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L’AETHER OU LA « LUMIERE ASTRALE » – partie 4

Ce n’est donc point uniquement des livres mosaïques que nous entendons tirer la preuve de notre argumentation ultérieure. Les anciens Juifs avaient puisé toutes leurs connaissances, religieuses et profanes, chez les peuples auxquels ils avaient été mêlés dès les âges les plus reculés. Même la plus ancienne de toutes les sciences, leur « doctrine secrète » cabalistique peut être suivie dans chacun de ses détails jusqu’à la source primitive, c’est-à-dire la Haute-Inde ou le Turkestan, longtemps avant l’époque où les nations Aryenne et Sémitique se sont séparées. Le roi Salomon, resté fameux pour son savoir magique tenait ses connaissances secrètes de l’Inde par Hiram, roi d’Ophir, et peut-être de Saba (253). Son anneau, généralement connus sous le nom de « sceau de Salomon », si célèbre pour son pouvoir sur les divers génies et démons, d’après toutes les légendes populaires, est également d’origine Hindoue. Le Révérend Samuel Mateer, de la Société des missions de Londres, déclare être en possession d’un volume manuscrit très ancien traitant d’incantations magiques et de sortilèges en langage Malayâlim et donnant des indications pour produire une grande variété de phénomènes. Cette mention se trouve dans un écrit où le Révérend traite des prétentions et de l’habileté abominable des « adorateurs du diable » à Travancore. Comme de raison, il ajoute que « parmi ces incantations, beaucoup sont effrayantes de malignité et d’obscénité ». II donne dans son travail le fac-similé de quelques amulettes portant des figures magiques et des dessins. Dans le nombre nous en trouvons un avec la légende suivante : « Pour faire disparaître le tremblement qui résulte de la possession démoniaque, tracez cette figure sur une plante ayant un jus laiteux et traversez là d’un clou : le tremblement cessera (254). » Cette figure représente le sceau exact de Salomon ou le double triangle des Cabalistes. Les Hindous l’ont-ils pris du Cabaliste juif ou ce dernier de l’Inde, par héritage de son roi, le grand Cabaliste, le sage Salomon (255) ?

Cabale

Mais laissons cette discussion oiseuse pour continuer notre étude plus intéressante, sur la lumière astrale et ses propriétés inconnues.

En admettant, donc, que cet agent mythique est l’Ether, examinons ce que la science sait à son sujet.

Relativement aux divers effets des différents rayons solaires, Robert Hunt, F.R.S., dans ses Researches on Light in its chemical Relations, fait les réflexions suivantes :

« Les rayons qui donnent le plus de lumière, les rayons jaunes et orangés, ne produisent aucun changement de couleur dans le chlorure d’argent, « tandis que » les rayons qui ont le moins de pouvoir éclairant, les bleus et les violets, produisent le plus grand changement et dans un temps extrêmement court… Les verres jaunes arrêtent à peine n’importe quelle lumière, les verres bleus, au contraire, peuvent être foncés au point de n’en laisser filtrer que très peu ».

Et nous voyons, cependant, sous l’action des rayons bleus la vie animale et végétale se développer d’une façon désordonnée tandis que, sous l’action des rayons jaunes, elle est proportionnellement arrêtée. On ne peut expliquer cela d’une manière satisfaisante si ce n’est par l’hypothèse que les vies animale et végétale sont des phénomènes électromagnétiques différemment modifiés mais dont les principes fondamentaux sont encore inconnus.

M. Hunt estime que la théorie ondulatoire n’explique pas les résultats de ses expériences. Sir David Brewster, dans son Traité d’optique montre que « les couleurs de la vie végétale proviennent… d’une attraction spécifique que les particules de ces corps exercent sur les différents rayons lumineux ». « C’est, dit-il, par la lumière du soleil que les sucs colorés des plantes sont élaborés, que les couleurs des corps sont modifiées…, etc.…) Il remarque « qu’il est difficile d’admettre que ces effets soient produits par la simple vibration d’un milieu éthéré ». Alors, dit-il, il se voit forcé « par des faits de cet ordre, de raisonner comme si la lumière était matérielle. (?) » Le professeur Josias P. Cooke de l’Université d’Harward, dit qu’il ne « peut être d’accord avec ceux qui considèrent la théorie des ondes lumineuses comme un principe scientifiquement établi (256). » La doctrine d’Herschell, veut que l’intensité de la lumière, par suite de chaque ondulation « soit en raison inverse du carré de la distance du corps lumineux ». Si elle est exacte, elle porte une grave atteinte, pour ne pas dire le coup mortel à la théorie ondulatoire. Les expériences réitérées à l’aide de photomètres, ont prouvé qu’il avait raison mais, bien qu’un doute très accentué commence à percer, la théorie ondulatoire est encore debout.

Puisque le général Pleasanton, de Philadelphie, a entrepris de combattre cette hypothèse antipythagoricienne et qu’il y a consacré tout un volume, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur à son récent ouvrage sur le Rayon bleu, etc… Nous laissons la théorie de Thomas Young qui, d’après Tyndall, « a placé la théorie ondulatoire de la lumière sur une base inébranlable », soutenir sa thèse, si elle le peut, avec l’expérimentateur de Philadelphie.

Eliphas Levi, le magicien moderne, décrit la lumière astrale dans la phrase suivante : « Nous avons dit que, pour acquérir la puissance magique, deux choses sont nécessaires : dégager sa volonté de toute servitude et l’exercer en la contrôlant. »

« La volonté souveraine est représentée dans nos symboles par la femme qui écrase la tête du serpent et par l’ange radieux qui terrasse le dragon qu’il tient sous son pied et sous son glaive. Le grand agent magique, le double courant de lumière, le feu vivant et astral de la terre a été représenté, dans les anciennes théogonies, par le serpent à tête de taureau, de bélier ou de chien. C’est le double serpent du Caducée, c’est le vieux serpent de la Genèse, mais c’est aussi le Serpent d’airain de Moise, enroulé autour du tau, c’est-à-dire le lingha générateur. C’est aussi le bouc des sorcières du Sabbat et le Baphomet des Templiers, c’est le Hylé des gnostiques, c’est la double queue du serpent qui forme les pattes du coq solaire de l’abraxas et, enfin, c’est le Diable de M. Eudes de Mirville. Mais c’est réellement la force aveugle que les âmes doivent conquérir pour se libérer elles-mêmes des liens de la terre car si leur volonté ne les délivre pas « de cette fatale attraction, elles seront entraînées dans le courant par la force qui les a produites et elles retourneront au feu central et éternel. »

Cette image en langue cabalistique, malgré son étrange phraséologie, est précisément celle qu’employa Jésus dont la pensée ne pouvait avoir qu’une signification possible : celle que lui attribuèrent les Gnostiques et les Cabalistes. Plus tard, les théologiens chrétiens l’ont interprétée différemment et, pour eux, elle est devenue la doctrine de l’Enfer. Mais littéralement elle veut dire tout simplement ce qu’elle dit – la lumière astrale, le générateur et destructeur de toutes formes.

« Toutes les opérations magiques, continue Lévi, ont pour but de nous libérer des étreintes de l’Ancien Serpent ; nous visons ensuite à lui mettre le pied sur la tête et à le faire agir selon la volonté de l’opérateur. Dans le mythe évangélique, le Serpent dit : « Je te donnerai tous les royaumes de la terre si tu veux te prosterner et m’adorer. » L’initié devra lui répondre : « Je ne m’agenouillerai point mais, toi, tu te prosterneras à mes pieds ; tu ne me donneras rien mais je me servirai de toi et je prendrai ce que je voudrai. Car je suis ton maître et ton Seigneur ! » Tel est le vrai sens de la réponse ambiguë faite par Jésus au tentateur… Le Diable n’est donc pas une Entité, c’est une force vagabonde, comme son nom l’indique. Un courant odique ou magnétique, formé par une chaîne (un cercle) de volontés pernicieuses, doit créer ce mauvais esprit que l’évangile nomme Légion et qui force un troupeau de pourceaux à se jeter dans la mer. Encore une allégorie évangélique montrant combien les natures basses et viles peuvent être entraînées par les forces aveugles que l’erreur et le péché mettent en mouvement (257). »

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