COMMENTAIRES SUR LA CENTRALISATION
Avant de traiter des causes et les effets de la centralisation, je désire souligner le fait que j’ai déjà abordé ce sujet dans des leçons précédentes.
La désobéissance à la loi fondamentale de la centralisation est une des principales causes de la confusion qu’on trouve actuellement dans tous les secteurs de l’activité humaine.
Il est couramment accepté que le rejet et la destitution d’un dirigeant dans la vie religieuse, sociale et matérielle, pour une raison quelconque, est une façon désirable et efficace d’améliorer sa situation. Ainsi, le meurtre d’un roi impopulaire ou une attaque vicieuse sur les qualités morales ou physiques d’un dirigeant de moindre niveau, qui, en agissant sur l’opinion publique (si on vise un but ultérieur), a pour effet de lui enlever définitivement son pouvoir, est très populaire chez ceux pour qui la fin justifie les moyens. Les résultats immédiats de ces actions semblent souvent leur donner raison. Mais si on pouvait prendre en considération leurs effets sur ceux qui ont accompli ces actions ainsi que leurs effets à long terme, on verrait que ce raisonnement est incorrect. En effet, peu importe laquelle des 49 lignes de vie qui anime un groupe religieux, national, social ou racial, les forces d’évolution ne peuvent fournir à ce groupe une croissance ininterrompue qu’à travers cette seule ligne. Toutes les lignes intermédiaires ou communicantes ne sont que des lignes d’influences, dont l’effet peut être positif ou négatif, et uniquement pour des périodes définies, en fonction de leur relation magnétique avec la ligne principale.
Cette ligne principale traverse toutes les cellules centrales des organes ou formes reliés karmiquement à ce groupe, peu importe sa nature ou son caractère, comme un fil que l’on verrait à travers un grand nombre de perles de verre.
Il ne pourrait jamais se produire dans cette ligne une situation nuisible au groupe dans son ensemble, si les lignes intermédiaires ou communicantes conservent la relation magnétique correcte avec la ligne centrale, parce que les lois de la croissance et du développement ne le permettraient pas.
Si le noyau de la cellule centrale de ce groupe organique n’était pas suffisamment viril pour supporter et appliquer les forces d’évolution de sa ligne centrale, il aurait été détruit lorsqu’il était encore au stade d’un germe microbien ou bactérien. Si la cellule centrale dégénère ou meurt plus tard, ce sera parce qu’elle n’aura pas été suffisamment soutenue et nourrie de l’extérieur, c’est-à-dire par ses connexions immédiates, pour lui permettre de se reproduire.
La race humaine ne peut pas attirer vers elle, dans un département fonctionnel, un dirigeant ou un chef qui soit très en avance sur les autres éléments constituants – les hommes et les femmes de ces départements. Cela est dû à la tendance de l’homme inférieur – l’animal – de détruire ou de mutiler ce qu’il ne peut pas comprendre ou contrôler, et que par conséquent il craint. La nature inexplicable de la cellule centrale, le dirigeant, le rend dangereux pour les cellules inférieures, et leur donne par conséquent une raison de le rejeter. En conséquence, cette cellule, au lieu de recevoir le support et le soutien qu’elle est en droit d’espérer, est arrachée à son poste, battue et rejetée. À toutes fins pratiques, elle devient le « Fils rejeté », « le Grand Sacrifice » de ce département, organe ou groupe particulier. Ensuite, les responsables doivent subir les résultats karmiques de leur action, et ils connaissent la souffrance et le malheur. En effet, le groupe ne peut pas conserver son équilibre sans sa cellule centrale, et ses membres sont eux-mêmes, individuellement, battus, rejetés ou mis en pièces par les administrateurs de la loi qu’ils ont mise en branle par leur action. C’est ainsi que la nature se venge de la destruction d’un de ses centres d’opération.
De la même façon qu’il est impossible aux forces naturelles de construire un corps sans cellule centrale, il est impossible à l’homme de construire une nation ou un organisme sans la force dirigeante, le pouvoir d’attraction supérieur d’une personne qui occupe une position semblable à celle de la cellule centrale.
Les membres du groupe peuvent s’imaginer qu’ils ont eux-mêmes donné le pouvoir à cette personne, et qu’ils peuvent par conséquent le lui retirer à leur guise, mais cela n’est vrai qu’en un seul sens. En effet, ce dirigeant a été placé à cet endroit par le pouvoir des Seigneurs du Karma, qui agissaient sur l’esprit de ses membres. Si, contrairement à la volonté de ces instruments karmiques de la Volonté Divine, et pour des raisons égoïstes, les membres limogent le dirigeant, alors ils sonnent le glas du groupe en même temps.
Lorsque les fonctions normales de la vie et les responsabilités karmiques d’une plante ou d’un homme sont pleinement accomplies, la nature même retire cette plante ou cet homme de ce champ d’opération conformément à ses mérites.
La nature a un grand nombre de moyens de réaliser ceci, mais si les hommes tentent, par force ou par diplomatie, de retirer le dirigeant avant que ses fonctions ne soient complétées, la race entière perd dans la mesure exacte du mal qui a été commis.
Vous pourriez dire que si une direction supérieure pousse les hommes à placer un homme à la tête d’une nation ou d’un organisme, pourquoi cette direction supérieure ne pousserait-elle pas les mêmes hommes à le retirer lorsqu’ils le considèrent nécessaire ?
Je réponds qu’il ne peut pas être retiré à bon droit pour la raison que l’intelligence supérieure ne placerait jamais un homme dans une position centrale en sachant que la vie de cette nation ou de cet organisme dépend de la stabilité de ce point central, à moins qu’elle sache sans le moindre doute que cet homme pourra conserver cette place centrale s’il est soutenu correctement. Si cet homme devait subir un échec dans ses épreuves de vie personnelle, l’antithèse du pouvoir qui a rendu possible son élévation à la direction, et qui existe en lui en proportion exacte à ce dernier, le ferait descendre à une profondeur correspondant exactement à la hauteur qu’il avait atteinte. Si la loi divine suivait son cours normal, cette chute serait causée par sa perte du pouvoir, sa maladie ou sa mort – en d’autres mots, par ses limites personnelles, et non par les actions d’autres personnes.
La délégation du pouvoir à la famille et aux amis, quelle que soit la valeur ou l’habileté de ces derniers, est responsable des neuf dixièmes des problèmes qui suivent la mise en place de l’autorité. Cette situation durera jusqu’à ce que l’homme, dans son évolution, ait atteint le point où sa famille et ses amis sont ceux « qui accomplissent la volonté du Père1 », comme l’a dit le Nazaréen.
Il faut dix fois plus de courage et d’endurance pour obéir aux règles particulières de la vie quotidienne lorsque notre volonté et nos désirs nous tirent dans des directions contraires, qu’il en faut pour faire face à toute crise de la vie. En ce dernier cas, vous avez accès à la force de vie de votre race, alors que, dans les choses ordinaires de la vie, vous dépendez de vos propres forces personnelles.
Les figures centrales d’un groupe de gens, qu’elles se soient placées là par elles-mêmes ou qu’elles y aient été placées par d’autres, devraient se tenir seules, sans que personne ne leur nuise, mais en travaillant pourtant avec ces autres personnes sur des lignes magnétiques véritables.
Lorsque ces connexions magnétiques existent, il ne se produit pas de friction indue, parce que la volonté de l’un est la volonté des autres.
Le placement arbitraire au pouvoir d’hommes ou de femmes, contre la volonté ou les indications des Seigneurs du Karma et pour des motifs d’intérêt personnel, par ceux qui devaient bénéficier de leur élévation, a apporté d’énormes souffrances aux humains. La deuxième cause est le limogeage arbitraire, pour de mauvais motifs, de dirigeants qui avaient été placés correctement.
1 N.D.É. Évangile de Matthieu 12 50.
HILARION - Temple 1 - Leçon 126