pu prouver par des démonstrations visibles que les sculpteurs et les architectes Égyptiens avaient pris les modèles des curieuses figures ornant les façades et les vestibules de leurs temples, non pas dans les fantaisistes élucubrations de leur cerveau mais dans « les races invisibles de l’air » et des autres règnes de la nature. Comme les Égyptiens, il prétend pouvoir rendre ces races visibles grâce aux procédés chimiques et cabalistiques qu’ils employaient.

Schweigger prouve que les symboles de toutes les mythologies ont une base et une substance rigoureusement scientifiques (81). C’est seulement par les récentes découvertes des forces physiques électro-magnétiques de la nature que des experts en mesmérisme comme Schweigger, Ennemoser et Bart en Allemagne, le Baron du Potet et Regazzoni en France et en Italie, ont pu établir, avec une précision impeccable, la véritable corrélation qui existe entre chaque Theomythos et l’une de ces forces. Le doigt Idœique qui a une si grande importance dans l’art magique de guérir, a la signification d’un doigt de fer qui est attiré et repoussé, tour à tour, par des forces magnétiques naturelles. Il produisait, en Samothrace, des prodiges de guérison, en restaurant dans leur condition normale les organes affectés.

Bart va plus profondément que Schweigger dans l’interprétation des anciens mythes : il étudie la question sous ses deux aspects : spirituel et physique. Il parle longuement des Dactyles Phrygiens, ces « magiciens exorcistes des maladies », et des Théurgistes Cabires. Il dit : « Lorsque nous traitons de l’union intime des Dactyles avec les forces magnétiques, nous ne sommes pas nécessairement restreints à la pierre d’aimant et nos aperçus sur la nature ne font que jeter un coup d’œil sur le magnétisme dans son ensemble. Il est clair, dès lors, que les initiés qui se donnaient le nom de Dactyles, plongeaient le peuple dans l’étonnement en opérant, comme ils le faisaient, de vrais miracles de guérison par leur art magique. À cela, ils joignaient d’autres connaissances que le clergé de l’antiquité avait l’habitude de cultiver : l’agriculture, la morale, les progrès des arts et des sciences, les mystères et les consécrations secrètes. Tout cela était fait par les prêtres Cabires : pourquoi n’auraient-ils pas été aidés et guidés par les esprits mystérieux de la nature (82) ? Schweigger est du même avis. Il démontre que les phénomènes de l’ancienne Théurgie étaient produits par la puissance magnétique, « sous la conduite des esprits ».

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