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AU SUJET DES ENSEIGNEMENTS DU TEMPLE

Cher ami,

Vous m’avez demandé de parler des « Enseignements du Temple ». Même si vous ne les connaissez pas par leur nom, vous les connaissez déjà, tout comme moi, et tout comme l’ensemble de l’humanité. Vous avez quelque part entendu parler de la « Règle d’Or », et vous avez vécu votre vie en vous y conformant, jusqu’à un certain point, et probablement en l’enfreignant aussi à l’occasion. Probablement qu’aucun de nous ne peut évaluer à quel point nous sommes bons ni à quel point nous sommes mauvais. Cela ne servirait d’ailleurs à rien, puisque nous devons tous admettre que nous sommes moins que parfaits. Qu’est-ce que cela changerait que nous tentions de nous placer l’un l’autre sur une échelle graduée de un à dix, Dieu étant à dix ?

Nous avons probablement des idées différentes au sujet de Dieu – si nous admettons qu’il y a un Dieu – et nous nous retrouverions à comparer ses divers pouvoirs à notre avantage. Il y a aujourd’hui des scientifiques de talent qui suggèrent que l’ensemble de l’univers s’est développé à partir d’un « big bang » initial qui a eu pour résultat la création accidentelle, mais systématique, de tout ce qui existe dans l’univers. Mais il y en a d’autres qui préfèrent penser que cette théorie est peut-être vraie, mais qu’il a fallu « Quelqu’un » pour déclencher le « big bang ». Certains ont l’impression qu’une Intelligence divine a tout fait naître par son amour parce que, avec peut-être l’exception de nous-mêmes – les hommes –, le reste de l’univers connu semble se mouvoir dans une harmonie et un équilibre exquis, qu’il s’agisse d’une galaxie, d’une étendue sauvage ou d’une fleur.

Curieusement, de tous les règnes de la nature, seule l’humanité – l’homme – a le pouvoir de la parole, un mécanisme de communication qui domine notre monde, pas toujours pour le mieux, mais toujours dans un certain but. Notre manière de communiquer – de poser des questions et d’y répondre, de vouloir savoir, de vouloir dire – n’est pas toujours aussi subtile que celle qui a cours dans les règnes animal, végétal et minéral, ou que celle que l’on peut trouver dans le feu, l’air, la terre et l’eau. Leur manière de communiquer est reconnue par les gens comme des lois de la nature dont ils sont interdépendants et auxquelles ils obéissent de façon implicite. L’humanité, d’un autre côté, possède le libre arbitre. Nous pouvons communiquer un « oui » ou un « non ».

Alors, il est bon lorsqu’on parle d’éviter les mots compliqués ou de rendre la communication verbeuse plutôt que de la mettre au service de l’expression des idées. Car vous et moi pouvons chacun tirer un sens différent et possiblement contradictoire des mêmes mots. Un enseignant, William Quan Judge, a suggéré que si toute la terminologie du monde scientifique – en électronique, chimie, physique, biologie, géologie, etc. – était retirée, et que s’il n’y avait aucun système de mots pour les décrire en termes d’hypothèse ou de mesure, le monde pourrait encore fonctionner en étant gouverné par des principes. Les montagnes, les volcans, les océans, les rivières, les vents, le Soleil lui-même ne cesseraient en aucune façon d’exister. Et si les innombrables civilisations qui ont précédé la nôtre – chacune ayant eu sans aucun doute sa propre et différente façon de décrire l’univers – ont atteint de grandes hauteurs par leurs réalisations, ce fait ne pouvait apparemment pas les protéger de la dégénération. Pendant ce temps, le monde se déplace constamment sur une orbite gouvernée par des lois irrévocables désignées par des mots tels que gravité, attraction, amour, cohésion, loyauté, rayons réfractés, couleurs – autant de facettes de la lumière solaire matérielle et spirituelle.

Il arrive fréquemment qu’on fasse référence aux « Enseignements du Temple » comme étant la « Théosophie », un mot ancien qui signifie « Dieu » (theo) et « sagesse » ou « connaissance » (sophia). C’est un mot approprié, mais il est trop limitatif, sauf lorsqu’il est utilisé en tant que portail ouvrant sur l’étude des « Enseignements » – comme tous les mots de ce genre, il tend à impliquer « sectarisme » et « credo ». Le fait est, mon ami, que vous êtes déjà familier avec la signification de ce mot, avec les sujets sur lesquels ces « Enseignements » font la lumière. Vous n’entrez pas explorer un monde inconnu ou lointain. Vous comprenez suffisamment le monde dans lequel vous vivez pour vous accommoder, avec bonheur ou pas, d’un mélange varié d’émotions. Votre relation actuelle avec l’univers dépend de votre intelligence et de votre bien-être physique, mental et spirituel.

« Commencer là où vous êtes à faire ce que vous faites, peu importe ce que c’est. » Il s’agit là, pour vous, de la vérité la plus vitale et la plus importante de l’univers, puisque de toute évidence vous n’avez pas le choix.

Comme nous possédons la faculté de parler, nous devons admettre qu’une certaine loi a été prononcée constamment, depuis ce que nous appelons le « commencement » – peu importe de quel commencement il s’agit – dans toutes nos innombrables langues : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux.1 » Il est impossible que toute l’humanité ne soit pas impliquée fondamentalement dans cette loi.

Tel est le but des « Enseignements du Temple » : nous occuper de nous tous tels que nous sommes maintenant, impliqués dans la connaissance et l’ignorance, l’amour et la haine, l’altruisme et l’avidité, le bien commun et le gaspillage, peu importent les mots que nous soutenons ou refusons d’admettre, mais ne manquant jamais de nous propulser vers un sens plus plein de la vie que nous vivons. Car vous avez vu que votre vie est un processus d’apprentissage qui ne connaît pas de limite. Elle représente l’acquisition de compétences dans les mondes physique, mental et émotionnel où vous évoluez. Les possibilités qu’ouvrent ces compétences sont illimitées. Elles sont vôtres si vous les méritez. Il n’y aucune façon pour nous de savoir combien d’entre elles nous pouvons apprendre, mais il en est fait une évaluation réaliste en des termes que nous connaissons déjà : art, science, éthique, morale, gouvernement, religion et, naturellement, communication. Nous ne pouvons mettre aucune limite à cet apprentissage, sauf pour le qualifier d’infini. Certains l’appellent « l’Esprit de Dieu ». Ce que nous apprenons et gagnons n’est qu’une partie de ce qui existe déjà, chose que nous apprenons à connaître.

Vous avez pu apprendre que d’une certaine façon vous êtes devenu responsable de la connaissance que vous avez acquise. Ou vous pouvez avoir l’impression qu’on peut tirer beaucoup de la connaissance. Vous pouvez avoir l’impression que vous n’avez qu’une vie à vivre – et que cette vie déterminera si vous allez passer le reste de l’éternité au paradis ou en enfer. Vous pouvez penser que vous êtes issu du néant et que vous y retournerez à votre mort. Ou vous pouvez avoir l’impression que Jésus est mort pour vos péchés et que, par conséquent, vous êtes libéré de toute responsabilité, tout comme du reste des iniquités du monde. Les théologiens appellent cette doctrine « la réparation par procuration ». Il s’agit d’un gouvernement de prêtres utilisant la peur et la supplication. Mais bien des gens ont l’impression que cette façon de voir ne cadre pas du tout avec une vie quotidienne où la responsabilité personnelle est partagée par toutes les personnes avec lesquelles vous vivez, même si vous ne les connaissez pas.

Vous pouvez souscrire à une forme d’adoration organisée qui vous a apporté confort, sagesse et direction, et qui vous a inspiré à faire le bien et à faire mieux. Si tel est le cas, soyez heureux dans cette sécurité. Aucune forme de culte ne peut rien de plus pour vous. Si cela vous a mené où vous êtes aujourd’hui, en quête de réponses aux questions de la vie, soyez reconnaissant qu’hier vous ait mené jusqu’à aujourd’hui. Maintenant vous cherchez de nouveau et vous posez des questions sur les « Enseignements du Temple ».

Ces « Enseignements » vous diront que vous vous réincarnez plusieurs fois, tout comme les cellules, les atomes, les mondes, les idées, les lois et les civilisations. Pour nous, il existe un sentier sans fin d’apprentissage, depuis le passé inconnu jusque dans le futur inconnu avec, pour faire un pont entre les deux, le moment que nous appelons le « maintenant » – le moment présent, le moment le plus important. Le mot « réincarnation » est un nom, une idée, une force appelée « espoir ». Les « Enseignements » nous disent comment tirer le maximum de chaque moment. Ils ne s’appesantissent pas sur les choses psychiques, médiumniques, spiritualistes ou soi-disant occultes.

Les « Enseignements » vous disent que rien n’existe qui n’a pas eu de cause. Rien n’est accidentel, quoique nous puissions ignorer quelle est cette cause. Par conséquent, à mesure que vous parcourez le sentier de la vie, vous créez constamment des causes qui deviennent des effets, lesquels deviennent à leur tour d’autres causes, et ces dernières affectent le monde tout comme elles vous affectent. Le but de la vie est contenu, non pas dans la technologie, mais dans une personnalité intègre et le bien commun. Cette responsabilité personnelle s’appelle le « karma » en sanscrit – cause et effet, et équilibre retrouvé – et elle est directement liée à la réincarnation.

« La réincarnation et le karma – espoir et responsabilité – ne sont que deux clefs qui aident à déverrouiller les grands mystères.2 » Vous n’en savez peut-être pas assez sur l’un et l’autre pour croire en eux, mais vous ne pouvez pas vivre sans espoir et sans vous sentir concerné. En fait, aujourd’hui, il y a très peu de choses que nous savons au sujet de quoi que ce soit, même au sujet des causes et des effets de notre propre monde et de nous-même.

Mais nous en avons appris suffisamment au sujet de la vie pour savoir que nous devons manger notre propre nourriture et respirer notre propre air – et que personne ne peut faire cela pour nous. Par conséquent, disent les « Enseignements », chacun de nous est partie intégrante d’un vaste univers, une partie que personne d’autre ne peut remplacer. Nous devons faire notre propre travail, parce que personne d’autre ne peut le faire pour nous. Mais, nous ne pouvons faire ce travail que grâce à tout le travail que les autres ont fait avant nous – et nous devons faire le nôtre pour que ceux qui nous suivent puissent faire le leur. Et nous ne pouvons pas non plus échouer aussi longtemps que nous recommençons ce travail et que, espérons-le, nous le faisons mieux chaque fois.

Et en ce monde, dont nous sommes une partie essentielle et responsable, il est plus qu’évident qu’il existe des degrés d’intelligence créative, de pouvoir et de beauté que nous pouvons à peine comprendre. Mais cette perfection reflète clairement pour nous la vie d’hommes qui nous ont précédés, qui sont plus grands que nous et qui, en réalité, vivent toujours parmi nous. Ils allument le feu de notre cœur, de notre imagination, de notre esprit. Ils chantent nos chansons, peignent nos tableaux, nous mènent du connu à l’inconnu. Ils sont nos enseignants dans l’art et la science de la vie quotidienne. Ils nous tiennent la main, ils nous guident dans notre progrès. Ils éclairent notre sentier à travers les joies et les peines, la guerre et la paix. Ils nous ont donné des lois et des principes – des lois comme les « Béatitudes », les « Dix Commandements » de l’Ancien Testament, les « Préceptes Sacrés » du Bouddha, les « Commandements du Temple ». Ces préceptes ne sont pas plus le fruit d’une évolution issue d’essais et d’erreurs que ne l’est l’homme. Ils ne sont pas non plus sujets à des référendums ou à des comités, ou encore à un vote que ne le sont la gravité ou l’électricité. Il ne s’agit pas d’instructions verbales exigeant des illustrations intellectuelles ou matérielles. Ils sont ce que nous avons toujours reconnu comme un pouvoir plus grand que nous-même – l’Amour d’un Père-Mère qui nous entoure comme la lumière du soleil, quoique certains le transforment en peur et en vengeance.

Les « Enseignements du Temple » existent pour être étudiés afin que tous y trouvent des réponses aux « comment », « pourquoi », « quoi », « quand » et « où » – des réponses quotidiennes à la douleur et à la souffrance, aux expressions de joie et de beauté, car nous changeons tous constamment. Les « Enseignements » indiquent l’étape suivante, et toujours avec amour et sollicitude, sagesse, serviabilité et sacrifice patient. Personne nulle part n’est étranger à cette direction ; elle anime toute vie. Et c’est la raison pour laquelle vous êtes déjà concerné par les « Enseignements du Temple », quel que soit le nom ou les manifestations sous lesquels vous les connaissez.

Si ce texte vous a aidé en cours de route, c’est en raison de sa vérité, et cette vérité vous l’avez reconnue à cause de l’autorité que vous portez en vous-même.

Harold E. Forgostein – Quatrième Gardien en Chef

1 – N.D.É. Évangile de Matthieu 7 12.

2 – N.D.É. William Quan Judge.