À MES FILLES
Priez Dieu de ne pas succomber à la malédiction qui trop souvent détruit la vie d’une femme et ne lui laisse qu’un ersatz de véritable féminité, la malédiction qui la rend aveugle à ses propres limites et, par-dessus tout, lui enlève son droit de naissance divin.
Lorsque les dons, les grâces et surtout les qualités intérieures qui la mettent à l’écart du reste de la création sont prostitués à des fins indignes, le pouvoir de perception intuitive et l’application des méthodes normales par lesquelles les attributs féminins peuvent passer du médiocre au point le plus élevé de l’échelle demeureront chez elles sous-développés et primitifs.
De fausses imitations des attributs divins de pureté et de loyauté, provenant de l’activité des désirs inférieurs chez la femme, peuvent lui dissimuler leur nature pendant un certain temps, et tromper même toutes les autres personnes qu’elle connaît excepté l’homme qu’elle aime ou qui l’aime. Mais la force de cet amour lui-même perce le masque de tromperie et montre à quel point elle est superficielle. Si grossier que soit l’homme, il crée un idéal et le revêt de la forme de la femme qu’il aime. Cet idéal est détruit dès que le désir inférieur prend le dessus dans la lutte entre la vertu et le vice – entre le réel et l’irréel. Cet homme peut même s’aveugler pendant une courte période, et se faire croire que son idéal existe toujours, mais ce n’est qu’une imitation de l’idéal véritable qui vit encore dans ce cas. La nature frivole de la femme, trop tournée vers le sexe, perd rapidement son charme pour lui, puis suivent la satiété et finalement le dégoût.
Chez les masses de l’âge actuel, il y a peu d’exceptions à cette règle. Dès qu’une femme de ce genre comprend la vérité, elle devient immédiatement désespérée, ou, dans sa furie, pour venger sa vanité et son orgueil blessés, elle ne peut carrément supporter les autres femmes et est dépourvue d’intérêt pour ces dernières. Elle est soit mal à l’aise ou apathique en leur présence. Dès qu’un homme entre dans la pièce, elle se trémousse comme un oiseau femelle à l’époque de l’accouplement, en utilisant ses mains, sa tête et ses yeux pour attirer l’attention. Elle semble incapable de s’asseoir ni d’être calme pendant un moment. Chaque molécule de son corps et de son cerveau est en tension, ou c’est parfois le contraire : elle peut se mettre à écouter d’une façon attentive et fervente, flatter par son admiration la vanité de l’homme, même s’asseoir à ses pieds.
En d’autres mots, cette femme prend temporairement la couleur de tout homme avec lequel elle entre en contact.
Ah ! ma fille ! prie Dieu de te préserver du sort qui attend invariablement une telle femme.
Évite la femme qui méprise ou ne respecte pas les autres femmes, la femme qui admet ouvertement sa préférence pour les hommes en ne tenant aucun compte des autres femmes ou en les évitant méchamment, parce qu’elle ne peut te donner rien de valable, et elle n’acceptera de toi rien de valable. Tes plus grands trésors, les qualités qui te différencient d’elle, elle ne les voit pas ou les méprise. Elle devra traverser les eaux profondes et boueuses et les vagues tourmentées du fleuve de la vie qui, métaphoriquement, la mettront en pièces avant qu’elle atteigne le point où son désir pour la grande maternité divine s’éveillera et la conduira à des sentiers plus élevés.
L’homme ou la femme qui approuve le mal chez un autre dans le but de couvrir ses propres méfaits, l’homme qui collabore à la mauvaise conduite d’une autre personne dans le but de cacher ses propres faiblesses, la femme qui excuse l’impureté d’une autre femme simplement pour satisfaire sa propre conscience lorsque cette conscience l’accuse d’une impureté semblable, et qui par conséquent cherche une approbation de son comportement, ont tous échangé leur droit de naissance pour des déchets.
À la base même de l’âme des hommes, brillent deux étoiles jumelles, le courage et le respect de soi. Lorsque la lumière de ces étoiles faiblit ou est étouffée par la peur ou l’égoïsme, l’âme se perd parmi les ombres qui assombrissent le sentier de la vie, et devient incapable de percevoir la nature des bêtes qui se trouvent sur cette piste. Le mal semble bon et le bien semble mauvais, et l’âme marche en trébuchant, en tombant dans les pièges que les démons de l’obscurité ont creusés pour les faibles de ce genre, et il devient de plus en plus difficile pour elle de se relever à chaque fois. Ses vêtements tachés et déchirés, elle poursuit la lutte jusqu’à ce que le sentier la conduise dans des eaux libres où elle coule et devient une épave abandonnée.
L’homme ou la femme qui utilise le feu créateur divin pour les plaisirs des sens physiques, en dépit des objurgations de sa conscience, à l’opposé des enseignements des Maîtres de la Grande Loge Blanche, efface son nom du registre des disciples.
À partir du moment où les deux étoiles jumelles brillent dans l’esprit de l’homme et que la connaissance du bien et du mal lui vient avec le pouvoir de choisir, s’il choisit le mal, il le fait avec son œil intérieur grand ouvert. La désobéissance de l’homme aux lois divines de l’interdépendance et de la responsabilité mutuelle a contribué à remplir la Terre de souffrance et de chagrin. Ce n’est qu’à mesure que l’homme apprend à obéir à la loi qu’il peut aider à remédier à cette situation.
Tout comme la femme a été la tentation à laquelle la nature inférieure de l’homme a cédé, ce n’est que dans la mesure où la femme refuse de participer à sa chute et fait briller dans l’esprit de l’homme les beautés et la grâce des aspects supérieurs de la féminité que l’homme peut être amené à reconnaître et à désirer ces aspects supérieurs. Éventuellement, l’homme bénira ou maudira la féminité, et ce sera dans la mesure où la femme aura utilisé son pouvoir pour dominer et contrôler la nature inférieure de l’homme, que celui-ci la bénira ou la maudira.
On a donné une mauvaise interprétation à l’allégorie de la tentation et de la chute de l’homme. On a perdu de vue le fait que les premiers êtres humains étaient bisexuels. À l’origine, cette allégorie décrivait la lutte entre la nature supérieure et la nature inférieure d’une seule personne, plutôt qu’une lutte entre deux personnalités de sexes différents. La nature inférieure ou négative était la tentatrice, parce qu’elle était plus fortement liée à la matière à l’époque où toute la force de la nature bisexuelle est passée au pôle inférieur – le pôle négatif – de manifestation dans une période cyclique. Lorsque cette même nature passe à l’autre pôle pendant le même cycle, le tentateur devient le tenté ; l’élément supérieur, l’élément positif, devient alors à son tour le tentateur.
La correspondance est évidente. La femme de la race dont les sexes sont séparés personnifie le tentateur jusqu’à ce que le pôle inférieur de sa nature se renverse et qu’elle devienne la personne tentée par le pôle supérieur, l’homme. C’est alors qu’elle a besoin de tout le pouvoir dont elle dispose pour se sauver elle-même et, secondairement, sauver l’homme.
Les femmes de la race actuelle approchent d’une telle période dans le cycle. Toute femme qui aide à sauver un homme de son être inférieur en refusant de céder à la tentation que sa nature inférieure lui présente, lui prouvant ainsi qu’il existe un niveau de vie plus élevé que ce qu’il a connu jusque-là, joue un rôle plus important pour le salut de la race de ces deux personnes que tout homme, si grand soit-il, peut possiblement faire à l’heure actuelle. C’est la femme qui devra finalement rendre un compte strict de la faiblesse morale de la race actuelle, beaucoup plus que l’homme. Son temps à lui viendra dans une autre ère, tout comme il est venu dans une ère précédente. Le cycle actuel est la grande occasion de la femme, et c’est pourquoi j’en appelle à vous, filles du Roi, priez le Dieu qui est en vous de vous garder pures.
HILARION - Temple 1 - Leçon 95