L’AETHER OU LA « LUMIERE ASTRALE » – partie 3
C’est le magnétisme moderne, le mesmérisme de du Potet et d’autres maîtres. Lorsqu’ils ont soumis une personne à leur influence fluidique, ils peuvent lui communiquer toutes leurs pensées, même à distance et contraindre leur sujet, par une force irrésistible, à obéir à leurs ordres mentaux. Mais combien mieux les anciens philosophes connaissaient-ils cette force psychique. Nous pouvons glaner des renseignements aux sources antiques. Pythagore enseignait à ses disciples que Dieu est le Mental universel répandu en toutes choses, que ce mental, par la seule vertu de son identité universelle, pouvait être communiqué d’un objet à un autre et qu’on pouvait lui faire créer toutes choses par la seule puissance de la volonté humaine. Chez les anciens Grecs Kurios était le Mental Dieu (Nοùς). « Or Koros (Kurios) signifie la nature pure et sans mélange de l’Intellect Sagesse », dit Platon (241). Kurios, c’est Mercure, la Sagesse Divine et « Mercure c’est Sol (242) » (Soleil) de qui Thaut-Hermès reçut cette divine sagesse qu’à son tour il transmit au monde dans ses livres.
Hercule est aussi le Soleil, l’entrepôt céleste du magnétisme universel (243), ou, plutôt, Hercule est la lumière magnétique qui s’étant ouvert une voie, par « l’œil ouvert du ciel » passe dans les régions de notre planète et devient ainsi le « Créateur ». Hercule traverse les douze travaux, le vaillant Titan ! Il est appelé « le Père de Tout », « né de lui-même » « Autophnès (244) ». Hercule, le Soleil est tué par le Diable, Typhon (245). Il en est de même d’Osiris, père et frère d’Horus et qui lui est aussi identique. Rappelons-nous que l’aimant était appelé « l’os d’Horus » et le fer « l’os de Typhon ». On l’appelle Hercule Invictus mais seulement lorsqu’il descend au Hadès (246) le jardin souterrain), cueille « les pommes d’or » de « l’arbre de vie », et tue le dragon. Le pouvoir Titanique brut, « doublure » de chaque dieu solaire, oppose sa force de matière aveugle à l’esprit magnétique divin qui s’efforce d’harmoniser toutes choses dans la nature. Tous les dieux solaires avec leur symbole, le soleil visible, ne sont les créateurs que de la nature physique. La nature spirituelle est l’œuvre du Dieu Très-Haut, SOLEIL Caché, Central, Spirituel, et de son Demiurge le Mental Divin de Platon et la Divine Sagesse d’Hermès Trismégiste (247), la sagesse émanant d’Oulom ou Kronos.
« Après la distribution du Feu pur, dans les Mystères de Samothrace, une vie nouvelle commençait (248) ». C’est à cette « nouvelle naissance » que Jésus fait allusion dans sa conversation nocturne avec Nicodème. « Initiés dans les plus sacrés de tous les Mystères, étant nous-mêmes purs…, nous devenons justes et saints avec sagesse (249) ». « Il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Pneuma (250) ». Et ce simple acte de puissance de la volonté suffisait pour communiquer le don de prophétie dans sa forme la plus noble et la plus parfaite si l’initiateur et l’initié en étaient dignes ». Railler ce don même sous son aspect actuel, dit le Rév. J.-B. Gross, l’assimiler au rejeton corrompu, aux traces attardées d’un siècle d’ignorance et de superstition, le condamner d’emblée, comme indigne de tout examen sérieux, serait aussi injuste qu’antiphilosophique. Écarter le voile qui dérobe l’avenir à nos yeux, on l’a tenté à tous les âges du monde. Aussi cette tendance à fouiller dans les arcanes du temps, considérée comme une des facultés du mental humain, nous arrive avec encouragement sous la sanction de Dieu… Zwingli, le réformateur suisse, montrait la largeur de sa foi en la providence de l’Être Suprême par sa doctrine sans exclusivité d’après laquelle le Saint-Esprit n’était pas complètement exclu de la partie la plus méritante du monde païen. Admettant qu’il en soit ainsi, il nous serait difficile d’imaginer une raison plausible pour contester à un païen, favorisé de la sorte, l’aptitude à la vraie prophétie (251) ».
Or quelle est cette substance mystique primordiale ? Dans le livre de la Genèse, au commencement du premier chapitre, elle est désignée par : « la surface des eaux » qu’on dit fécondée par « l’Esprit de Dieu ». Job, au chapitre XXVI, 5, dit que « les choses mortes sont formées de ce qui est sous les eaux et de leurs habitants ». Dans le texte original, au lieu de « choses mortes », il est écrit Rephaim morts (géants ou puissants hommes primitifs.) C’est d’eux que « l’Evolution » pourra, quelque jour, faire descendre notre race actuelle. Dans la mythologie égyptienne, Kneph, le Dieu Eternel non révélé, est représenté par un serpent, emblème de l’éternité, enroulé autour d’une urne remplie d’eau au-dessus de laquelle il lève la tête pour la couver de son souffle. Dans ce cas, le serpent est l’Agathodaimon, le bon esprit ; dans son aspect opposé, il est le Kakodaimon, le mauvais esprit. Dans les Eddas Scandinaves, la rosée de miel, nourriture des dieux et des abeilles d’Yggdrasill actives et créatrices, tombe pendant la nuit, alors que l’atmosphère est imprégnée d’humidité. Dans les mythologies du Nord, en tant que principe passif de la création, elle est le type de la création de l’Univers, tiré de l’eau. Cette rosée est la lumière astrale dans une de ses combinaisons et elle possède des propriétés créatrices aussi bien que destructrices. Dans la légende Chaldéenne de Berose, Oænnes ou Dagon, l’homme poisson, instruisant le peuple, montre le monde enfant créé de l’eau et tous les êtres issus de cette matière première. Moise enseigne que la terre et l’eau peuvent seules produire une âme vivante et nous lisons dans les Ecritures que les plantes ne pouvaient croître avant que l’Eternel n’eût fait pleuvoir sur la terre. Dans le Popol-Vuh Mexicain, l’homme est créé de la boue ou terre glaise tirée de dessous l’eau. Brahma a créé Lomus, le grand Mouni (ou premier homme) assis sur sa feuille de lotus, mais seulement après avoir appelé à l’être les esprits qui jouissaient ainsi, parmi les mortels, d’une priorité d’existence et il le forma d’eau, d’air et de terre. Les alchimistes prétendent que la terre primordiale ou pré-adamique, lorsqu’elle est réduite à sa substance primitive, est, dans son deuxième stade de transformation, comme de l’eau claire, le premier degré étant l’alkahest (252) proprement dit. Cette substance primordiale est dite contenir l’essence de tout ce qui contribue à former l’homme. Elle n’a pas seulement tous les éléments de son être physique, mais même « le souffle de vie » à l’état latent et tout prêt à s’éveiller. Cela lui vient de « l’incubation » de l’Esprit de Dieu sur la surface des eaux, le chaos ; de fait, cette substance est le chaos lui-même. De là Paracelse se disait capable de faire ses « homunculi » ; et voilà pourquoi Thales, le grand philosophe naturel, soutenait que l’eau était le principe de toutes choses dans la nature. Qu’est-ce que le Chaos primordial sinon l’Æther ? L’éther moderne, non pas tel qu’il est admis par nos savants modernes, mais tel qu’il était défini par les anciens philosophes, longtemps avant Moise, l’Ether avec toutes ses propriétés mystérieuses et occultes, contenant en lui-même le germe de la création universelle, l’Ether, la vierge céleste, la mère spirituelle de toute forme et de tout être, du sein de laquelle, aussitôt qu’elle est couvée par l’Esprit Divin, sont appelées à l’existence la Matière et la Vie, la Force et l’Action. L’électricité, le magnétisme, la chaleur, la lumière et l’affinité chimique sont si peu compris encore que des faits nouveaux élargissent constamment le cercle de notre savoir. Qui peut dire où finit la puissance de ce géant protéen, l’Ether ; ou nous faire connaître sa mystérieuse origine ? En posant cette question, nous avons en vue ceux qui nient l’esprit qui travaille dans l’Ether et en fait évoluer toutes les formes visibles ?
Il est facile de prouver que les légendes cosmogoniques répandues dans le monde entier sont fondées sur les connaissances que les anciens avaient de ces sciences qui aujourd’hui se sont alliées pour appuyer la doctrine de l’évolution ; de nouvelles recherches prouveront peut-être qu’ils étaient bien mieux au courant de l’évolution qu’on ne l’est aujourd’hui, au double point de vue physique et spirituel. Pour les philosophes anciens, l’évolution était un théorème universel, une doctrine d’ensemble, un principe bien établi : nos évolutionnistes modernes ne peuvent, en somme, nous offrir que des théories spéculatives avec des théorèmes limités à des particularités quand ils ne sont pas complètement négatifs. C’est en vain que les représentants de notre sagesse moderne cherchent à clore le débat et prétendent que la question est réglée, uniquement parce que l’obscure phraséologie du récit mosaïque se heurte à l’exégèse précise de la « science exacte. »
Un fait, au moins, est démontré : il n’est point de fragment cosmogonique, à quelque nation qu’il appartienne, qui, par son allégorie universelle de l’eau et de l’esprit planant sur elle, n’apporte la preuve que, pas plus que nos physiciens modernes, aucune cosmogonie n’a jamais prétendu faire sortir l’univers du néant. Toutes les légendes débutent par cette période où les vapeurs naissantes et l’obscurité cimmérienne planent au-dessus d’une masse fluidique prête à commencer le voyage au premier souffle de Celui qui est le Non Révélé. Toutes Le sentent si elles ne Le voient pas. Leurs intuitions spirituelles n’étaient point aussi obscurcies que les nôtres le sont aujourd’hui par les sophismes subtils des siècles qui ont précédé le nôtre. Si les anciens parlaient moins de l’époque silurienne se développant lentement et se transformant en époque mammalienne, et, si la période Cenozoïque est seulement indiquée dans quelques allégories relatives à l’homme primitif, l’Adam de notre race, cela ne prouve pas que leurs « sages » et maîtres ne connussent point aussi bien que nous ces périodes et leur succession. Au temps de Democrite et d’Aristote le Cycle était déjà entré dans la courbe descendante de sa marche.
Si ces deux philosophes ont si bien su discuter la théorie atomique et suivre l’atome jusqu’à son point de départ physique ou matériel, leurs devanciers peuvent être allés encore plus loin et reculer la genèse bien au-delà de la limite où Tyndall et d’autres semblent cloués sur place, n’osant pas franchir la ligne qui les sépare de « l’Incompréhensible ». Les arts perdus prouvent surabondamment que les découvertes des anciens en physiographie sont aujourd’hui mis en doute à cause des écrits peu satisfaisants de leurs physiciens et de leurs naturalistes ; Par contre, leur connaissance pratique de la phytochimie et de la minéralogie dépassait la nôtre et de beaucoup.
En outre, ils pouvaient connaître parfaitement l’histoire physique de notre globe sans communiquer leur savoir aux masses ignorantes dans cette période des mythes religieux.
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